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Forêt : Une initiative pour gérer la fortune de la Haute-Marne

Sous l’impulsion de Charly Masse, une coopérative de propriétaires forestiers (CPF 52) ambitionne de mettre concrètement en oeuvre la valorisation sous toutes ses formes de la forêt haut-marnaise.



Forêt : Une initiative pour gérer la fortune de la Haute-Marne
La forêt est l’une des principales richesses du département. Personne n’en doute. On ne compte plus d’ailleurs toutes les initiatives qui ont été lancées depuis des décennies pour essayer de développer ce qu’on a appelé «La filière bois». Des structures existent et fonctionnent d’ailleurs. Mais les résultats sont encore loin de ce qu’on espérait.
CPF 52 (Coopération pour les productions forestières de Haute-Marne), qui est née il y a quelques mois, n’est pas qu’une initiative de plus. Si on en croit son président, Charly Masse, elle possède un net avantage : celui de pouvoir agir. Cette société coopérative à vocation forestière pourra carrément, si ses adhérents le souhaitent, faire naître les sociétés ou négocier des contrats qui assureront de bons débouchés aux producteurs, même les plus petits.

Un atout économique qu’on ne délocalisera pas

Charly Masse est connu comme ingénieur-conseil dans le bâtiment. Il a dirigé un important bureau d’études à Chaumont. Aujourd’hui en retraite, ce Cévenole d’origine revient à ses premières amours. «Si je suis resté en Haute-Marne, confie-t-il, c’est parce qu’après le travail je pouvais me ressourcer en allant à la chasse, la pêche ou la cueillette des champignons».
Ce connaisseur de la nature a eu l’occasion de s’intéresser concrètement à la gestion de la forêt, lorsqu’il a hérité d’une parcelle appartenant à son père dans les Cévennes. Et c’est tout naturellement ensuite qu’il a investi dans la forêt haut-marnaise, à laquelle il croit beaucoup.
«C’est notre meilleur atout de développement économique, commente-t-il. La forêt couvre 39 % du territoire de la Haute-Marne. C’est un des départements les mieux boisés de France avec une qualité et une diversité exceptionnelles. On a là une richesse renouvelable. Et on est sûr que celle-là ne sera pas délocalisée.
«Le bois s’inscrit parfaitement dans les préoccupations de développement durable. C’est un produit d’avenir. A mon avis, on tient vraiment un facteur de développement économique bien plus sûr que certaines industries à qui nos élus font parfois les yeux doux».


Des milliers d’emplois possibles

Charly Masse explique que la forêt haut-marnaise s’accroît chaque année en volume de 1 700 000 de mètres cubes. Or, les récoltes annuelles n’atteignent même pas le tiers de cet accroissement. Il ajoute par ailleurs que 1 000 m3 de bois récoltés engendrent 8 emplois directs et indirects. Il y aurait donc en Haute-Marne un gisement d’emplois inexploité de plusieurs milliers de personnes.
La coopérative qu’il préside ne s’adresse qu’à la moitié de la forêt locale. Les communes qui, à quelques exceptions près, relèvent du régime forestier géré par l’ONF, ne sont pas concernées. Mais il y a déjà beaucoup à faire du côté des 38 000 propriétaires privés du département et de leurs 112 000 hectares ; à commencer par les conseils de gestion et de développement.

L’opportunité de nouveaux débouchés

Les projets ne manquent pas pour la coopérative qui pourra s’intéresser, directement ou indirectement, à la commercialisation des produits de la forêt. Charly Masse affirme qu’en discutant avec différents acheteurs de bois, il est possible d’obtenir des prix allant du simple au double. Mais il explique surtout qu’en groupant les produits on peut s’inscrire sur des marchés intéressants. Même pour le petit propriétaire, qui n’aurait que quelques arbres d’une essence arrivant à maturité, une vente intéressante serait possible. Ce qui n’est pas évident quand on est seul.
La remarque vaut aussi pour les parties moins nobles du bois. Le regroupement permettrait par exemple, avec les résidus, d’alimenter une usine de biomasse, telle que celle qui est envisagée dans le nord du département. Et puis la coopérative pourrait créer des plates-formes de plaquettes ou de bois de chauffage où les particuliers viendraient s’approvisionner.
Des marchés nouveaux peuvent ainsi se mettre en place.
Enfin, Charly Masse parle aussi d’autres formes de valorisation de la forêt (chasse, champignons, tourisme...). Rien n’empêche même la coopérative de créer un atelier de découpe de gibier pour en valoriser la viande. Elle peut également s’intéresser à la production et la vente de truffes. Elle peut encore s’inscrire dans des opérations touristiques...
Et c’est pourquoi les non-propriétaires peuvent adhérer eux aussi à la coopérative. S’ils sont spécialistes d’un domaine touchant à la forêt et s’ils souhaitent participer à la mise en place d’une activité s’y rapportant, ils seront les bienvenus.
On le voit, les idées de développement sont légion. Et il semble que la volonté de les mettre en œuvre ne fasse pas défaut. A condition bien sûr que les adhérents le décident. Mais il restera quand même, pour créer les éventuelles sociétés, à trouver les moyens financiers suffisants. A moins que les coopérateurs sachent convaincre les élus de l’intérêt économique des projets, de sorte qu’ils acceptent de donner un petit coup de pouce..

L’adhésion à la coopérative est fixée, pour les propriétaires, à 1,5 euro par hectare. Pour les particuliers il s’agira d’un forfait de 15 euros.
Pour joindre CPF 52 on peut téléphoner au 03 25 35 03 86.

Lionel Thomassin
Vendredi 4 Avril 2008
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