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Et si maintenant on faisait le pôle d'enseignement supérieur ?

Le maintien du 61e RA à Semoutiers était nécessaire pour éviter à Chaumont et ses environs de sombrer. Mais ça n’est pas suffisant pour amorcer le développement attendu.
Pour avoir une chance de ne pas voir l’implantation du régiment remise en cause dans les années à venir et pour fixer les jeunes avec qui tout pourrait repartir un jour, il n’y a qu’une solution : développer les formations post-bac à Chaumont. C’est à notre sens le second grand chantier de Luc Chatel.



Le pire a été évité, grâce à Luc Chatel. Il est évident que, sans lui, le 61e RA aurait déménagé vers Metz. Chaumont et ses environs auraient encore perdu 2 000 habitants et, avec eux, à peu près 17 millions d’euros de retombées économiques. On imagine la catastrophe. Car même avec beaucoup d’aides, énormément de travail et pas mal de chance, un mandat municipal n’aurait certainement pas suffit à retrouver l’équivalent.
On pouvait surtout craindre une vive accélération de la spirale descendante qui affaiblit d’année en année la position de la cité préfecture de Haute-Marne. Chaumont risquait de ne jamais se remettre d’un tel coup dur.
Comme nous l’avons écrit la semaine dernière, le maintien du 61e RA à Semoutiers doit être vu comme une belle victoire dont le mérite revient au maire-ministre de Chaumont. Mais, si la première grande bataille vient d’être gagnée, la ville n’est pas sauvée pour autant. Et Luc Chatel le sait très bien.

Les conditions du maintien

Du simple point de vue de l’armée d’abord, rien n’est immuable. Il va falloir trouver le moyen d’ancrer le régiment dans la région de telle sorte que sa position ne soit pas remise en cause à la première occasion. Rappelons qu’il est un des rares à n’être pas inscrit dans un regroupement.
La meilleure solution serait d’en faire venir un autre à proximité. Mais il ne faut pas rêver. Si la modification de la carte militaire s’est faite à l’envers des principes d’aménagement du territoire, c’est parce que les militaires préfèrent être installés à proximité des grandes villes. Les jeunes célibataires y trouvent les loisirs qu’ils recherchent. Les couples ont moins de difficultés à obtenir un emploi pour le conjoint. Et les plus anciens apprécient pour leurs enfants de disposer de structures universitaires relativement proches.
Dans ce contexte, les volontaires pour venir à Semoutiers ne sont pas légion. Et, de nos jours, même pour l’armée, ça compte...
Luc Chatel a déjà annoncé qu’il se préoccupait des deux premiers points : loisirs et emploi. C’est déjà bien. Mais le plus important reste le troisième, ne serait-ce que parce qu’il conditionne aussi les deux autres.


Formations post-bac fragiles et insuffisantes

La Haute-Marne souffre du départ de ses jeunes. Et le mal est déjà très profond.
Depuis que l’Etat a décidé de mener 80 % des élèves au bac, sans que cet examen puisse être considéré comme une fin en soi, il a objectivement décidé de vider de leur substance les départements non universitaires.
Les jeunes sont majoritairement envoyés faire des études dans des grands centres urbains où ils finissent bien souvent par s’installer.
La perte est double puisque ce sont eux qui, dans les années suivantes, auraient dû amener des enfants au département.
Pour conserver les jeunes, dans un département qui n’a pas les moyens d’attirer ceux de l’extérieur, il faut absolument proposer des formations post-bac. Chaumont en possède bien un peu (école d’infirmières, institut universitaire de formation des maîtres, licence professionnelle «graphisme et édition»... et BTS divers) (1), mais on va plutôt dans le sens d’une diminution que d’un renforcement.

Loisirs et emplois suivront

L’idée a été lancée de créer une sorte de pôle universitaire dans le chef-lieu de la Haute-Marne. Il s’agirait d’abord de conserver tout ce qui existe (des menaces se font entendre de plus en plus souvent), puis de s’appuyer sur cette base pour obtenir de nouvelles formations.
Quand il y a suffisamment d’étudiants dans une ville, la vie culturelle se développe. Les loisirs aussi. Et puis l’emploi aussi. Parce que les entreprises ont moins de mal à trouver les cadres nécessaires. Et aussi parce qu’il y a un plus grand potentiel de créateurs d’entreprises.
Se faisant fort d’attirer des entreprises à Chaumont, Luc Chatel a promis de faire progresser l’économie locale et l’emploi par la même occasion. Il a raison. Mais, s’il les a bien choisis, d’autres élus locaux peuvent effectuer une bonne partie du travail à sa place. Qu’il profite d’abord de sa position nationale pour apporter les formations qu’il est injuste de refuser à un département. Le reste suivra bien plus naturellement.


(1) On compte à peu près 600 étudiants à Chaumont. A comparer, dans la région, avec Troyes qui en a 10 fois plus, et même Charleville qui, pour moins de deux fois plus d’habitants, abrite trois fois plus de jeunes dans des formations post-bac.

Lionel Thomassin
Vendredi 1 Août 2008
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