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Explications musclées au festival de l’affiche

Les relations avec la direction générale et artistique du festival de l’affiche se sont détériorées après le changement de municipalité et le renouvellement de l’association. Aujourd’hui, ça semble aller mieux. Mais il y a eu des explications musclées lors de l’assemblée générale du festival.



L’heure n’était pas à la franche rigolade lors de l’assemblée générale du festival... 
L’heure n’était pas à la franche rigolade lors de l’assemblée générale du festival... 
Ambiance tendue lors de l’assemblée générale de l’association du festival de l’affiche qui se déroule ce jeudi 6 novembre aux Silos, en présence d’une bonne quarantaine de personnes et en l’absence remarquée du maire de Chaumont, Luc Chatel. Le nouveau président, Vincent Galantier, dresse très rapidement un rapport moral (qui n’est pas écrit). Poussé par l’ancien président qui est resté membre du bureau, Pascal Grisoni, il reconnaît qu’il y a eu «des malentendus plus que des inquiétudes» du côté de la direction générale et de la direction artistique du festival à la suite du changement de municipalité et du renouvellement des instances de l’association. Mais, selon lui, une réunion le 16 septembre a permis de «recadrer un certain nombre de choses» et il n’y a aujourd’hui «aucune difficulté particulière». 

Pascal Grisoni parle d’un «climat de défiance, voire de suspicion»

Pascal Grisoni n’est pas convaincu. «Même si je suis satisfait de voir qu’un accord a été trouvé, j’avais des inquiétudes avant de venir qui ne sont pas toutes dissipées», insiste-t-il. «L’appropriation du festival par les Chaumontais ne doit pas entraîner une expropriation de partenaires incontournables. Il y a un climat de défiance qui a été installé par des propositions de l’association qui n’ont pas été débattues. Un climat de défiance voire de suspicion vis-à-vis de certains acteurs du festival et de la direction artistique». 
On apprend ainsi que la direction artistique (composée des graphistes Pierre Bernard, Vincent Perrotet et Alex Jordan) a fait état de ses inquiétudes dans une lettre envoyée aux administrateurs et partenaires du festival. Mais selon Vincent Galantier, c’est aussi la décision de la nouvelle municipalité de ne pas donner suite à l’appel d’offres concernant le Centre international du graphisme qui a mis le feu aux poudres. Et de se défendre : «On a eu à gérer un dossier merdique, une patate chaude laissée par l’ancienne municipalité». 
C’est alors que Thierry Simon, autre ancien président du festival, prend le relais de Pascal Grisoni et souligne toute une série de dysfonctionnements. «Le bureau et le conseil d’administration ne sont pas au courant de vos recadrages et de vos propositions», lance-t-il à Vincent Galantier. 

Thierry Simon, qui a démissionné de son poste de trésorier, reste soucieux

Elu trésorier en juillet dernier, Thierry Simon annonce à l’assemblée générale qu’il a démissionné de son poste dès le mois de septembre parce qu’on lui demandait «de signer des chèques sur des bases non contractuelles». Et il commente : «Ce n’est pas parce qu’on est en matière culturelle qu’on n’a pas besoin d’une certaine rigueur financière». 
Autre inquiétude de Pascal Grisoni : le fait que le contrat avec la direction artistique n’ait pas encore été renouvelé pour 2009. Vu les délais, il en vient même à se poser des questions sur la faisabilité de la prochaine édition du festival, celle du 20e anniversaire. 
Mais Vincent Perrottet se veut rassurant. «Ça se résout aujourd’hui, mais on a mis du temps pour arriver à entamer une véritable discussion», explique-t-il. «Avant cette assemblée générale ont été réglés un certain nombre de malentendus». 
On comprend qu’il y a eu des débats tournant autour du rôle de la direction artistique, de la différence entre le graphisme d’auteur et le graphisme publicitaire, de l’appropriation du festival par les Chaumontais. Mais personne n’entre vraiment dans le détail. 
En tout cas, pour Thierry Simon, «il faut une collaboration et non une compétition» entre l’association du festival, les graphistes et la direction artistique. Et le 20e anniversaire doit être célébré en y mettant les moyens. Mais, faisant référence au concours lancé récemment pour le timbre de Chaumont, il se dit soucieux : «Demander aux habitants de faire un timbre est une aberration quand on a sous la main les meilleurs graphistes».

Etienne Bernard : «Il va falloir se mettre au travail très vite»

De son côté, Pascal Grisoni reste «dans une incompréhension totale de ce qui s’est passé depuis plusieurs mois». 
«Moi aussi, j’étais soucieux avant d’arriver à Chaumont ce soir», lâche le délégué général du festival Etienne Bernard. «Ce n’était pas gagné il y a seulement trois ou quatre heures... Il y a eu des propositions de la ville qu’on a pu trouver maladroites comme le festival off qui nous est tombé du ciel. Maintenant, on a une 20e édition à faire. C’est un gros morceau. On est le 6 novembre. C’est tard. Il va falloir se mettre au travail très vite. Et, surtout compte tenu des délais, il faut un climat de confiance totale». 
Manifestement, l’heure est grave puisque, fait exceptionnel, plusieurs graphistes ont souhaité participer à cette assemblée générale et dire leur attachement à ce festival. C’est le cas, entre autres, de Pierre di Sciullo et de Malte Martin.

La demande de Christelle Kirschtetter

«Au regard de ce qui s’est passé ces dernières semaines, on s’est aperçu qu’aucun d’entre nous n’avait jamais adhéré à l’association», explique Vincent Perrotet. «C’est une erreur. Je crois qu’il faut faire entrer les graphistes dans l’association pour qu’ils aient leur mot à dire». 
Puisque tout le monde dit ce qu’il a sur le cœur, la directrice du graphisme Christelle Kirschstetter en profite pour rappeler qu’il y a des actions en faveur du graphisme et du développement des publics tout au long de l’année. Et elle lance à Vincent Galantier : «J’espère que les prochaines décisions prises par la municipalité renforceront notre action et ne la réduiront pas». 
Vincent Perrotet acquiesce. Et il prévient : «Le festival s’épuisera si le lieu permanent ne vient pas». 

La SNCF pourrait devenir partenaire

Assez bizarrement, quand on connaît son tempérament, Vincent Galantier -qui laisse parler tout le monde très librement- ne cherche pas vraiment à répondre aux attaques. «Tout ça, c’est de l’humain. Il fallait que les uns et les autres apprennent à se connaître», tente de relativiser Philippe Nolot, vice-président de l’association, à l’issue de l’assemblée générale. 
Reste qu’après avoir enregistré un déficit de 19 000 euros sur l’édition 2008, il faut désormais préparer la 20e édition du festival. 
Pour le moment, il n’y a ni budget prévisionnel, ni programme précis. Mais selon Vincent Galantier, il pourrait y avoir de nouveaux moyens grâce à la SNCF susceptible de devenir un nouveau partenaire suite aux contacts noués entre le ministre-maire Luc Chatel et le directeur général Guillaume Pépy. A suivre...

Christophe Poirson
Vendredi 7 Novembre 2008
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