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Festival de l’affiche Thierry Simon met de l’ambiance

La dernière assemblée générale de l’association du festival de l’affiche a été particulièrement animée par Thierry Simon, qui a multiplié les critiques et fait part de ses inquiétudes quant à la préparation de la 20e édition, au point d’agacer sérieusement le président Vincent Galantier.



Le «cas» Thierry Simon

Juste après les élections de mars 2008, le conseil municipal a désigné Thierry Simon comme l’un des représentants de la ville de Chaumont au sein de l’association du festival de l’affiche. Certains signes laissaient penser qu’il allait ensuite décrocher la présidence du festival. Mais, en juillet dernier, c’est l’adjoint à la culture et à la rénovation urbaine Vincent Galantier qui a été élu à ce poste. Tandis que Thierry Simon est devenu trésorier.
Considérant qu’on ne lui donnait pas les moyens de mener à bien cette responsabilité, Thierry Simon a envoyé sa démission en septembre. Laquelle n’a pas été avalisée. «Thierry Simon voulait démissionner de son poste de trésorier tout en restant au conseil d’administration», a expliqué Vincent Galantier à l’assemblée générale. «Mais il est représentant de la ville au sein du bureau et du conseil d’administration. S’il démissionne de l’un, il démissionne de l’autre. La proposition lui a donc été faite d’intégrer le conseil d’administration en tant qu’adhérent et non plus comme représentant de la ville». Mais Thierry Simon a décliné cette offre.
La balle est aujourd’hui dans le camp du bureau de l’association qui, selon nos informations, devrait désigner prochainement un nouveau trésorier.

Ambiance…

Lors de la dernière assemblée générale du festival, le 15 décembre, Thierry Simon était donc toujours officiellement trésorier de l’association. Remonté comme une pendule, il a attaqué bille en tête le président Vincent Galantier et remis en cause le choix de confier la délégation générale du festival à Etienne Bernard et la société E3C. Il s’en est pris aussi à d’autres participants de l’assemblée générale, dont la directrice du graphisme Christelle Kirschtetter qui, ne supportant pas cette ambiance, a préféré quitter la salle.
Réaction immédiate de Vincent Galantier : «Arrêtez d’agresser les gens, sinon c’est vous qui partez !» Et réponse de Thierry Simon : «Vous ne me ferez pas taire. Vous n’en avez pas fini avec moi !»
Il y en a qui vont bientôt regretter d’avoir fait de Thierry Simon leur représentant…

Drôle d’avenant

Au risque de paraître parfois trop agressif, Thierry Simon a posé des questions de fond intéressantes lors de cette assemblée générale qui s’est déroulée en présence d’une quinzaine de personnes. En tant que trésorier, il a ainsi découvert un avenant de 13 000 euros au profit de la société E3C qui touche par ailleurs chaque année la somme de 107 000 euros pour la délégation générale et la direction artistique du festival. Vincent Galantier a dû expliquer que l’ancien président Pascal Grisoni (non présent à l’assemblée générale) avait «fait un avenant en 2006 pour que la gestion quotidienne d’un certain nombre de tâches effectuées par l’association du festival soit assurée par E3C». Cet avenant se justifiait par le départ de certains salariés de l’association. Mais lorsqu’il a été maintenu en 2007, Vincent Galantier dit s’y être opposé en tant que représentant de l’opposition.
En 2008, l’intitulé de cet avenant a été modifié. «Il s’agissait de restructurer et manager les équipes du festival, le président considérant qu’il n’était plus suffisamment présent sur Chaumont», précise encore Vincent Galantier.
Concrètement, comme le dénonce Thierry Simon et comme le regrette le nouveau président, le festival a donc donné des sous à un prestataire pour qu’il donne des directives aux salariés de ce festival… Conclusion de Vincent Galantier : «Dans le nouveau contrat qui est en train d’être finalisé, cet avenant n’existe plus».

Vincent Galantier peut-il être président ?

Thierry Simon rappelle que le bureau de l’association du festival est composé de cinq membres de droit : le maire «ou son représentant», trois personnes désignées par le conseil municipal (lui-même, Odile Déchanet et Jean-Charles Berthier) ainsi que le conservateur des Silos Joël Moris. L’adjoint à la culture Vincent Galantier n’étant là qu’en tant que «représentant du maire», Thierry Simon pense que son élection à la présidence de l’association pose un problème juridique. Et que c’est le maire en personne qui devrait être président.
Un peu interloqué, Vincent Galantier a promis de poser la question au service juridique de la ville.

