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Hôpital : une voie s'est ouverte

En obligeant l’hôpital à trouver une solution pour son chien guide, Bernadette Basset a probablement fait évoluer les mentalités. D’autres handicapés suivront. Il faudra bien que l’institution s’adapte.



Hôpital : une voie s'est ouverte
L’entame de grève de la faim, qui s’est heureusement arrêtée au bout de 27 heures, par Bernadette Basset, n’a pas été un geste vain. On se souvient qu’elle se battait pour faire admettre son chien d’aveugle à l’hôpital pendant qu’elle recevait des soins dans le service de rééducation fonctionnelle (voir L’affranchi N° 782).
Elle a obtenu gain de cause puisque désormais, dans un petit recoin du hall d’entrée, un anneau scellé dans le mur et une pancarte matérialisent l’endroit réservé aux chiens guides de passage (photo ci-contre). Mais ça ne peut être qu’un début.
Expliquons-nous !

Une pionnière plutôt qu’une «emmerdeuse»

Lorsque Bernadette Basset s’est présentée à l’hôpital avec son chien guide, elle est passée pour une véritable «emmerdeuse». Osons le mot qui a fleuri dans l’enceinte de l‘établissement !
Jusqu’ici les aveugles et les mal-voyants avaient la bonne idée de se faire accompagner par des personnes de leurs connaissances. Pourquoi celle-là voulait-elle tout compliquer en prétendant faire entrer un animal dans l’hôpital ? Et quand bien même la loi le lui permettrait-il, le Centre hospitalier de Chaumont a des particularités qui devrait lui permettre de refuser.
Voilà en substance la réaction qui a suivi la demande de Mme Basset.
Et ce qui nous étonne le plus, c’est que cette attitude a pris sa source dans le service qui reçoit le plus de handicapés...

Dans le sens de l’histoire

Tout le monde se bat partout aujourd’hui pour offrir un maximum d’autonomie aux handicapés. Comment peut-on, à Chaumont, ne pas en avoir compris l’importance pour ce cas précis ?
Il n’est pas humain de devoir toujours solliciter de l’aide. Et pour beaucoup d’handicapés, pouvoir se débrouiller seul est toujours une belle victoire.
C’est bon pour l’équilibre des personnes qui prennent ainsi toute leur place dans la société. L’actuel gouvernement ne cesse d’ailleurs d’en faire passer le message, par le biais des multiples interventions audiovisuelles de Gilbert Montagné.
L’histoire va forcément dans ce sens. De plus en plus, on va donner aux handicapés le moyen de vivre comme tout le monde. Il faut d’ailleurs s’en féliciter.
On attend alors de l’hôpital qu’il soit un moteur plutôt qu’un frein.

Un devoir pour l’hôpital

Pour les chiens guides la question de l’hygiène ne tient guère. On ne nous fera pas croire que les pattes de l’animal sont plus sales que des semelles de chaussures venant de l’extérieur ou que des pneus de chaise roulante. Et puis ces chiens sont parfaitement dressés pour ne pas bouger. Il n’y a aucun risque pour qu’ils aillent gambader où il ne faut pas. C’est bien pour cette raison qu’ils ont le droit d’accompagner les êtres humains là où les autres animaux ne sont pas admis.
En leur réservant un petit endroit dans le hall, avec anneau pour attacher la laisse, l’hôpital a fait un pas important. Et ça convient à Mme Basset qui se rend, non loin de là, dans un service du rez-de-chaussée.
Mais ça ne suffira pas !
Un jour, un aveugle voudra se rendre dans un autre service. L’obligera-t-on à laisser son chien guide près de l’entrée, alors que la loi l’autorise à se faire accompagner par son animal dans les couloirs et les salles d’attente ? Désignera-t-on quelqu’un pour le guider ?
On voit bien surtout que Bernadette Basset a ouvert une voie. Désormais l’hôpital ne peut plus ignorer ses devoirs. Il va bien falloir qu’il réfléchisse un peu mieux à l’accueil qu’il entend réserver aux handicapés.

Lionel Thomassin
Vendredi 15 Mai 2009
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