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La Poste : «Non à la privatisation !»

Appel à la grève à La Poste et à un rassemblement - ouvert aux élus et aux usagers- le 23 septembre.



SUD PTT, FO, la CFDT et la CGT s’unissent pour s’opposer au risque de privatisation de la Poste. 
SUD PTT, FO, la CFDT et la CGT s’unissent pour s’opposer au risque de privatisation de la Poste. 
La distribution du courrier et le fonctionnement de la Poste devraient être perturbés le mardi 23 septembre en raison d’un appel à la grève lancé par la CFDT, la CGT, FO et Sud PTT. Lesquels syndicats appellent en outre non seulement les postiers, mais aussi les élus et les usagers de la Poste à se rassembler le même jour à 15 heures sur la place Aristide-Briand en vue de manifester dans les rues de Chaumont contre la privatisation de la Poste et pour défendre, d’une façon plus générale, tous les services publics.
Même si la décision n’a pas encore été prise et que Nicolas Sarkozy vient de mettre en place une commission pour calmer les esprits, l’idée –émise par le président de la Poste- d’ouvrir le capital de l’entreprise publique à hauteur de 20% provoque une levée de boucliers chez les syndicats. «On a vu ce qui s’est passé pour France Télécom», rappelle l’intersyndicale appelant à la grève.
Distribution du courrier six jours sur sept, péréquation tarifaire (le fait que ça coûte le même prix d’envoyer une lettre à Chaumont ou à Marseille), maintien des bureaux de poste à la campagne, accessibilité bancaire, distribution de la presse, garanties statutaires et sociales pour les agents… Sur tous ces sujets, les syndicats s’inquiètent des conséquences d’une éventuelle privatisation. «Qui dit privatisation, dit actionnaires et donc dividendes à distribuer», souligne l’intersyndicale. «Mais s’il convient de faire attention aux déficits, le rôle d’un service public ne consiste pas pour autant à faire des bénéfices. En milieu rural, la Poste est souvent la seule banque de proximité. C’est aussi la seule qui accepte les RMIstes et autres démunis. Les actionnaires risquent de vouloir revenir sur tout ça pour qu’il y ait du bénéfice… »

Un coquet bénéfice de 943 millions d’euros en 2007

«A partir de 2011, le monopole sur les lettres de 20 à 50 grammes va disparaître», rappellent également les syndicalistes. «Les privés ne prendront que le meilleur dans la collecte. Mais ils n’auront pas de réseau pour distribuer. Ainsi la Poste risque d’être obligée de distribuer le courrier de ses concurrents.»
Alors que l’activité bancaire est déjà bien séparée de celle du courrier, les syndicats se demandent en outre si la Poste ne va pas devoir s’adosser à une autre banque (il est question de la Société Générale) pour développer ses activités financières, au risque d’être absorbée à terme.
Et puis, alors que la part des contractuels est de plus en plus importante, les syndicats se font évidemment du souci pour l’emploi. «Aujourd’hui, tous services confondus, il y a entre 750 et 800 postiers en Haute-Marne», précisent-ils. «Il n’y a pas si longtemps, on était plus de 1000. Rien qu’au centre de tri de Chaumont, qui n’est plus un réel centre de tri, on a perdu 50 postes en 4 ans… »
Les représentants de la CFDT, la CGT, FO et Sud PTT rappellent enfin que la Poste a réalisé en 2007 un coquet bénéfice de 943 millions d’euros. Et qu’il n’y a donc pas péril en la demeure.
Mais, comme le veut la formule, le capitalisme ne consiste-t-il pas à nationaliser les pertes et à privatiser les bénéfices ?

Christophe Poirson
Vendredi 19 Septembre 2008
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