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La drôle de plainte d’un journaliste du JHM contre L’affranchi

S’estimant atteint dans sa dignité de journaliste, Thomas Bougueliane n’a pas admis que L’affranchi dise qu’un élu de gauche démentait ce qui était écrit dans le Journal de la Haute- Marne.



Mardi après-midi, j’ai répondu à une convocation du commissariat de police où un officier souhaitait m’entendre. C’était dans le cadre d’une plainte qui avait été déposée contre moi, en novembre dernier, par Thomas Bougueliane, journaliste au JHM. Quelques jours avant moi, Patrick Lefèvre, secrétaire du Parti socialiste local, a été entendu comme témoin dans le cadre de cette même affaire.
Disons tout de suite que si la plainte a mis si longtemps à nous parvenir, c’est parce que les policiers avaient probablement bien des choses plus importantes à faire. On peut déplorer déjà qu’ils aient eu à passer plusieurs heures de leur temps sur cette minuscule histoire.
En revanche, nous pensons que l’anecdote peut amuser le lecteur. Nous allons donc en donner les détails.

Au départ : des déclarations très surprenantes

Lorsque Patrick Lefèvre a été élu secrétaire de la section du PS de Chaumont, L’affranchi s’est contenté de quelques lignes pour annoncer le changement. Nous n’en avions pas fait plus pour ses prédécesseurs...
Mais lorsque nous avons lu dans le Journal de la Haute-Marne une longue interview du nouveau responsable local, nous avons changé d’avis. L’article contenait 2 ou 3 «scoops» que nous ne pouvions pas laisser passer.
A un moment où le PS était en train de se déchirer au plan national, Patrick Lefèvre avait réussi l’exploit de réunir tous les courants au plan local et de se faire élire à l’unanimité moins une abstention (la sienne). On s’attendait donc à ce qu’il tienne un discours rassembleur. Or, dans le journal local, se déclarant proche de Benoît Hamon, il envisageait une alliance avec Olivier Besancenot plutôt qu’avec François Bayrou. Il parlait ensuite d’un programme commun et enfin, il déclarait que certains membres du PS n’avaient rien à faire dans le parti.
Ça ressemblait à une déclaration de guerre contre les «ségolènistes», lesquels étaient pourtant majoritaires au sein de la section. Et c’est d’ailleurs ainsi qu’ils l’ont compris.

Puis un démenti de l’élu

Nous avons bien sûr demandé à Patrick Lefèvre ce que voulaient dire ces termes pour le moins maladroits. Ce que nous avons par ailleurs appelé «boulettes».
Il nous a aussitôt indiqué qu’il ne se reconnaissait pas dans les propos que lui faisait tenir le JHM. Et, pour preuve, il nous a fourni le document écrit qu’il avait remis au journaliste. Ce texte était effectivement un peu plus rassembleur.
Un peu plus tard, nous avons eu connaissance d’un mail que Patrick Lefèvre a envoyé à tous les adhérents du PS de Haute-Marne le jour de la parution de l’article. Il leur expliquait que ses propos avaient été en partie modifiés et que le contenu s’en trouvait dénaturé en profondeur. Il s’inscrivait en faux contre les trois déclarations citées plus haut et il annonçait que les choses seraient certainement rectifiées en fin de semaine dans La Croix de la Haute-Marne et dans L’affranchi de Chaumont.
Dans notre article (n°760), nous avons effectivement remis les choses à leur place en nous moquant un peu de Patrick Lefèvre qui n’était pas le seul élu de gauche à se plaindre de ne pas se retrouver dans les écrits du JHM, mais qui réaffirmait à cette occasion vouloir continuer à communiquer. Son problème étant de faire exister le parti le plus souvent possible tout en maîtrisant le message. Le même problème en fait que les responsables politiques nationaux.
Ce qui n’est pas simple pour quelqu’un qui souhaite sortir de la grande mascarade médiatique afin de revenir au simple débat d’idées...

Et finalement une simple question de pluralité de la presse

Partant de là, nous avons beaucoup de mal à comprendre comment Thomas Bougueliane s’est senti fondé à déposer une plainte contre nous. Les démentis sont le lot quotidien de la presse partout dans le monde. S’il fallait saisir la justice chaque fois qu’un journal irait dire le contraire d’un autre, les tribunaux ne feraient plus que cela.
On touche là à la question de la pluralité de la presse.
Pour notre part, nous disposons de tous les documents et témoignages qui viennent étayer ce que nous avons écrit. Si le JHM dispose d’éléments contraires, qu’il les apporte au débat. Qu’il en fasse un article et les lecteurs jugeront.
Depuis 15 ans L’affranchi ne se prive pas de critiquer ce qu’il ne lui semble pas juste dans le Journal de la Haute-Marne. Sans d’ailleurs se préoccuper de savoir qui est l’auteur de l’article. Nous trouverions parfaitement normal (et pour tout dire beaucoup plus sain) que le JHM en fasse autant de façon aussi directe vis à vis de L’affranchi. Le lecteur y ferait son miel et l’information locale ne pourrait qu’y gagner en crédibilité.
Au lieu de cela, Thomas Bougueliane en a fait une affaire personnelle. Il a estimé que démentir ses propos c’était porter atteinte à sa dignité de journaliste. Soit ! Nous avons été jeunes aussi. Mais ce qui est très étonnant c’est que, comme nous avons pu le connaître autrefois, son encadrement ne l’ait pas invité à prendre plus de recul. Le JHM a publié de lui des choses terribles sur un élu local notamment. Il n’y a pas de commune mesure entre ce que cet élu a subi et ce que représente un démenti. Y a-t-il encore un pilote dans ce journal qui permette aux jeunes journalistes de faire la part des choses ?
Nous ne voyons en tout cas aucune raison pour encombrer le tribunal avec cette affaire. Il nous semble qu’elle ne peut guère se terminer autrement que par un classement sans suite. Mais s’il fallait encore s’expliquer, nous ne manquerions pas de le faire en toute transparence.

Lionel Thomassin
Vendredi 27 Mars 2009
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