Changement d’équipe programmé

La 20e édition du festival de l’affiche va être organisée en 2009 par la même équipe qu’en 2008, la délégation générale étant toujours confiée à Etienne Bernard (ancien assistant de Jean-François Millier) et la direction artistique aux trois graphistes que sont Pierre Bernard, Vincent Perrotet et Alex Jordan.
En revanche, il faut s’attendre à un changement d’équipe pour 2010. La décision n’a pas encore été prise, mais Vincent Galantier imagine quelqu’un qui aurait le profil de Jean-François Millier et qui serait à la fois directeur artistique et chef de projet du futur centre international du graphisme. Mais contrairement à ce qui se passait jusqu’à présent, ce directeur artistique ne serait plus commissaire d’exposition. «On ne peut pas tout mélanger», fait valoir le président du festival.

Mauvaise impression

Thierry Simon aurait préféré que le changement d’équipe se fasse dès cette année. Car il a l’impression que la 20e édition du festival –où «il faudrait frapper très fort»- ne se présente pas sous les meilleurs auspices. Vincent Galantier tente de le rassurer : «On n’est pas là pour enterrer le festival». Mais Thierry Simon lui répond : «L’enfer est pavé de bonnes intentions».

Reprise en main et mise au point

L’assemblée générale du 15 décembre a permis de mieux comprendre les tensions qu’il y a eu au cours de ces derniers mois entre l’équipe de graphistes et la nouvelle direction du festival. Jugeant que la délégation générale et la direction artistique avaient trop les coudées franches, Vincent Galantier ne cache pas qu’il a voulu «reprendre les rênes en main». Pour éviter, par exemple, qu’il y ait de nouvelles expos comme celle de cette année à la Chapelle, où Paul Cox avait installé une sorte de golf. «C’était plutôt une performance d’art contemporain, en tout cas pas une expo qui a lieu d’être dans le cadre du festival», assène Vincent Galantier. «Ça nous a quand même coûté 25 000 ou 30 000 euros !»
Autre erreur à éviter selon lui : celle d’une affiche censée annoncer le festival mais où l’on arrive à peine à lire qu’il s’agit d’un festival de l’affiche se déroulant à Chaumont… «On doit avoir notre mot à dire sur toutes ces choses», insiste le président qui considère par ailleurs, contrairement à Vincent Perrotet, que «ce n’est pas le festival du graphisme d’auteur mais le festival du graphisme». Tout court.

Nouvelles dépenses…

L’association du festival a prévu plusieurs nouveaux postes de dépenses pour 2009. Par exemple, une somme de 10 000 euros pour interroger les festivaliers et réaliser une étude d’impact économique du festival. «Ces 10 000 euros, qui représentant quand même le tiers du budget de communication du festival, vont être jetés par la fenêtre», peste Thierry Simon.
Une autre somme de 10 000 euros a été prévue pour recruter (pendant une période limitée) un régisseur chargé d’assurer au mieux la mise en place des expositions. Mais Thierry Simon s’étonne que parmi les nombreux employés de la ville il n’y en ait pas un seul à même d’effectuer ce travail…

… et nouveau lieu d’accueil

Autre nouvelle dépense en 2009 : l’aménagement d’un lieu d’accueil du festival dans les anciens locaux du SERNAM, près de la gare et des Silos. Il s’agit de reprendre l’idée du «Super» de l’an dernier, mais pas sous la forme d’un bal monté. Point de rencontre du festival, ce nouveau lieu pourrait aussi servir aux workshops. Moyennant tout de même une coquette somme de 36 000 euros jugée nécessaire pour la location du bâtiment, les travaux et les frais annexes.

Les paris sont pris

Pour justifier ce choix d’un nouveau lieu, Vincent Galantier précise qu’ «il se peut qu’il y ait des travaux en mai sur la place de la gare». L’élu fait bien sûr allusion au projet de réhabiliter tout ce secteur et de transformer le garage des services techniques en multiplexe cinématographique. Ce qui fait doucement rigoler Thierry Simon, convaincu que les délais sont beaucoup trop courts pour que l’on puisse imaginer pouvoir démarrer de tels travaux. Mais Vincent Galantier insiste, soulignant qu’il ne parle pas à la légère.
Rendez-vous en mai sur la place de la gare pour savoir qui a raison.

20 graphistes du monde entier sollicités

Pour sa 20e édition, le festival a décidé de solliciter 20 graphistes dans le monde entier, chargés de créer une affiche pour Chaumont. L’affiche lauréate sera celle du festival. Mais elles seront toutes exposées, ainsi que celles des 19 dernières années, à l’hôtel de ville.
Pour financer cette commande publique qui devrait aboutir à une exposition de prestige, le festival reçoit le soutien du ministère de la Culture et une subvention de 35 000 euros.

Un titre discutable

Les organisateurs du festival ont l’intention de donner en 2009 un coup de projecteur particulier à la création graphique française et ils ont intitulé ce projet d’exposition «100% français». Un titre qui fait bondir Thierry Simon, qui le trouve à la fois trop connoté et ridicule s’agissant d’un festival international.
Tout en affirmant qu’il ne fallait y déceler aucune arrière-pensée, Vincent Galantier s’est engagé à faire en sorte que ce titre soit modifié.

