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Ebauche du futur lycée professionnel de Chaumont

Sur le site actuel du lycée Ashton et pour 42 millions d’euros la Région reconstruira, pour la rentrée 2013, le nouveau lycée professionnel de Chaumont qui regroupera les lycées Ashton et Haut-du-Val. Un établissement prévu pour moins de 600 élèves et qui pourrait prendre le nom d’Eugène Decombles. Les grandes lignes et les enjeux de ce projet, dans le contexte haut-marnais délicat des baisses d’effectifs, évoqués ici avec le proviseur Michel Javouhey.



Michel Javouhey, le proviseur du nouvel établissement regroupant les lycées professionnels Ashton et Haut-du-Val.
Michel Javouhey, le proviseur du nouvel établissement regroupant les lycées professionnels Ashton et Haut-du-Val.
Ça semble assez paradoxal dans un département et une ville qui ne cessent de perdre des habitants (des jeunes surtout). Et pourtant il faut probablement se féliciter de la décision de la Région de reconstruire deux lycées à Chaumont.
Le projet d’un regroupement du Bouchardon sur le site Gagarine, tout d’abord, a fait couler beaucoup d’encre. Certains Chaumontais (des commerçants surtout) craignent de ne plus voir de lycéens au centre-ville. Mais, outre le fait que, de notre point de vue, rien ne les empêchera de «descendre» en ville comme d’autres le font déjà, il faut voir cette construction comme une chance pour les élèves.
De même, après tant de réticences lorsqu’il a été question de regrouper les lycées Ashton et Haut-du-Val (chacun pouvait craindre d’être absorbé par l’autre et d’y perdre beaucoup), une fusion-reconstruction permet finalement à chacun de s’y retrouver.
On a su faire éclater les lycées pour en créer d’autres quand le nombre d’élèves ne cessait de progresser. Il serait catastrophique aujourd’hui, face à la baisse démographique de laisser pourrir la situation.
Chacun s’accrochant à des formations de moins en moins fréquentées, dans des locaux de plus en plus abandonnés, on serait arrivé à une situation dommageable pour l’enseignement.
Alors qu’en repartant sur des bases neuves, on crée aussi une nouvelle dynamique.

Ouverture en 2013

Dans cet esprit déjà, les lycées professionnels Ashton et Haut-du-Val ne font plus qu’un depuis le 1er janvier 2008. Ils restent pour l’instant sur leurs sites respectifs. Mais leur administration est désormais commune. Et celle-ci travaille sur le dossier de reconstruction.
Michel Javouhey, le proviseur qui chapeaute les deux structures, a bien voulu nous en montrer la première ébauche.
On ne sait pas encore à quoi ressemblera le futur bâtiment étant donné que l’architecte n’a pas encore été choisi.
Ils sont 98, en fait, à avoir proposé leurs services. Cinq d’entre-eux seront retenus le 11 septembre prochain. Ils participeront alors à un concours qui permettra de choisir le meilleur projet vers le début de l’année 2009.
Les premiers coups de pioches seront donnés un an plus tard. Et il faudra trois ans pour arriver au bout. Mais on n’imagine guère ouvrir l’établissement aux élèves avant la rentrée de septembre 2013.

Un nouveau gymnase à la Rochotte ?

Il est prévu que l’établissement soit installé sur le site actuel du lycée Ashton. Ce qui ne devrait pas vraiment poser de problème.
Les bâtiments nécessaires sont de l’ordre de 17 000 m2. Mais le site en fait à peu près le triple. De plus, il sera possible de se réinstaller progressivement sur l’emprise actuelle (9 000 m2) des bâtiments du lycée).
Si des opérations tiroir s’avéraient nécessaires, elles devraient s’opérer assez facilement sur un site aussi spacieux qui ne compte pas plus de 200 élèves.
Par ailleurs, il est prévu de reconstruire le gymnase en dehors des murs. Peut-être à La Rochotte, sur l’emplacement de l’ancien collège, à côté des pistes de sport. Ça se situe à 8 minutes de marche du lycée Ashton.
L’opération pourrait ressembler à celle qui a vu se créer le nouveau gymnase sur le site Issartel (Gagarine). Installé à l’origine pour le public scolaire, il est utilisé aussi par les associations de la ville. C’est le résultat d’une collaboration entre la Région, le Département et la ville.

Pour 42 millions d’euros

Tous les besoins matériels sont aujourd’hui clairement définis. Ils sont consignés dans trois imposants volumes qui recensent les équipements nécessaires, salle par salle. C’est à partir de ces documents que le Conseil d’administration de l’établissement devra donner un avis dès la rentrée de septembre.
Au total, la Région a prévu une dépense de 42 millions d’euros. A l’origine elle tablait sur 36 millions. Mais l’élaboration du programme a fait revoir les chiffres à la hausse.
Tout est donc à peu près ficelé. L’inconnue ne porte plus que sur l’architecture des bâtiments et peut-être encore sur leur orientation.
Plutôt que de conserver l’ouverture un peu difficile sur l’avenue d’Ashton, il serait souhaitable de tourner le lycée à l’opposé.
Ça tomberait sur les projets de voies entre Rochotte et Cavalier passant par le quartier Foch. Mais rien n’est encore défini. Et comme il n’est pas possible de s’appuyer sur aménagements encore à l’état de projet, il est possible que les architectes ne puissent pas travailler sur le changement d’ouverture.

Pour moins de 600 élèves

Le regroupement s’accompagnera forcément d’une restructuration au niveau de l’administration. Elle a d’ailleurs déjà commencé et quelques postes devraient disparaître.
Mais l’important reste de conserver les formations et les élèves qui vont avec.
Pour l’instant, sur les sites d’Ashton et du Haut-du-Val on compte moins de 600 lycéens (595 exactement).
Beaucoup de formations ne font pas le plein. Elles sont pourtant souvent très demandées par les employeurs, comme le BEP productique. Certaines sont très courues par les élèves comme le CAP Conducteur d’engins (62 candidats pour 20 places en première année) ou le BEP Travaux publics.
Mais on peut dire que, globalement, les demandes vont plutôt en diminuant. Ça tient un peu à l’orientation des élèves pour qui on privilégie toujours les filières générales. Mais la principale cause vient de la chute démographique du département. Michel Javouhey a calculé que le nombre de naissances entre 1992 et et 1998 a baissé de 9 %. Or, les enfants qui sont nés en 1992 sont arrivés au lycée en 2007. Ceux de 1998 y arriveront en 2013.
Tout porte donc à croire qu’à l’ouverture du futur lycée professionnel les effectifs seront plus proches de 500 que de 600.
Raison de plus pour se décarcasser !

Lycée Eugène Decombles ?

Le nom du futur lycée professionnel n’a pas encore été choisi. On voudrait en fait lui donner celui d’une personnalité locale ayant particulièrement réussi dans les domaines professionnels et techniques.
Michel Javouhey, qui a effectué des recherches à la bibliothèque de Chaumont propose Eugène Decombles ; l’ingénieur des ponts et chaussées qui a conçu et réalisé le viaduc.

Lionel Thomassin
Samedi 26 Juillet 2008
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