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Européennes : Place à l’Internationale

Se présentant comme la seule vraie gauche capable de changer les choses, le Front de Gauche a tenu mardi à Chaumont, avec ses têtes de liste pour l’Est de la France, des propos assez musclés.



Européennes : Place à l’Internationale
Il y a bien longtemps qu’on n’avait entendu, en Haute-Marne, chanter l’Internationale dans une réunion politique. C’est pourtant ce qu’il s’est passé mardi soir à l’Espace Rencontre du Cavalier. Le fameux chant, symbole des luttes sociales, a été entonné par une cinquantaine de personnes à l’issue d’une réunion organisée par le Front de Gauche.
C’est bien sûr compréhensible quand on sait que le Parti Communiste tient une grande place dans le Front de Gauche. Mais c’est tout de même étonnant lorsqu’on considère que l’autre grande composante du Front de Gauche vient du Parti socialiste (en passant toutefois par le Parti de Gauche fondé par Jean-Luc Mélenchon).
C’est de cette formation d’ailleurs que vient Hélène Franco, la tête de liste pour la région Est. Il ne faut toutefois pas compter sur elle pour observer une attitude politique modérée. «L’heure n’est pas à la tiédeur, a-t-elle déclaré à Chaumont. Nous avons actuellement la droite la plus à droite qu’on ait connu depuis 1945. A cette droite de combat, il faut opposer une gauche de combat».

Le choix de Sylvestre Subissi

Le Front de gauche, qui dénonce la dérive «sociale-libérale» des dirigeants du Parti socialiste, est persuadé que la gauche se reconstruira autour de lui. Il pense d’ailleurs emprunter la seule voie qui permettra de vaincre la droite.
Un sentiment que partage le chaumontais, non-encarté, Sylvestre Subissi.
Président de l’association Ensemble, qui a soutenu Jean-Claude Daniel, et qui œuvre depuis longtemps pour le rassemblement de la gauche à Chaumont, il a été invité à expliquer, à la tribune, son choix pour le Front de gauche. Il a alors précisé qu’il ne voyait pas d’autre mouvement de gauche ayant vocation à gouverner (contrairement à celui d’Olivier Besancenot) qui ait refusé le traité constitutionnel, qui se soit opposé autant au projet d’Europe libérale, et qui ait milité aussi fortement pour une Europe sociale. Il n’a pas manqué de préciser qu’on ne pouvait faire confiance à ceux qui ont accepté le traité de Lisbonne (les responsables du PS, en fait). Enfin il a estimé possible, avec le Front de gauche, de faire en sorte que Nicolas Sarkozy ne sorte pas vainqueur de ces élections européennes, et donc que le 7 juin 2009 au soir ne sonne pas déjà le début de sa campagne pour 2012.


Haro sur le PS

A Chaumont, à côté d’Hélène Franco, s’est fait entendre un autre membre du Parti de gauche : Vincent Assente (12e sur la liste du Front de Gauche). Pour lui, le peuple de gauche s’est fait voler sa victoire contre le traité constitutionnel. Il s’agit donc de la lui redonner et de lutter contre les remises en cause des droits du travail, des services publics, de la protection sociale, etc.
Il se dit assez d’accord avec le programme européen du PS. Mais il ajoute aussitôt que 8 sur 10 des propositions socialistes sont inapplicables tant que restera en vigueur le traité de Lisbonne que le PS a voté.
Puis Jacky Dubois, du PC (2e sur la liste) s’en est pris à ceux qui prennent prétexte de la crise pour tout déréglementer, puis qui prétendent moraliser le capitalisme. «Autant vouloir apprivoiser un requin ou une mygale, a-t-il ironisé. Sans faire injure aux requins et aux mygales...».
Pour Hélène Franco, au parlement européen, les socialistes votent 97 % des textes présentés par la droite (mais elle précise aussitôt que les amis de François Bayrou acceptent tout à 100 %). Et dans la foulée, elle fustige les mêmes qui s’acharnent à faire voter et revoter les peuples jusqu’à ce que «oui» s’en suive.

Contre l’inéluctable...

Françoise Faitot, militante pacifiste (17e sur la liste) est venue dire que les crises ont une fâcheuse tendance à déboucher sur des conflits. Pour elle, le Front de gauche est armé pour lutter contre ce penchant. Il fait aussi partie de ceux qui s’opposeront à la mise de l’Europe sous tutelle de l’Otan.
Hélène Franco ajoute que se prépare un marché commun entre l’Europe et les Etats-Unis. Elle remarque aussi que l’Eglise effectue un retour en force au sein de l’Europe. Selon elle, la reconnaissance des diplômes universitaires catholiques pourrait faire arriver des créationnistes à des postes à responsabilité.
Enfin elle s’inquiète beaucoup des désastres sociaux et écologiques qui risquent de rendre la vie de nos enfants bien plus difficile que la nôtre. Elle rappelle alors le programme du Front de gauche concernant le Smic européen, le contrôle des banques, la nationalisation de l’eau, les énergies non-polluantes...
«L’inéluctable n’existe pas», a-t-elle conclu en souhaitant une surprise le 7 juin au soir.
Européennes : Place à l’Internationale

Lionel Thomassin
Samedi 30 Mai 2009
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