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Gros projet d’extension du centre Leclerc

Agrandissement de l’hypermarché, installation d’un nouveau magasin de sports, création d’une galerie marchande (du côté d’Intersport) avec transfert de Denim et Chaussea et ouverture de 7 boutiques, aménagement d’un giratoire modifiant l’accès au parking… Le centre commercial du Moulin-Neuf entend se développer avant celui de La Vendue. Au total, l’extension prévue s’élève à 3340 mètres carrés et devrait permettre de créer 45 emplois à temps complet.



La galerie marchande doit être construite du côté d’Intersport. 
La galerie marchande doit être construite du côté d’Intersport. 
Juan Morales, le patron du centre Leclerc de Chaumont, se veut beau joueur. Quand on l’interroge sur l’intention de la municipalité de développer une zone commerciale à La Vendue, il répond qu’il n’a rien contre. Il pense même que c’est un bon moyen de freiner l’évasion commerciale, si préjudiciable à la ville et au département, qu’elle se fasse physiquement ou par le biais d’internet. Pour autant, il n’a pas l’intention de quitter le Moulin-Neuf. «Ça fait 28 ans que nous y sommes et nous nous y sentons bien», explique-t-il. «Mais cette zone commerciale commence à devenir vétuste. Ça manque de ronds-points et certains magasins demandent à être relookés. Il y en a qui ont commencé, comme Gémo et GP Décors. Mais c’est l’ensemble du centre commercial qu’il convient de rénover». D’où le projet d’extension de l’hypermarché, de transfert et d’ouvertures de magasins qui devait passer en commission départementale d’aménagement commercial ce vendredi 16 janvier.

Extension globale de 3340 mètres carrés

Ce projet repose sur une extension globale de 3340 mètres carrés. Il prévoit la fermeture du magasin Transal et le transfert de Denim et Chaussea (dont la surface de vente serait réduite) vers la nouvelle galerie marchande qui doit être construite du côté d’Intersport et qui devrait accueillir sept nouvelles boutiques, ainsi que le bar. «On est sollicités par de nombreuses enseignes qui ne sont pas encore présentes sur la ville de Chaumont», précise Juan Morales, qui refuse toutefois de citer des noms. On sait cependant qu’il s’agit d’installer des boutiques d’équipement de la personne et d’équipement de la maison. Et que le centre commercial ne sera jamais assez grand pour satisfaire toutes les demandes. D’où la pertinence qu’il y aurait de développer une autre zone commerciale, au sud de la ville.

Un nouveau rond-point pour accéder à l’hypermarché

A la place de Denim et Chaussea, il est prévu de créer un magasin de sports et loisirs de 1990 mètres carrés. Un concept Leclerc qui, selon Juan Morales, propose «un mixte entre Decathlon et Intersport».
Le projet consiste aussi à agrandir l’hypermarché de 900 mètres carrés et donc de lui faire atteindre pas loin de 7000 mètres carrés. Objectif recherché : élargir les allées, qui posent actuellement problème en cas d’affluence, et avoir la place suffisante pour développer les grandes actions promotionnelles (Noël, Pâques, rentrée des classes, etc.).
Les réserves du magasin doivent également subir une extension. Et, pour compenser la perte de places de stationnement, le parking réservé au personnel serait déplacé tout près du chemin du Moulin-Neuf, en face du magasin de motoculture.
Reste, enfin, à revoir les conditions de circulation. Juan Morales imagine l’aménagement d’un rond-point, donnant accès à l’hypermarché, juste avant le nouveau magasin de sports et loisirs. Ce qui éviterait aux automobilistes de faire le grand tour. Un sens unique de circulation serait par ailleurs instauré sur le parking du centre Leclerc.

45 emplois à temps complet

Tout cela est évidemment lié au respect de certaines procédures et à l’obtention de permis de construire, le but étant de tout finir pour septembre 2010. Bref, bien avant La Vendue…
Actuellement, l’hypermarché Leclerc emploie à lui seul 240 personnes. Toutes enseignes et tous magasins confondus, le projet devrait permettre de créer 45 emplois à temps complet. Ce sont plusieurs millions d’euros qui sont prévus d’être investis, ne cache pas Juan Morales, conscient que la période n’est peut-être la plus propice mais qu’il convient de prendre des risques. «Le département et la ville perdent des habitants, il faut relancer la machine», explique-t-il. «Il est important d’avoir un centre commercial moderne, où il y a du choix». Pris en sandwich entre le Moulin-Neuf et La Vendue, le centre-ville ne risque-t-il pas de souffrir encore davantage ? «Tout est lié», veut croire le patron du centre Leclerc. «Quand il y a du monde chez nous, il y a aussi du monde en ville». Pas sûr que tout le monde en soit convaincu…




Les effets de la crise

Juan Morales ne cache pas que le centre Leclerc enregistre depuis quelque temps une baisse d’activité liée à la crise économique et financière. Les clients sont toujours aussi nombreux, mais ils dépensent moins. Plutôt que les grandes marques, ils achètent les produits 1er prix, qui coûtent deux fois moins cher.
Autre exemple de modification de comportement : courant décembre, beaucoup de clients en profitaient pour goûter le saumon fumé ou le foie gras qu’ils allaient servir à Noël. Mais cette année, ils n’ont acheté ces produits dits de luxe qu’une fois.
Tout cela se ressent forcément dans le chiffre d'affaires.

La CDAC remplace la CDEC

La loi de modernisation de l’économie (LME) a modifié le seuil d’autorisation des implantations commerciales, en le faisant passer de 300 à 1000 mètres carrés. Le projet d’extension du centre Leclerc est donc soumis à autorisation. Mais l’ancienne Commission départementale d’équipement commercial (CDEC) est remplacée par la Commission départementale d’aménagement commercial (CDAC).
Présidée par le préfet, cette commission passe de 6 à 8 membres. Au nombre de 5, les élus locaux (représentants de la commune concernée, de l’intercommunalité et du Conseil général) sont privilégiés. Ils se retrouvent en compagnie de 3 personnalités qualifiées en matière de consommation (Daniel Jeans), de développement durable (Eric Belnot) et d’aménagement du territoire (Jacky Boichot).
Contrairement à ce qui se faisait auparavant, les chambres consulaires (chambre de commerce et chambre de métiers) ne siègent plus dans cette commission et n’ont donc plus leur mot à dire.
Amenée à se prononcer juste avant la réforme, la CCI de Haute-Marne avait toutefois émis un avis favorable au projet du centre Leclerc.

Christophe Poirson
Vendredi 16 Janvier 2009
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