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La ville continue d’étrangler la MJC : Michel Prost pris pour cible

La ville fait un petit geste pour financer cet été l’opération «Passeurs d’images». Mais pour le reste de la subvention attendue par la MJC, elle ne lâche rien. L’association d’éducation populaire souligne qu’il y a un risque de cessation de paiement et envisage un licenciement dès cet été. En attendant, au conseil municipal comme dans les colonnes du JHM, la chasse au directeur de la MJC semble avoir été ouverte. Il faudrait toutefois ne pas franchir certaines limites...



Interrogé lors du conseil municipal du 26 juin sur ses véritables intentions vis-à-vis de la MJC, le maire de Chaumont avait paru un peu plus en retrait que son adjoint à la culture, Vincent Galantier. Alors que Lionel Blondelle lui faisait remarquer que «ce qui a été annoncé (NDLR. le refus par la ville de verser le complément de subvention pour 2008, soit environ 60 000 euros) est d’une brutalité qui ne peut pas se justifier», Luc Chatel avait répondu : «Est-ce que je l’ai annoncé au conseil municipal ?»
Non. Mais il l’a plus ou moins confirmé aux responsables de la MJC qu’il a rencontrés le lendemain, le 27 juin. 

Un geste pour ne pas perturber les «Estivales 2008»

Dans un communiqué envoyé l’après-midi même à la presse, mais dont l’association d’éducation populaire n’a même pas été destinataire (ce qui témoigne déjà d’une certaine ambiance...), la ville précise qu’elle financera l’opération «Passeurs d’images», c’est-à-dire la projection de films en plein air dans le cadre des «Estivales 2008». Soit le coût des films (5000 euros) et celui de la technique assurée par le personnel de la MJC (1700 euros). 
Le maire a aussi confirmé qu’il verserait «une subvention correspondant au tarif jeune». Ce qui, selon la MJC, ne correspond pas à une subvention mais à un remboursement par la ville des sommes non perçues par l’association en raison de ses tarifs préférentiels.
En clair, pour la présidente Rose-Marie Agliata, «le tarif jeunes est donc une aide de la ville à la population bénéficiant du quotient familial, via la MJC».

Loin des 60 000 euros attendus

Si l’on additionne malgré tout ces deux aides, on arrive à environ 10 000 euros. On est donc très loin des 60 000 euros qu’il faudrait à la MJC pour continuer de fonctionner sur les mêmes bases financières que les années précédentes. 
Car, pour le reste, Luc Chatel n’a rien lâché. Dans le communiqué de la ville, on apprend que «le maire a tout d’abord indiqué l’importance qu’il attachait à développer l’éducation populaire pendant son mandat» et qu’«il a insisté sur la nécessité d’orienter les actions associatives, culturelles et sportives vers ceux qui en avaient le plus besoin». 
Luc Chatel a aussi «rappelé l’importance du tissu associatif chaumontais et la qualité du travail des animateurs de la MJC». Mais il a «tenu à dénoncer des dysfonctionnements majeurs constatés ces dernières années, tant en interne (à l’intérieur de la MJC) que dans les relations entre ce partenaire et la ville». Ce qui a le don d’agacer la présidente de la MJC. 

Indignés par la dénonciation de «dysfonctionnements internes»

Dans une réponse datée du 2 juillet, Rose-Marie Agliata précise au maire que «les personnels et les élus du bureau, réunis ce jour, les uns en réunion de travail hebdomadaire, les autres en bureau bimensuel, s’indignent devant votre dénonciation (...). Ils sont les mieux placés pour savoir s’il y a des «dysfonctionnements internes», ce qu’ils réfutent. Or, vous ne semblez pas tenir compte de leur avis. Vous accordez plus de crédit aux rumeurs malsaines, médisantes et méprisantes qui visent à détruire l’image de notre association ou à assouvir des animosités personnelles».
Toujours est-il que Luc Chatel dit s’être «assuré que le financement des animateurs n’était pas menacé» et que, «malgré ses difficultés financières, aucune cessation de paiement (de la MJC) n’était envisagée»

Eventuel licenciement dès cet été au Local Jeunes

Dans sa réponse, la présidente de la MJC reproche au maire de faire plusieurs fois allusion aux seuls animateurs, «alors qu’il a bien été question au cours de la réunion du personnel dans son ensemble, à savoir 12 personnes pour 10 emplois équivalents temps plein (entretien, administration, animation)». Et elle ajoute : «Vous affirmez que le financement des animateurs n’est pas menacé alors qu’il a été évoqué un éventuel licenciement (dès cet été) engendré par l’absence de financement du Local Jeunes par la ville pour le second semestre». Absence de financement alors que, selon Rose-Marie Agliata, «la ville et la MJC sont liées sur le Local Jeunes jusqu’au 31 décembre 2008».

Risque de cessation de paiement si le découvert est refusé par la banque

Quant au risque de cessation de paiement, il est loin d’être imaginaire si l’on en croit le communiqué de l’association : «Il y a risque de cessation de paiement si le découvert bancaire engendré par les salaires du mois de juin est refusé par la banque et, pour les mois suivants, si les 75 000 euros de remboursement des charges par l’URSSAF et des subventions attendues (CAF, Conseil général) ne sont pas perçues urgemment, ce que rien n’assure à ce jour». 
«Concernant le futur partenariat Ville-MJC, au-delà de cet été, nous nous interrogeons avec inquiétude sur ce que vous appelez «votre» politique de l’éducation populaire», précise encore Rose-Marie Agliata en s’adressant à Luc Chatel. «Nous espérons qu’il s’agit du sens noble du mot «populaire» et que derrière celui-ci ne se cache pas la démagogie du panem et circenses» (NDLR. traduisez : «Du pain et des jeux !»).

