Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Grand Bornand et Val-André : Présent radieux avenir incertain

Des mesures de gestion lui permettant désormais de retrouver l’équilibre financier, le Centre culturel haut-marnais doit néanmoins s’armer contre une éventuelle baisse de fréquentation de ses sites.



«Le travail recommence... tout est remis en cause en permanence...». Ces mots de Pierre Rousselot, le président du CCHM (Centre culturel haut-marnais), traduisent l’état d’esprit de ceux qui, depuis des décennies, tentent d’amener les jeunes Haut-Marnais à la mer, à la montagne... et même sur les lacs locaux (Liez et Der).
On va fêter cette année le cinquantenaire des séjours au Val André. Pourtant, en un demi siècle, on a connu des changements de politique, des modifications de société et des problèmes matériels de toutes sortes. Si ça fonctionne encore très bien aujourd’hui c’est parce que les hommes et les femmes qui s’en occupent ont su s’adapter. Ils l’ont fait encore ces deux dernières années et ils s’apprêtent à faire face cette année à un nouveau bouleversement.

A côté des mesures prônées par le ministre

Plus de la moitié des activités des centres gérés par le CCHM est tournée vers un public scolaire. Et ça tombe bien puisque c’est aussi la principale raison d’être de ces structures appartenant aux collectivités locales. Mais il n’est pas aisé de dépendre de l’Education nationale.
A l’heure où le ministre demande aux enseignants de se recentrer sur les maths et le français, y a-t-il encore une place pour les classes découvertes ?
Plus que jamais, répondent les membres du CCHM. Si certaines heures sont imposées dans la semaine, d’autres peuvent être regroupées sur des événements forts. Il en va ainsi de l’éducation physique et sportive, de l’histoire-géographie, de l’éducation civique, ou de la culture... Or, ce sont des domaines pour lesquels le CCHM dispose d’équipements intéressants et de compétences avérées. Il se sent de plus très bien formé pour accompagner des projets sur le développement durable ou simplement sur la vie en collectivité.

Convaincre les enseignants

Thierry Gitton, enseignant lui-même, confirme qu’il ne devrait pas y avoir de difficultés du côté de l’administration. Il s’agira surtout d’apporter aux enseignants les éclairages qui éviteront les problèmes d’interprétation des consignes ministérielles.
L’autre difficulté risque de venir du renouvellement des enseignants.
Toute une génération d’«instits» était convaincue par l’utilité des classes découverte. Or celle-ci part en retraite et la prise de relais par les nouveaux n’est pas toujours assurée. Il faut dire que préparer un séjour, puis le moment venu assumer la responsabilité d’un groupe 24 heures sur 24, ressemble plus a priori à une source d’ennuis inépuisable qu’à une somme d’opportunités pédagogiques.
Guy Aubertin, le trésorier du CCHM, se souvient qu’il y a quarante ans l’Ecole normale de Chaumont avait rendu pratiquement obligatoire pour les futurs instituteurs le stage en classe de mer ou de neige.
Vincent Vigneron, autre enseignant-administrateur du CCHM juge que le plus inquiétant aujourd’hui serait la délocalisation de l’antenne locale de l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres). Car, pour le coup, les nouveaux enseignants haut-marnais ne seraient plus du tout sensibilisés au travail que mène le CCHM.

Bénéficiaire depuis deux ans

Tous ces soucis pour le Centre culturel haut-marnais arrivent au moment où tout semble aller pour le mieux.
Les réticences des parents liées aux affaires de pédophilie, il y a quelques années, se sont estompées. Et si le nombre de journées effectuées dans les centres est aujourd’hui en baisse, ça n’a rien à voir avec une désaffection du public accueilli. C’est tout simplement parce que la durée des séjours ne cesse de diminuer.
Le CCHM s’est adapté à cette nouvelle donne. Il a fait fonctionner ses structures en concentrant les activités sur des saisons. Ce qui lui a permis de réaliser des économies sur la masse salariale. Lui, qui a accumulé les déficits entre 2002 et 2005, affiche depuis deux ans des résultats joliment excédentaires (près de 65 000 euros pour 2007).


