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Ecoles : Victimes d’un Etat mauvais patron

Des employés de vie scolaire viennent d’apprendre (par l’ANPE) que leurs contrats ne devraient pas être reconduits après le 30 juin. Tout laisse penser, à ces anciens chômeurs, qu’on leur a fait servir... les statistiques.



Ecoles : Victimes d’un Etat mauvais patron
On savait qu’en matière d’emploi l’Etat n’avait pas toujours de leçons à donner. Mais ce qu’il se permet aujourd’hui avec les employés de vie scolaire (EVS) vaudrait bien les pires ennuis judiciaires à un patron privé.
Retenus pour servir dans l’Education nationale, ils avaient pour point commun de vivre la précarité et le chômage de longue durée. Ce qui a permis de les embaucher avec des contrats aidés, à durée limitée mais renouvelables, sous des statuts divers. Leurs emplois étaient financés de différentes façons.
Deux cents personnes sont entrées dans le dispositif en Haute-Marne.
Or il semble qu’il n’y ait plus beaucoup d’argent dans les caisses. En tout cas, il a été décidé de ne pas renouveler la plupart des contrats. Tout s’arrête pour eux le 30 juin prochain, soit 4 jours avant la fin de la période scolaire. Mais personne ne les a réellement prévenus.
Les EVS racontent avoir été convoqués dernièrement par l’ANPE. Dans les lettres il était simplement mentionné qu’il s’agissait de faire le bilan de leur contrat. Mais ils ont appris sur place que tout allait s’arrêter pour eux à la fin du mois et qu’on les avait fait venir pour envisager les démarches à effectuer ensuite.
Eux qui connaissent par cœur le fonctionnement de l’ANPE et ses possibilités, l’ont plutôt mal pris.
Ce qui est inadmissible en tout cas, c’est qu’ils n’aient pas eu d’entretien préalable à la non-reconduction de contrat avec leur employeur (mais où est véritablement leur employeur ?). De même, l’accompagnement et la formation liés obligatoirement à ces types de contrats n’ont pas été respectés.
L’Etat est en dehors de la légalité.

Embauchés avant les élections...

Au départ, les directeurs d’écoles se sont montrés réticents. On leur imposait des personnes non qualifiées dont ils ne savaient pas bien à quoi elles pouvaient servir. Et puis en fait, les candidats qui ont été retenus possédaient de vraies compétences. Ils sont vite devenus utiles dans l’aide administrative, en secrétariat, en informatique, dans l’aide à l’accueil et accompagnement des enfants handicapés, en cas de vacations d’enseignement, etc. Grâce à eux des activités nouvelles ont pu voir le jour dans les établissements.
Aujourd’hui les directeurs souhaitent conserver ces précieuses aides.
Il faut dire que, sortant souvent de longues périodes de chômage, les employés de vie scolaire se sont énormément investis. Ils ont été ravis de pouvoir faire œuvre utile. Et ils comprennent mal finalement qu’on puisse les jeter aussi brutalement.
Ils tentent d’entrer en contact avec celui qui a signé leurs contrats. C’est le principal du collège des Franchises à Langres. Mais il ne maîtrise rien. Il a fait cela, gratuitement, parce qu’il fallait bien un établissement de rattachement. Il n’a jamais rencontré ceux qui sont censés être ses employés.
Ceux-ci se tournent alors vers les organismes qui ont monté les dossiers. Mais il semble que personne ne soit vraiment au courant. Ça se passe au niveau des ministères. Tout ce qu’on sait, c’est que les enveloppes budgétaires n’ont pas l’air d’être prévues.
Pour les EVS, l’explication est simple. La plupart d’entre eux ont été embauchés l’an dernier avant les élections. Ils pensent qu’ils ont servi surtout à faire baisser les statistiques du chômage à une période difficile.
Et même si l’opération est finalement renouvelée l’an prochain, ils ont entendu dire que les postes seraient ouverts à d’autres personnes. Eux ne sont finalement plus chômeurs de longue durée, donc pas prioritaires...
Ceux qui vivaient avec 400 euros par mois, se sont habitués pendant un peu plus d’un an à toucher le double. Ils craignent de devoir retrouver la misère d’avant.
La colère gronde.
Des pétitions circulent aux abords des établissements scolaires. Des syndicats commencent à organiser le combat au niveau national.
A Chaumont, une dizaine d’EVS ont souhaité nous raconter ce qu’ils vivaient aujourd’hui. Et trois d’entre eux ont témoigné ouvertement. Ce sont ceux qu’on peut voir sur la photo ci-dessus.

Lionel Thomassin
Vendredi 13 Juin 2008
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