«Déçus et inquiets pour le personnel et l’avenir de l’association»

«Quant à la future convention Ville-MJC, nous espérons qu’elle prendra en compte les actions de terrain de la MJC ainsi que le projet Nouvelle MJC que vous avez reçu dès le 4 avril. Nous souhaitons aussi qu’elle se construise sur la base d’un dialogue. Pour l’instant, les actions au coup par coup en fonction de vos desiderata risquent de conduire l’association à péricliter dans les mois qui viennent, ou, en cas de survie, de la réduire à une délégation de service public totalement contraire au système cogestionnaire de toute MJC qui se respecte en tant qu’association autonome d’éducation populaire et de formation du citoyen». 
Bref, les représentants de la MJC (la présidente, le directeur, le trésorier et un représentant du personnel) disent être sortis de cette rencontre avec le maire «déçus et inquiets pour le personnel et l’avenir de l’association». 
Malgré tout, l’heure n’est pas à la résignation. Et lors de sa réunion de bureau, la MJC a décidé qu’elle organiserait cet automne une nouvelle édition des «Rendez-vous du cinéma français». A condition bien sûr qu’elle soit toujours en vie à ce moment-là...

Feu sur Michel Prost !

Au conseil municipal, comme dans les colonnes du JHM, la chasse au directeur de la MJC semble avoir été lancée. Il faudrait toutefois ne pas franchir certaines limites...

Serait-ce à cause de son franc-parler ? De ses engagements politiques qu’il n’a jamais reniés ? De son aptitude à s’engueuler assez facilement avec certains de ses interlocuteurs ? Toujours est-il que Michel Prost, directeur de la MJC de Chaumont depuis 25 ans, ne compte pas que des amis. A droite comme à gauche. En stigmatisant au dernier conseil municipal «la négligence et l’arrogance de la direction» de la MJC, l’ancien adjoint aux finances et nouvel opposant Lionel Blondelle s’est montré encore plus cruel à son encontre que l’adjoint à la culture Vincent Galantier, qui n’a pourtant pas l’habitude de mâcher ses mots.

Quand un élu s’en prend à un employé en plein conseil municipal

C’est d’ailleurs une première qu’un élu s’en prenne ainsi, en plein conseil municipal, à un employé. Car Michel Prost n’est bien que directeur de la MJC. Jusqu’à preuve du contraire, tout ce qu’il fait est censé être approuvé par le bureau et le conseil d’administration –dans lequel la ville de Chaumont est représentée- de l’association d’éducation populaire.
Mais aujourd’hui, il semble qu’il n’y ait plus de limite dans ce qu’il faut bien appeler «la chasse à Michel Prost». Dans son édition du 2 juillet, le quotidien local s’en donne à cœur joie en parlant de «l’amateurisme volontariste des têtes pensantes» de la MJC, de «l’attitude despo-éducative de professionnels de bonne culture», du «versatile et dogmatique président de la MJC» (rappelons que Michel Prost est directeur et non président et qu’il est difficile d’être à la fois versatile et dogmatique…) et même de «gestion hasardeuse».

Salaire jeté en pâture

«Toute structure se doit de profiter de personnels de direction performants», ose encore écrire le Journal de la Haute-Marne. Avant de répéter : «La direction de la MJC a fait preuve d’un amateurisme à tous crins».
Tout ça parce qu’elle n’a pas déposé sa demande de subvention dans les délais impartis ?
Cerise sur le gâteau : le JHM jette en pâture le salaire supposé de Michel Prost, un salaire (l’intéressé précise que le chiffre annoncé de 3000 euros est faux) qu’il ne s’est pas auto-attribué, mais qui lui est versé par la fédération française des MJC (sur la base d’une convention avec la ville de Chaumont) et qui correspond à sa convention collective et à ses 32 années d’ancienneté dans la profession.

Une technique assez classique...

Mais, dans un souci de transparence, pourquoi le JHM ne publie-t-il pas aussi le salaire des directeurs du Nouveau Relax et des Silos, ou celui d’un certain nombre de chefs de service de la ville ? Car si on en publie un, il faut tous les publier.
Michel Prost rappelle qu’il a une famille et qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Il fait aussi remarquer que la technique utilisée par Luc Chatel et le quotidien local ne le surprend pas plus que ça : «On dit du bien du personnel et du mal de la direction. C’est classique. Toutes les MJC qui ont été fermées par des municipalités de droite ont été victimes de la même technique».
D’aucuns pourraient encore le trouver parano. Sauf si les faits finissent malheureusement par lui donner raison…


Christophe Poirson
Vendredi 4 Juillet 2008
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1.Posté par Murphy le 24/09/2008 04:07
Pourquoi soutenir Michel Prost ? Qui est-ce ? Il a un projet ? Une idée novatrice qui justifie cette énième demande de subvention ?

Je ne veux pas tirer sur l'ambulance, mais à un moment donné, il faut aussi parler projet, pas seulement argent.
Quand je vois quelqu'un qui réclame 60,000 euro... Pour faire la même chose qu'il y a 30ans. J'ai envie de lui dire: pour quoi ? pour qui ?

Je n'ai aucune position politique, ni animosité envers Michel Prost, mais il faut voir les choses en face.

C'est bien ça le problème de Chaumont, une mentalité régressive et des gens un peu trop préoccupés par leur nombril, leur place et leurs propres profits, qu'ils en oublient qu'ils sont payé pour avoir des idées, pas seulement pour faire des demandes de subventions. Navrant.

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