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Dis, Monsieur le Maire, c’est quoi une association ?

La ville lance un appel à projets auprès des associations. Elle souhaite les voir remplir certaines tâches. L’opposition donne alors une définition de la vie associative peu compatible avec l’exigence municipale.



Le vrai débat politique que L’affranchi a abordé la semaine dernière à propos de la MJC, s’est développé samedi matin au Conseil municipal. La question étant de savoir ce qu’une ville est en droit d’attendre d’une association, on voit bien qu’il existe deux réponses possible selon que l’on penche à droite ou à gauche.
Voilà qui est rassurant en ces temps un peu flous. Et c’est probablement ce qui explique en partie la mobilisation extérieure qu’on a découverte la semaine dernière en faveur de la MJC.
Le maire a donc fait savoir qu’il lançait un appel à projet d’éducation populaire et de cohésion sociale. Il a quelques objectifs en matière de prévention de la délinquance, de santé, de cadre de vie, d’éducation et même de développement économique qui peuvent être remplis en partie par des associations. Il promet donc des subventions particulières aux associations qui sauront s’engager dans les voies que souhaite la ville.
C’est ainsi qu’il justifie la non-reconduction d’une convention annuelle avec la MJC. Il attend de voir si ses différentes activités sauront s’adapter aux nouvelles exigences.
On sait cependant qu’il n’a pas l’intention d’augmenter le budget actuellement réservé aux associations. On peut même craindre qu’il ne le baisse puisqu’il lui faut réaliser de grosses économies de fonctionnement pour mener à bien ses grands projets d’équipements pour Chaumont.
On comprend donc que si les associations veulent conserver leurs subventions, elles ont intérêt à faire la preuve de leur utilité.

«Aider les associations simplement parce qu’elles existent»

En désaccord complet avec la méthode, Lionel Blondelle se lance alors dans une longue définition qu’il résume finalement ainsi : «les associations valent plus par ce qu’elles sont que par ce qu’elles font». Il explique ainsi que si on donne des subventions de fonctionnement aux associations, c’est tout simplement pour leur permettre d’exister.
Ce qui est précieux en elles, c’est qu’elles rassemblent des personnes mettant leurs moyens en commun et décidant ensemble d’actions dont le but ne sera jamais de faire des bénéfices. Une collectivité a le devoir de les soutenir parce qu’elles aident le citoyen à se développer et qu’elles créent du lien social. On peut aussi les aider pour ce qu’elles produisent, bien sûr, mais ça doit rester marginal.
Pour Lionel Blondelle, en voulant rémunérer les associations pour ce qu’elles font, la ville entre dans une logique de prestataires de services. Et il s’agit au final de les considérer comme des entreprises dont on attend une production. Avec cet «avantage» qu’elles coûtent forcément moins cher...
Patrick Lefèvre précise aussi qu’on se trouve en présence de deux modèles de société incompatibles entre eux. Voilà pourquoi, malgré sa volonté de ne pas faire de l’opposition systématique, il se verra dans l’obligation de voter toujours contre les propositions de la municipalité dans le domaine. Il ajoute qu’il est toujours possible de trouver des intérêts communs entre une ville et ses associations. Mais les partenariats ne peuvent se monter que dans le cadre de concertations sans remettre en cause au préalable l’existence des associations.
Il milite pour les complémentarités et s’insurge contre les appels d’offres, les mises en concurrence ainsi que les évaluations qui induisent la suspicion alors que les relations devraient être basées sur la confiance.

Un danger pour la diversité

Luc Chatel, Elisabeth Allaire, Didier Cognon et même Vincent Galantier protestent en chœur. Ils jurent partager le même idéal pour les associations. Et ils affirment que leur projet n’est pas incompatible avec cette vision. Ils sont toujours prêts à aider toutes les associations. Mais ils veulent simplement donner plus à celles qui font plus... Et puis ils n’acceptent pas que l’opposition parle d’appels d’offres et fasse des comparaisons avec l’entreprise privée, puisqu’il ne s’agit que d’appel à projet.
Ça étonne tout de même Céline Gromek. Elle rappelle en effet que, depuis le début de la discussion, les membres de la municipalité ont la bouche pleine de mots comme concurrence, lauréats, objectifs, performance... qui n’ont pas grand chose à voir avec l’image qu’on doit se faire d’une association. Elle craint beaucoup pour les petites associations ne fonctionnant qu’avec des bénévoles et qui n’auront pas les moyens de trouver leur place dans cet univers de dossiers de candidature, d’objectifs et d’évaluations.
Irrité, Vincent Galantier rappelle qu’il s’intéressera toujours à toutes les demandes de toutes les associations.
Pourtant, se souvenant que le budget restera le même, selon les promesses du maire, Thierry Gitton voudrait savoir quelle part de cette somme ira du côté des appels à projets. Il conclut logiquement aussi que les associations non retenues sur des projets recevront forcément moins d’aides qu’auparavant. Et il imagine qu’à terme, cette politique sera préjudiciable à la belle diversité actuelle des associations sur Chaumot.
Sa question et ses réflexions ne recevront aucune réponse...



Les Coudées Franches

Une MJC et un directeur ouvert

Donnant quelques exemples du «plus» que la ville peut attendre de certaines associations, Vincent Galantier cite la nécessité d’améliorer l’intégration des handicapés ou des personnes ayant un faible quotient familial. Il imagine des objectifs, comme celui qui consisterait à s’engager à passer de 3 % à 10 %.
Fatyha Berezzac expliquera plus tard qu’elle ne comprend pas l’acharnement contre la MJC puisque, en plus d’être un lieu de créativité et de convivialité, c’est un endroit où l’on rencontre aussi bien des personnes handicapées que des adhérents de toutes origines sociales et de tous âges.
Cerise sur le gâteau : elle ajoute que la porte du directeur, Michel Prost, est toujours ouverte à tout le monde. Compte tenu de son expérience personnelle, elle suggère à certains membres de la municipalité d’en prendre de la graine.

Le handicap de Rostand

Accusé de se lancer dans une politique néfaste pour les associations, Luc Chatel rappelle qu’il a décidé de mener au bout le projet du pôle Rostand lancé par l’ancienne municipalité. Il s’agit de rassembler, dans l’ancienne école du Cavalier, un certain nombre d’associations.
Réflexion d’un manifestant venu soutenir la MJC : «On ne peut guère trouver pire que Rostand pour l’accès aux handicapés !».

Lent et intelligent

Enervé par le fait que l’opposition s’inquiète sans cesse du sort des associations qui n’auront pas été retenues dans les projets de la ville, Vincent Galantier s’est exclamé : «Je le répète lentement et intelligemment (sic) : on étudiera toutes les demandes de subventions».
Il n’empêche que, même en prenant tout son temps, il faudra qu’il soit drôlement intelligent pour arriver, avec la même somme, à donner plus à certains et autant aux autres. Et on parie qu’il sera bien difficile à comprendre même s’il le répète intelligiblement.

Lionel Thomassin
Mercredi 24 Décembre 2008
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