Liez et Der aussi
Le CCHM ne gère pas que les sites du Grand-Bornand et du Val André. Il s’occupe également des bases de la Liez et du Der qui reçoivent aussi beaucoup de scolaires. Un problème de qualité d’hébergement se pose quand même au Der où le centre doit être réhabilité (en 2009 espère-t-on).
Ces deux secteurs haut-marnais connaissent un certain succès. La tentation est grande cependant de les rentabiliser mieux en répondant aux sollicitations des touristes. Il y a en effet des équipements qui pourraient servir le week-end, quand les petits Haut-Marnais ne sont plus là. Mais ça paraît bien compliqué. A la fois pour des raisons pratiques (de gestion) et éthiques (concurrence avec le privé). L’assemblée générale n’a toujours rien décidé cette année.

Pertes au siège

En positif pratiquement sur tous ses sites, le CCHM connaît cette année son seul vrai déficit financier à Chaumont. Des activités sont en effet mises en place au siège de l’association et celles-là enregistrent une perte totale de... 428 euros.
Le problème vient en fait de l’aquagym qui se pratique à la piscine Jean-Masson. L’affranchi a évoqué l’incident qui s’est déroulé en septembre dernier : l’animateur a refusé de reprendre l’activité prétextant que l’augmentation qu’il avait obtenue était insuffisante. Aucun accord n’a alors pu être trouvé. Le CCHM, qui venait d’augmenter les cotisations de 30 %, estimait qu’il aurait fallu rajouter 40 % ; ce qu’il jugeait impossible.
L’animateur est finalement parti vers une autre structure. Il a été suivi par une partie adhérents. Et il a fallu du temps pour en trouver un autre.

Le cinquantenaire du Val André

C’est en 1958 qu’ont été organisés les premiers séjours au Val André. Et comme il n’est pas si courant qu’une bonne idée soit encore pertinente 50 ans plus tard (selon les propres termes du président Pierre Rousselot), le cinquantenaire mérite d’être bien fêté.
Rien n’est encore défini. Mais on sait déjà qu’un déplacement de Chaumontais et Haut-Marnais sera effectué cette automne sur le site.

Travaux au Grand-Bornand

Si le Château Tanguy au Val-André appartient à la ville de Chaumont, La Mazerie au Grand-Bornand est la propriété du Département. Or des travaux sont aujourd’hui nécessaires. Des représentants du Conseil général y effectueront une visite fin-juin


Et le chèque-vacances des Chaumontais ?

Dans le cadre d’un programme «Seniors en vacances», Luc Chatel a dernièrement signé, pour la ville de Chaumont, un accord avec avec l’Agence nationale des chèques-vacances (L’affranchi N° 728, du 18 avril dernier). Le but est de donner la possibilité de partir en vacances à des personnes de plus de 60 ans ayant des revenus modestes. L’opération devrait commencer dès le mois de septembre de cette année.
Une centaine de bénéficiaires pourra, moyennant une participation de 50 euros, aller passer une semaine dans les Alpes Maritimes, le Var, les Pyrénées Atlantiques ou la Charente Maritime.
C’est très bien. Mais, ayant eu connaissance de ce beau projet, les responsables du Centre Culturel Haut-Marnais se sont rendus à la mairie pour expliquer que la ville possédait aussi un très beau site dans les Côtes d’Armor. Le Val André pourrait quand même faire partie des destinations.
Tout le monde en étant d’accord, il a été décidé qu’en 2009 les personnes aidées iront prioritairement effectuer un séjour au fameux Château Tanguy.
Didier Cognon, l’adjoint chargé des affaires sociales, a tout de même tenu à faire savoir lors de l’assemblée générale, que rien n’était encore complètement acquis. Il faudra d’abord s’assurer que c’est possible, dans le cadre des accords nationaux.
Mais du côté du CCHM, on n’a pas d’inquiétudes. Le site est déjà agréé pour les chèques-vacances. Il n’y a pas de raisons que cette belle opportunité locale lui soit refusée.

Lionel Thomassin
Vendredi 9 Mai 2008
Lu 935 fois
Notez

Nouveau commentaire :