Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Economie Pour que l’Etat ne pique pas sa crise

A la sortie de la première réunion de la commission départementale de suivi de l’économie, face à la crise, Luc Chatel a confié qu’il avait piqué une petite colère contre un banquier qui ne jouait pas le jeu.



Prêts à défendre les entreprises.
Prêts à défendre les entreprises.
Si on ne fait rien, la crise financière a tout pour devenir une crise économique. Déjà on voit bien que, faute de crédits pour les particuliers, les secteurs de l’immobilier et de l’automobile vont mal. Si les banques ne vous prêtent plus, vous ne pouvez plus acheter. Du coup, les constructeurs ne tardent pas à souffrir, ce qui entraîne forcément des répercussions sur l’emploi.
Et puis, à côté de ces grands mouvements nationaux, il y a aussi les relations entre les entreprises sur le terrain. Si l’argent circule mal, il y a de grands risques pour que tout se grippe petit à petit.
L’Etat, qui a mis de l’huile au plus haut niveau, se préoccupe de savoir si ça permet de faire fonctionner toute la machine. C’est pourquoi il a mis en place dans chaque département une commission de suivi de l’économie. Celle-ci réunit chaque semaine, sous l’autorité du préfet - épaulé par le Trésorier Payeur Général et le directeur de la Banque de France - à la fois les banquiers et les représentants des entreprises. C’est là qu’on peut mettre au jour et corriger certains dysfonctionnements.
Et c’est ce qu’il s’est passé vendredi matin à Chaumont. Luc Chatel ayant décidé d’animer la première réunion, il a eu le «privilège» de faire le premier rappel à l’ordre auprès d’un banquier. Il n’a pas cité le «fautif». Mais on peut au moins comprendre le motif de sa colère.

Attention aux catastrophes !

Même lorsqu’elles travaillent bien, les entreprises ont du mal à se faire payer. L’argent circule mal et tout le monde a tendance à retarder ses paiements. Mais les entreprises ont des échéances et des charges fixes à honorer. Si elles n’ont pas pu faire patienter leurs fournisseurs, elles sont contraintes de jouer avec le découvert que leur autorisent momentanément les établissements bancaires. Or il arrive que ceux-ci prennent peur. Ils ne trouvent alors rien de mieux que de supprimer la ligne de trésorerie qu’ils accordaient jusque-là.
Ainsi, une entreprise qui attend de l’argent, peut se voir asphyxiée parce que son banquier l’oblige malgré tout à remplir son compte. Et si elle n’arrive pas à trouver de l’argent frais quelque part, elle n’a plus qu’à déposer le bilan.
On comprend bien que si toutes les banques agissaient ainsi on aboutirait à des catastrophes qui, automatiquement, en engendreraient d’autres... jusqu’à l’effondrement complet du pays.
Aussi, lorsqu’un membre du gouvernement découvre une banque en flagrant délit de non assistance à entreprise en danger, il ne manque pas de l’épingler.
«On a fait des réunions de nuit, commente Luc Chatel. On a pris des décisions à 5 heures du matin pour sauver des banques. On leur a accordé des garanties. Elles ont alors passé un pacte moral avec l’Etat. Il serait incompréhensible qu’en retour elles ne prennent pas leurs responsabilités».

Les solutions

En cas de problèmes, les entreprises sont invitées à contacter la préfecture.
Toutes sortes de solutions peuvent alors être envisagées. Ça commence par le rappel à l’ordre du banquier quand celui-ci ne joue pas son rôle, y compris lorsqu’il refuse un prêt qu’il aurait accordé avant la crise. Il faut savoir en effet que, par le biais de la Caisse de dépôts et consignations, l’Etat garantit les prêts accordés aux PME. Sans oublier aussi qu’il a mis des moyens nouveaux pour l’aide au développement des entreprises. Ainsi en fait, toute question de financement devrait trouver réponse bien plus facilement qu’avant.
De plus, il existe une structure chargée d’examiner les difficultés des entreprises déclinée au plan départemental (le CODEFI) et dont le responsable national n’est autre que... Luc Chatel.
Par ailleurs, les réunions hebdomadaires en préfecture serviront à faire le point sur l’évolution des crédits à la consommation. En s’intéressant de près aux besoins des ménages, on espère relancer rapidement les ventes de voitures.
Enfin, l’Etat se préoccupe de payer, dans des délais plus courts, les entreprises qu’il fait travailler. Nicolas Sarkozy fixe le maximum à 30 jours. Et il encourage les collectivités locales à en faire autant. Le Trésorier Payeur Général est chargé de faire régulièrement un rapport sur le sujet.
Présent à la première réunion départementale, le sénateur Charles Guené, qui est aussi président de l’association des maires, s’est dit prêt à prendre des engagements.

Lionel Thomassin
Vendredi 14 Novembre 2008
Lu 790 fois
Notez

Nouveau commentaire :