Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Faut-il ouvrir une terrasse le soir dans la ruelle St-Louis ?

L’essai tenté l’an dernier sur une partie de l’été sera probablement transformé cette année de mi-mai à fin septembre. Certains apprécient, d’autres pas du tout. Arguments de part et d’autre...



Faut-il ouvrir une terrasse le soir dans la ruelle St-Louis ?
Le restaurant-crêperie de la ruelle Saint-Louis, que dirigent M. et Mme Brucker depuis 2004, a obtenu l’an dernier l’autorisation de fermer la voie à la circulation, certains soirs, afin d’y installer une terrasse. Cette exception a été faite par la nouvelle municipalité, pour une partie de l’été, à partir du 25 juillet.
Compte tenu des aléas de la météo, cette opportunité a servi en fait une petite dizaine de fois. Ça a suffi toutefois pour que la ville juge l’expérience intéressante. Elle envisage donc maintenant de renouveler son autorisation pour 2009, en élargissant la période concernée. L’idée est de permettre la mise en place de la terrasse le soir de 19 h 30 à 23 h 30, entre la mi-mai (à la date du festival de l’affiche exactement) et le 30 septembre.
Mais l’affaire n’est pas du goût de certains voisins qui l’ont fait savoir aux élus puis, dernièrement, à L’affranchi.

«Un projet économique qui apporterait aussi un peu de vie...»

Pour comprendre le problème, il faut d’abord remonter à l’ancienne municipalité. Celle-ci avait étudié le moyen de mettre la ruelle Saint-Louis en zone piétonne. Une enquête avait alors été effectuée auprès des riverains. Mais une majorité (52 %) s’était prononcée contre le projet.
On en était resté là.
Pourtant, les nouveaux propriétaires du restaurant n’ont pas lâché l’idée. Il faut dire qu’ils l’avaient inspirée. «C’est une jolie petite rue, plaide Mme Brucker. Elle mériterait d’être mise en valeur. La piétonnisation a été refusée par certains parce qu’on leur a dit que c’était uniquement à notre profit...
«En voulant créer une terrasse, nous avons évidemment un projet économique. Mais si nous avons proposé l’idée, c’est parce que ça va bien au delà. On se plaint tellement souvent qu’il ne se passe pas grand chose à Chaumont. C’était le moyen d’apporter un peu plus de vie...».
Elle se souvient de la rue fermée durant le Grand Pardon et de cette ambiance qui lui a fait penser aux petites villes de Provence. Et c’est ce qui l’a poussée à présenter, avec son mari, des demandes plus précises à la ville.
La démarche du jeune couple a plu à Gérard Bocquillon, l’adjoint au développement économique, commercial et touristique. Il a donc accepté le principe de la fermeture quatre heures par soir au motif que l’avantage était à ses yeux nettement supérieur à la gêne occasionnée.

«Une terrasse déprécie tout ce qui se trouve autour !»

Quelques voisins ont cependant fait savoir qu’ils n’étaient pas d’accord. D’abord parce qu’ils trouvent inadmissible qu’on puisse fermer très régulièrement, pour un intérêt particulier, une rue qui, pour une part non négligeable, dessert quand même un quartier. Ils rappellent d’ailleurs qu’elle est parfois utilisée par les secours. Ensuite parce qu’ils craignent un certain nombre de nuisances.
Mme Goyard, qui parle en leur nom, explique qu’il ne s’agit pas d’une rue commerçante et, que ceux qui se sont installés là depuis longtemps ont choisi ce lieu, pourtant fortement soumis à l’impôt, pour sa tranquillité. Or elle affirme qu’une terrasse déprécie tout ce qui se trouve autour. Le bruit et la gêne risquent de faire perdre de la valeur aux logements. Elle revendique donc un droit d’antériorité.
Diverses pétitions des pour et des contre ont circulé. Les clients du restaurant en ont signé une. Mais celle-là n’a pas grande valeur puisqu’ils ne connaissent que l’aspect agréable des choses. En revanche, les signatures des voisins obtenues par Mme Goyard d’une part et les restaurateurs d’autre part ne permettent pas de dégager une majorité.

«Moins gênante qu’une terrasse de bar...»

Gérard Bocquillon s’est basé d’abord sur l’idée qu’une terrasse de restaurant n’avait rien à voir avec celle d’un bar. Il est persuadé que le bruit ne sera pas gênant. Il insiste aussi sur le fait que la fermeture ne se fera que certains soirs. Selon lui, cette rue est plus froide que le reste de la ville. Le beau temps ne suffira pas à faire installer la terrasse. Encore faudra-t-il qu’il fasse particulièrement chaud.
Du coup, il estime que ces soirs-là, il ne sera pas bien dérangeant de faire passer les véhicules par d’autres voies d’accès. Il précise par ailleurs que l’arrêté municipal prévoit un périmètre limité pour la terrasse et que les propriétaires s’engagent à déplacer immédiatement tables et chaises si un véhicule de secours devait passer dans la rue.
Enfin, il rappelle qu’il est en contact avec la police et qu’il reste vigilant sur tous les problèmes qui pourraient se poser. En cas de difficultés marquantes, il garde toujours la possibilité de ne pas renouveler l’autorisation.
En attendant, il reste toujours décidé à donner son accord pour 2009. Quel choix auriez-vous fait à sa place ?

Lionel Thomassin
Samedi 28 Février 2009
Lu 313 fois
Notez

Nouveau commentaire :