Avoir 20 ans…

Autres expos prévues pour ce 20e festival : une exposition multimédia avec le jeune graphiste Etienne Mineur et une autre sur «Les plus beaux livres français», résultat d’un concours national.
Cette année, il pourrait y avoir aussi des expositions dans deux ou trois entreprises locales, ainsi qu’ «un vrai salon professionnel» réunissant de grandes sociétés «et pas les kékés du coin» (dixit Vincent Galantier) à la salle Jean-Masson.
Quant aux étudiants, ils vont devoir plancher sur le thème «Avoir 20 ans». Un thème «idiot» selon Thierry Simon qui s’inquiète de la qualité des affiches qui vont ainsi être produites.
Manifestement, les organisateurs ont voulu s’éloigner des thèmes de ces dernières années, jugés trop politiques ou liés à l’actualité, comme la crise des banlieues ou le réchauffement de la planète. Il en est pourtant un que l’on aurait bien aimé voir traité par les étudiants, c’est celui de la crise financière…

Un spectacle en vue

Pour l’ouverture du prochain festival, l’association a retenu une idée formulée par la direction des affaires culturelles de la ville et consistant à proposer un spectacle de feu avec déambulation festive dans les rues de la ville et arrêt devant les principaux lieux du festival (la chapelle, l’hôtel de ville, les Silos, etc.) où il pourrait y avoir de la musique et des projections d’images.

Terminus pour la soirée de gala

Plutôt que d’organiser comme les années précédentes une soirée de gala au restaurant réservée à une centaine de personnes, la nouvelle équipe du festival envisage un «apéritif dînatoire» ouvert au plus grand monde, quitte à demander une contribution aux personnes qui ne seraient pas invitées.




Un budget en hausse, mais sans un sou de plus de la ville

L’association du festival de l’affiche a prévu pour 2009 un budget de 707 100 euros (dont 133 000 euros de prestations en nature de la ville de Chaumont). Soit une hausse de plus de 150 000 euros par rapport à 2008. Mais la subvention demandée à la ville n’augmente pas et reste à 180 000 euros. Explication avancée par Vincent Galantier : «Entre la baisse de la dotation globale de fonctionnement et l’augmentation mécanique de la masse salariale, on doit trouver 1,2 million d’euros d’économie. Tous les élus doivent faire des efforts sur chacun de leurs services… »
En revanche, les autres partenaires du festival sont invités à augmenter la mise pour la 20e édition. La subvention de la Région passerait de 95 000 à 125 000 euros, celle du Département de 43 000 à 60 000 euros et celle de la DRAC (Etat) serait maintenue à 45 000 euros, mais avec 35 000 euros supplémentaires au titre de la commande publique.
Quant au concours du mécénat, il est censé passer de 23 000 à 100 000 euros. Vincent Galantier compte sur un effort des entreprises titulaires d’une délégation de service public que sont Dalkia et la Lyonnaise des Eaux. «C’est un racket légal de la ville», n’hésite-t-il pas expliquer en assemblée générale. «Et pour 2009, ça tombe bien : il y a le renouvellement des contrats…»
Vincent Galantier compte aussi sur un nouveau partenaire : la SNCF. C’est elle qui, grâce aux contacts noués par le maire-ministre, devrait assurer «la part prépondérante de ce mécénat».
Il reste à ce jour une part d’inconnu sur les financements attendus. Mais le président du festival prend les devants : «On fera le festival en fonction des recettes qu’on aura pu mobiliser». Autrement dit, il s’engage à ce qu’il n’y ait pas de déficit.



Les affiches enfin dans la rue ?

S’il est une critique qui revient régulièrement à propos du festival, c’est qu’on n’en voit aucune trace dans la rue. Ce qui, s’agissant d’affiches, est tout de même un comble.
Cette année, les organisateurs pensent avoir trouvé la solution en plantant, sur les boulevards allant de la gare au Boulingrin, des objets de type «sucette Decaux» avec à l’intérieur des reproductions d’affiches de la collection Dutailly, visibles de jour comme de nuit grâce à un système de rétro-éclairage. Il s’agirait, selon Vincent Galantier, d’une «véritable exposition en plein air».
Entre les frais de reproduction et le coût des supports, il va y en avoir pour plus de 50 000 euros.
Lors de la discussion, le conservateur des Silos Joël Moris a trouvé tout de même regrettable qu’il n’y ait pas d’affiches originales de la collection Dutailly qui soient présentées au public à l’occasion de la 20e édition du festival de Chaumont. 

Christophe Poirson
Vendredi 19 Décembre 2008
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