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Hôpital : FO craint le pire

Manque de médecins, baisse d’activité, déficits annoncés pour 2008 et 2009, coopération difficile avec la clinique… le syndicat FO se fait du souci pour l’hôpital de Chaumont. Et ce n’est pas le projet de loi sur les hôpitaux qui va le rassurer.



En marge de son assemblée générale qui se déroulait le 30 septembre à la salle des fêtes de Brottes, le syndicat Force Ouvrière avait déjà fait part de ses craintes concernant l’hôpital de Chaumont et l’offre de soins dans le sud haut-marnais (L’affranchi du 03/10). Après avoir été reçus le 17 octobre, à leur demande, par Luc Chatel, maire de Chaumont et président du conseil d’administration de l’hôpital, la secrétaire générale de l’UD-FO Dominique Perchet et le secrétaire du syndicat FO de l’hôpital Pascal Mongin persistent et signent. Selon eux, la situation ne cesse de se dégrader. Et il est urgent de rapprocher les différents établissements de Chaumont et Langres.
FO rappelle qu’elle a été en 2006 «la première à défendre un projet de plateau technique unique pour le sud Haute-Marne» et qu’elle a réussi à rallier à sa position bien d’autres organisations syndicales (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA).

«Si on ne s’unit pas, on va tous crever»

«A FO, on n’est pas très favorables, en général, aux regroupements», précise Dominique Perchet. «On a eu des débats. Mais l’analyse de la situation nous a fait arriver à cette conclusion : si on ne s’unit pas, on va tous crever».
«A l’époque, le député Luc Chatel avait été le seul à avoir le courage de dire que c’était la solution», poursuit la syndicaliste. «Se sont ensuite succédé périodes électorales, changement de politique, départ du directeur de l’hôpital de Chaumont, rachat des cliniques de Chaumont puis de Langres par le groupe Vitalia, enterrant ainsi le projet».
Dominique Perchet regrette aussi les «comportements purement démagogiques ou individualistes de certains», tout en reconnaissant que les annonces concernant le site de Rolampont (sur lequel FO dit ne s’être jamais prononcé) ont consisté à mettre la charrue avant les bœufs.

Déficit annoncé de 400 000 euros en 2008 et 1,5 million d’euros en 2009

Reste qu’aujourd’hui, selon FO, «la situation s’est aggravée. On a l’impression d’être encore plus au bord du gouffre qu’en 2005. La baisse démographique se poursuit. La fuite médicale se fait cruellement sentir. Les hôpitaux de Chaumont et de Langres manquent de spécialistes. Et ceux encore en poste ne sont pas loin de l’âge de la retraite. Enfin, l’activité de l’hôpital de Chaumont est en recul. Or, depuis le passage à la tarification à l’activité, le budget global de l’hôpital est financé uniquement par les recettes. Il est ainsi prévu un déficit de 400 000 euros en 2008 et de 1,5 million d’euros en 2009».

Des inquiétudes pour les 164 contractuels

Dans ces conditions, FO craint pour l’avenir des quelque 164 contractuels employés actuellement par l’hôpital (sur un total de 834 salariés). «Environ 70% des dépenses sont liés aux salaires», précise Pascal Mongin. «Il est évident que les contractuels sont les premiers menacés. D’autant qu’ils ne sont pas pris en compte, pour le moment, dans le budget 2009».
FO en profite pour signaler que «les conditions de travail sont de plus en plus difficiles» et que «les directions des hôpitaux de Chaumont et de Langres ont été alertées par le médecin du travail sur le stress permanent des personnels».
Le syndicat se montre d’autant plus pessimiste que la coopération entre l’hôpital et la clinique a pris du plomb dans l’aile. «La clinique est désormais pilotée par un groupe financier et non plus par des médecins», s’inquiète Pascal Mongin. «Certains praticiens de la clinique refusent désormais de faire des vacations à l’hôpital. Il va être beaucoup plus compliqué de négocier un accord aujourd’hui qu’il y a trois ou quatre ans».

L’urgence de trouver une solution pour la cancérologie

Et pourtant, il y a urgence. «La cancérologie est menacée à l’horizon mars 2009, en raison des seuils d’activité qui vont être imposés par établissement», prévient FO. «Si l’on veut maintenir la prestation sur le territoire, il va falloir arriver à une mutualisation entre les hôpitaux de Langres et Chaumont et la clinique de Chaumont. C’est ce que se propose de faire Luc Chatel. Une première réunion doit avoir lieu le 3 novembre. Il pense, si ce projet aboutit, arriver dans un deuxième temps à convaincre de la nécessité de travailler ensemble et donc d’élargir le rapprochement». Tout en préservant les deux sites de Langres et Chaumont…
Mais il y a encore autre chose qui inquiète Force Ouvrière : c’est le projet de loi «Hôpital, patients, santé, territoires» qui vient d’être présenté au conseil des ministres. Selon Dominique Perchet, «cette réforme du secteur hospitalier s’inscrit pleinement dans la logique de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) qui vise à réduire les dépenses publiques et sociales en privatisant ou en appliquant des règles de gestion et de gouvernance du privé au secteur public». Et de s’alarmer : «Les Haut-Marnais rencontrent déjà des difficultés pour se soigner. Demain, si cette politique se met en place, seuls les plus riches auront accès aux soins».
Craignant décidément le pire, FO évoque même «le risque de voir les hôpitaux de Chaumont et Langres rayés de la carte».

Christophe Poirson
Vendredi 24 Octobre 2008
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