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La colère des jeunes du Local jeunes

Une trentaine de jeunes ont manifesté et bloqué la circulation avenue d’Ashton le mardi 30 décembre, en début d’après-midi, pour défendre le Local Jeunes que la ville retire à la MJC. Ils ont eu une discussion musclée avec l’adjoint au maire Didier Cognon. Lequel, pour s’en sortir, a dû leur signer un papier et leur promettre une réunion de travail...



«Si on n’a plus le local, on n’aura plus rien du tout. Il n’y a que là qu’on peut se réunir» (sur le côté droit de la photo, on aperçoit la main d’un policier qui demande aux jeunes manifestants de ne pas casser la poubelle sur laquelle
«Si on n’a plus le local, on n’aura plus rien du tout. Il n’y a que là qu’on peut se réunir» (sur le côté droit de la photo, on aperçoit la main d’un policier qui demande aux jeunes manifestants de ne pas casser la poubelle sur laquelle
Mardi 30 décembre, à 14 heures, une trentaine de jeunes ont improvisé une manifestation pour défendre le Local Jeunes de La Rochotte. Malgré l’intervention de la police qui a tenté de les impressionner en leur précisant que leur attroupement était illégal, ils ont bloqué la circulation avenue d’Ahston durant trois bons quarts d’heure, avant d’aller discuter à l’intérieur avec l’adjoint au maire Didier Cognon qui était sur les lieux. Mais la discussion ayant tourné court, les jeunes sont ressortis pour bloquer à nouveau la circulation, alors que la police n’était plus là...

L’élu obligé de signer un papier

Didier Cognon est allé en rechercher quelques-uns pour continuer la discussion et tenter de les rassurer. Finalement, au bout d’une heure et demie, tout est rentré dans l’ordre. Mais l’adjoint a quand même été obligé de signer un papier et s’est engagé à organiser une réunion de travail avec une délégation de ces jeunes mécontents le lundi 5 janvier, à 18 heures, en présence des chefs de service concernés de la ville de Chaumont. 
Cette action du 30 décembre aura au moins permis de démontrer que, contrairement à ce qui a été dit au dernier conseil municipal, il n’y a pas seulement dix jeunes qui fréquentent le Local Jeunes. Et qu’il n’y a pas non plus que des garçons, mais aussi des filles. Mardi après-midi, L’affranchi en a vu au moins deux. 
Ensuite, tous ces jeunes ont voulu montrer leur attachement à ce local. Alors que le directeur de la MJC Michel Prost, également présent sur les lieux, était suspecté par la ville d’avoir commandité cette action, ils ont tenu à nous préciser qu’eux seuls en étaient à l’initiative. Et que Michel Prost avait plutôt cherché à les calmer. 

«On trouve ça pathétique, le débat qu’il y a entre la ville et la MJC»

Certains ont même dit qu’ils se fichaient pas mal de la MJC, que la seule chose qui les intéressait, c’était le maintien du local jeunes, dans son fonctionnement actuel, avec l’animateur Abdelaziz : «On trouve ça pathétique, le débat qu’il y a entre la ville et la MJC. L’important, c’est les jeunes ! Si on n’a plus le local, on n’aura plus rien du tout. Il n’y a que là qu’on peut se réunir».
La discussion avec Didier Cognon a été musclée. «A partir du 31 décembre, le local n’est plus confié à la MJC. Mais il ne sera pas fermé pour autant. C’est le service animation de la ville qui le reprend», a expliqué l’élu. «Abdelaziz ne sera pas renvoyé. Il y aura peut-être trois ou quatre jours de battement.»
Assis autour de la table, les jeunes en ont profité pour dire ce qu’ils avaient sur le cœur. Pour s’étonner que la ville veuille faire des économies sur leur dos alors qu’elle organise un concert très coûteux avec Calogero. Pour s’inquiéter aussi de la volonté de la municipalité d’installer des caméras. «Faut pas tout mélanger», leur a répondu l’adjoint, contestant par ailleurs le fait qu’il y ait un jour des caméras de surveillance à La Rochotte. «On ne va en mettre qu’au centre-ville», a-t-il affirmé. Pourtant, au conseil municipal du 18 octobre, le maire en personne avait déclaré : «Nous avons fait le choix de commencer par le centre-ville. Mais notre objectif, c’est d’étendre sur l’ensemble de la ville un tel dispositif» (L’affranchi n°755). 
Compte tenu de l’ambiance, chaude et bruyante, il était difficile d’engager un vrai dialogue. Mais Didier Cognon a failli provoquer un vrai clash lorsqu’il a lâché au plus énervé de la bande : «Si tu veux mettre le feu au local jeunes, on n’en parle plus !» Réponse de l’outragé : «J’ai jamais rien brûlé !»

«On n’a même pas été informés, vous ne nous avez rien demandé !»

«On veut que le local reste comme avant, on n’a même pas été informés, vous ne nous avez rien demandé», ont poursuivi les manifestants. «Et Luc Chatel, il est où ? On ne le voit jamais, le porte-parole de la France ! On veut une réunion lundi. S’il n’y en a pas, on recommencera. Et on sera plus violent...»
Réponse de Didier Cognon : «OK pour la réunion, mais Luc Chatel ne sera pas là». Les jeunes : «On veut un papier !» Didier Cognon : «Vous me faites confiance!». Les jeunes, tous ensemble : «NON !»

L’animateur dans l’incertitude

Pour s’en sortir, l’adjoint a donc dû rédiger et signer un papier. Mais avant de sortir, il s’est enquis du sort de l’animateur de la MJC, qui n’a théoriquement plus de travail le 1er janvier : «Est-ce que la ville vous a fait une proposition ?» Réponse d’Abdelaziz : «Non. On m’a parlé de quelque chose il y a six mois. Mais depuis, je n’ai eu aucune nouvelle». Mine embarrassée de Didier Cognon. 
A ce jour, une seule certitude : la MJC devait rendre les clés du Local Jeunes le soir du 31 décembre. Pour le reste, c’est encore très flou. Et la ville donne l’impression d’agir avec une certaine légèreté. D’où la colère des jeunes...

Christophe Poirson
Dimanche 4 Janvier 2009
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