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Festival : la nouvelle équipe veut afficher ses différences

La 20e édition du festival de l’affiche est aussi le première production de la nouvelle équipe mise en place après les élections municipales. D’où une volonté de changement. Revue de détails.



La 20e édition du festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont, qui se tiendra officiellement du 16 mai au 14 juin, va en réalité démarrer dès le 11 mai avec les workshops au collège Saint-Saëns (et non à l’ancienne bibliothèque) et la mise en place de l’exposition «Dutailly dans la rue». Cette 20e édition est aussi la première production de la nouvelle équipe mise en place après les élections municipales et le renouvellement des instances de l’association du festival intervenu en juillet 2008. Une nouvelle équipe -constituée entre autres de Vincent Galantier, Philippe Nolot, Thomas Bletner et Odile Déchanet- qui entend opérer un certain nombre de changements par rapport aux années précédentes. Et pour y arriver, elle s’appuie sur un budget en forte hausse. 
Si la ville de Chaumont n’a pas mis un euro supplémentaire dans l’affaire, le 20e anniversaire a conduit la Région et le Département à augmenter leur subvention de 15 000 euros chacun. Dans le cadre de la «commande publique» (concours des 20 affiches), la DRAC (Etat) verse une participation exceptionnelle de 35 000 euros. Cette année, grâce à l’exposition Dutailly qui va être itinérante, le Pays de Chaumont s’investit à hauteur d’environ 10 000 euros. Enfin, le partenariat de la SNCF -en cours de finalisation- devrait s’élever selon Vincent Galantier à «au moins 100 000 euros». 

Une soirée d’ouverture ouverte à tous

Cet argent supplémentaire n’a pas empêché la nouvelle équipe de supprimer ou de réduire certaines dépenses. Par exemple, le traditionnel dîner de gala réunissant chaque année -généralement au Terminus- une centaine d’invités triés sur le volet a été remplacé par un cocktail dînatoire qui aura lieu le vendredi 15 mai, à partir de 19 heures, au collège Saint-Saëns. 
Animée par Vincent Bardin et sa formation de jazz «Les Triplés», cette soirée est ouverte à tous ceux qui le désirent. Moyennant -pour les non invités- une participation de 15 euros. L’idée étant qu’il y ait davantage de monde, et pas seulement des initiés ou des privilégiés. 
De nouvelles dépenses ont aussi été engagées : pour l’exposition extérieure (avec 56 plots de type colonne Morris installées au centre-ville et sur les boulevards), ; pour l’aménagement intérieur et extérieur des anciens bâtiments du SERNAM, près de la gare ; pour le catalogue, censé être plus beau que d’habitude ; et pour le spectacle de clôture qui devrait consister en une projection d’affiches au viaduc grâce au mécénat de la SNCF. 

Communication et pédagogie

Pour qu’il y ait plus de monde que d’habitude lors du week-end d’inauguration, les organisateurs ont aussi mis le paquet sur les invitations. Plus de 20 000 mails ont été envoyés aux graphistes français et du monde entier, ainsi que 5 à 6000 “invitations papier”.
Plus de 20 000 programmes du festival ont été imprimés dont 15 000 vont être distribués dans les boîtes aux lettres de Chaumont et sa région, avec à l’intérieur une reproduction de l’affiche du festival. 
Autre nouveauté, cette année : la réalisation de documents pédagogiques pour visiter les expositions des Silos et de la Chapelle, ainsi que pour découvrir la collection Dutailly. 
D’une manière générale, «on va vers les gens, on essaie de les intéresser et de les impliquer et de les faire participer», explique le vice-président du festival, Philippe Nolot. «Ça va demander du temps. Car le festival était jusqu’à présent complètement coupé des habitants». 
Ainsi, l’appel aux bénévoles a eu peu de retour. «On est limite en chambres d’hôtel et ce serait bien, par exemple, que des gens se proposent pour loger des graphistes», glisse le vice-président. 

La nuit du graphisme comme un moment de communion...

En attendant, la nuit du graphisme qui marquera cette année l’ouverture du festival, le samedi 16 mai, est vue comme un «moment de communion entre les graphistes et les habitants». Il y aura des animations, notamment un spectacle de feu, dans les rues du centre-ville et les expositions des Silos, de la Chapelle et de l’hôtel de ville seront ouvertes jusqu’à minuit. Certains commerçants devraient également être ouverts. 
«Ce festival sera un bon cru», annonce Philippe Nolot. «L’exposition graphisme en France permet d’avoir un regard assez vaste et de montrer le fonds en possession des Chaumontais. On n’a pas fait tout ce qu’on voulait faire. Mais la philosophie générale a un peu changé». 
A vérifier dès le 16 mai...



Droits d’auteurs : ça traîne

La question des droits d’auteurs devait être résolue avant le 20e festival de l’affiche. Mais les graphistes protestataires, qui ont suspendu la pétition dans l’attente de la rédaction d’un nouveau contrat les liant à la ville, commençaient à trouver le temps long. 
Début mai, ils ont fait savoir que le festival risquait de se dérouler «dans une incertitude juridique problématique». Mais finalement, ils ont reçu le projet de contrat le 6 mai. Mieux vaut tard que jamais...
Selon Vincent Galantier, la Ville était tenue de communiquer au préalable la nouvelle mouture du contrat à ses partenaires, notamment au ministère de la Culture. Et c’est ce qui aurait fait perdre beaucoup de temps. 

Pas de mélange des genres

Sur son site internet, la société Multimédia Expertise, dont Vincent Galantier est le salarié, se vante de compter comme client le festival de l’affiche depuis 1995, en assurant la régie technique des colloques et en fournissant «la majeure martie des moyens audiovisuels présents au sein des expositions». 
Interrogé à ce sujet par L’affranchi, Vincent Galantier, adjoint au maire et président du festival, précise que Multimédia Expertise n’a en réalité plus de relations commerciales avec le festival depuis 4 ou 5 ans. Et qu’elle n’en aura pas davantage cette année. «Sinon, il y aurait un sacré mélange des genres», commente l’intéressé. Effectivement.

Christophe Poirson
Jeudi 7 Mai 2009
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