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La villa gallo-romaine de Colmier-le-Bas ou la mort imminente du patrimoine haut-marnais

Le département de la Haute-Marne a la chance d’être riche en vestiges antiques, ce patrimoine est d’ailleurs mis en avant au musée de Langres et on peut même visiter une villa gallo-romaine à Andilly-en-Bassigny et un mausolée à Faverolles mais connaissez-vous la villa de Colmier-le-Bas inscrite au titre des monuments historiques depuis 1990 ?



La villa gallo-romaine de Colmier-le-Bas ou la mort imminente du patrimoine haut-marnais
Colmier-le-Bas est un petit village d’une vingtaine d’habitants du sud-ouest du département, à la limite avec la Côte-d’Or. La villa gallo-romaine de plusieurs hectares qui s’y trouve est fouillée pour la première fois en 1783 par un ingénieur des ponts et chaussées suite à la découverte d’une mosaïque par un cultivateur. Après plus d’un siècle d’oubli, elle est à nouveau explorée en 1896 par le propriétaire du terrain. Il faut attendre les années 1960 pour qu’elle soit encore une fois découverte mais cette fois-ci, les vestiges sont menacés par un nouveau chemin d’exploitation devant traverser le site de part en part suite au remembrement des terres, ce qui entraînerait alors sa destruction définitive. Mais la Société historique et archéologique de Langres entreprend des fouilles de sauvetage en 1964 permettant d’éviter la disparition de cet important élément de notre patrimoine. Le chanoine Didier et le docteur Harmand dirigent les fouilles jusqu’en 1980, date de la dernière campagne de fouilles. Les très belles mosaïques trouvées encore en place et pour la plupart en bon état de conservation se trouvent aujourd’hui au musée de Langres ainsi que tout le mobilier qui y a été découvert. Au fil des années, le site s’enfonce alors dans l’oubli et la destruction fait son office. Alors qu’une embrasure de fenêtre avait été retrouvée, fait rare témoignant de la hauteur de mur conservée, le site n’est pas épargné par la destruction ayant des causes naturelles, c’est-à-dire les intempéries, le climat, notamment le gel qui ne pardonne pas, la végétation, les animaux. Cependant, la destruction causée par l’homme aggrave aussi l’état des vestiges. En effet, à la fin des années 1980, un agriculteur dégrade les vestiges et cette infraction est d’ailleurs condamnée. En 1990, malgré l’état de dégradation du site qui ne perd pas pour autant son intérêt, le site est inscrit monument historique. En 1993, la commune achète les terrains où se trouvent les vestiges inscrits et en 1994, on constate l’état alarmant des vestiges. Cependant, cette petite commune n’a pas les moyens financiers nécessaires pour s’occuper de ce site et la villa de Colmier-le-Bas ne fait pas le poids face à sa concurrente d’Andilly-en-Bassigny aidée par le Conseil général de la Haute-Marne dès 1965. L’état actuel de la villa de Colmier-le-Bas est plus qu’inquiétant et le désintérêt général semble vouer ce patrimoine à la disparition. Le maire, qui garde encore un peu espoir, espère que la création du parc national des forêts de Champagne et Bourgogne, qui doit entraîner la conversion d’une voie ferrée en voie verte, pourra réactiver les sites patrimoniaux alentour. Néanmoins, la restauration du site, qui est l’une des premières choses à envisager pour ces vestiges, serait probablement une opération extrêmement lourde financièrement. Notre patrimoine disparaît lentement mais sûrement sans que personne n’intervienne. La charge patrimoniale est certes lourde en Haute-Marne mais doit-on laisser notre patrimoine s’évanouir sous nos yeux ou doit-on agir ? Sommes-nous capables d’assumer la responsabilité de la disparition de ce patrimoine et perdre ainsi une partie de nous-mêmes ? Perdre notre passé, c’est peu à peu perdre notre identité. Est-il trop tard pour ce site, une décision sera-t-elle un jour prise ? Que faut-il faire pour que les élus ou même simplement les Haut-Marnais réagissent ? Doit-on attendre la disparition complète de ce site pour ensuite regretter de n’avoir rien fait ? Aimant mon département, j’ai consacré mon mémoire d’histoire à la patrimonialisation des sites d’Andilly-en-Bassigny et de Colmier-le-Bas qui s’avèrent être liés dans leur histoire, le destin de l’un, l’aide du Conseil général à Andilly, a déterminé le destin de l’autre, l’abandon de Colmier. J’espère interpeler les gens par ce constat de la mort imminente d’un important élément de notre patrimoine ou tout du moins au minimum les informer.

Adeline SAUVAGEOT
Vendredi 7 Juin 2013
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