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Déchets interdits dans nos poubelles : Règlement ajourné à Chaumont

Afin de lutter contre l’envolée des coûts de traitement des ordures ménagères, le SMICTOM-Centre met en application un règlement assez strict interdisant le dépôt dans les poubelles de déchets verts, de verre, de cartons, etc. Il entre en application dans l’arrondissement au 1er août, sauf à Chaumont. La ville veut informer avant d’agir.



Jusqu’à présent, pratiquement rien de ce qui pouvait raisonnablement entrer dans une poubelle, n’était vraiment interdit. Le tri était encouragé. Mais celui qui voulait continuer à mettre ses bouteilles en verre ou plastique, ses résidus de tonte ou de taille, ses déchets de travaux... et même ses petits appareils électroménagers, voyait sa poubelle ramassée comme les autres.
Ce n’est plus le cas aujourd’hui dans l’arrondissement de Chaumont à l’exception de la ville elle-même qui se donne encore quelques mois pour bien faire passer le message.
Un règlement a été adopté en début d’année par le SMICTOM-Centre (Syndicat mixte intercommunal de collecte et traitement des déchets ménagers). Il a été approuvé à l’unanimité par les représentants des 144 communes et communautés de communes adhérentes. Et pour la très grande majorité, il entre en vigueur au 1er août.
Une liste de déchets interdits a déjà été diffusée dans les secteurs concernés. Désormais, la poubelle qui en contiendra ne sera pas ramassée. Elle sera de plus ornée d’une belle étiquette rouge mentionnant : «Refus de collecte». Le «fautif» pourra s’il le souhaite, se faire expliquer par téléphone ce qui ne convenait pas. Un ambassadeur du tri pourra même se déplacer pour aplanir un éventuel désaccord. Et, en cas de récidive, le maire aura la possibilité d’infliger une amende.

M. Petit, président du SMICTOM et les ambassadeurs du tri rappellent que notre comportement a une grande influence sur les coûts.
M. Petit, président du SMICTOM et les ambassadeurs du tri rappellent que notre comportement a une grande influence sur les coûts.
D’abord une question de coûts

Le SMICTOM-Centre est le seul pour l’instant à avoir pris ce type de mesure. Mais il est probable que les SMICTOM du Nord et du Sud du département y viennent assez rapidement.
On entre ici dans des projets environnementaux puisque ce qui n’est pas accepté dans les poubelles doit obligatoirement être dirigé vers les déchetteries et le tri. Mais la mise en place relativement rapide du règlement répond d’abord à des préoccupations financières.
Dans l’arrondissement de Chaumont la redevance appliquée par habitant est de 84 euros (1). Or le coût réel de la collecte et du traitement s’élève à 88,40 euros par habitant.
Il faut savoir que, depuis 2003, cette redevance augmente de près de 10 % chaque année. Il va donc falloir prévoir encore une forte augmentation en 2009.
Le décalage vient de ce que le SMICTOM disposait d’un matelas lui permettant de ne pas répercuter exactement toutes les hausses. Mais tout a une fin. Les réserves sont épuisées. Il s’agit de s’aligner sur le coût réel.
Chacun espère en fait que les mesures prises cette année vont au moins limiter les coûts à l’avenir, à défaut peut-être de les faire baisser.
On sait que tout ce qui se trouve dans les poubelles ordinaires part à l’incinération et revient à 211 euros la tonne. En revanche, ce qui est apporté aux déchetteries ne coûte que 110 euros la tonne. Et le tri sélectif (les sachets jaunes ou le verre et le papier qu’on dépose dans les containers) ne revient qu’à 28 euros par tonne.
On comprend bien dès lors que tout ce qui peut être retiré des poubelles ordinaires pour être remis dans les déchetteries, ou mieux encore, envoyé au tri sélectif est source d’économies.

La chasse aux déchets verts

Une bouteille qu’on met dans un container et qui sera revendue pour être recyclée coûte dix fois moins cher à la collectivité que si elle passe par l’usine d’incinération. Et ça vaut aussi pour tous les corps creux (briques de lait ou de fruits, flacons en plastique, emballages divers) qu’on met dans les sacs en plastique transparent avec liens coulissants jaunes ou dans les grands bacs à couvercle jaune. Mais le plus beau encore, c’est que le tri crée de l’emploi local (une trentaine de personnes actuellement).
On aurait tort de s’en priver.
Dans le même esprit, les déchets verts (résidus de tonte et de taille), qui sont composés à 80 % d’eau, n’ont rien à faire dans une usine d’incinération. Or, il est assez facile d’en mesurer l’impact. Si on étudie la courbe des déchets envoyés chaque année à l’incinération, on constate une baisse de 1000 tonnes en 2003. C’était justement l’année de la sécheresse. De même on s’aperçoit que chaque année en été l’usine reçoit du SMICTOM près de 2000 tonnes de déchets de plus qu’en hiver. La différence vient évidemment des pelouses et haies de toutes sortes.
2 000 tonnes traitées chacune à 211 euros, ça fait 422 000 euros. Si elles étaient apportées en déchetterie, elles reviendraient beaucoup moins cher. Mais il y a mieux si chacun les gardait chez soi, elles ne coûteraient plus rien à la collectivité.
Le SMICTOM propose plusieurs solutions : faire du compostage chez soi ou dans un lieu de stockage mis en place par la commune, ou bien encore utiliser une tondeuse mulcheuse (qui broie l’herbe et permet de la laisser sur place). Et pour ceux qui n’auraient aucune de ces possibilités, il suggère de faire appel à un voisin...

Christine Guillemy : «prendre le temps d’informer avant»

Pour que le règlement soit applicable, il faut que, dans chaque commune, le maire le valide par un arrêté municipal. Ce qui n’a pas été fait à Chaumont et ne le sera pas avant le début de l’année 2009. Christine Guillemy, l’adjointe chargée de l'environnement, de la qualité de vie et du développement durable, partage les préoccupations et les objectifs du SMICTOM. Elle est d’accord avec le règlement. Mais elle estime ne pas pouvoir l’appliquer immédiatement.
Il y a des choses d’abord à mettre au point avec les commerçants et les artisans. Puis il y a le problème de l’habitat vertical. Le tri est moins bien fait dans les immeubles. Il a falloir user de pédagogie. Enfin, il y a des endroits en ville où il est impossible de laisser les poubelles sur place. La méthode du refus de prise en charge, qui fonctionne bien à la campagne, n’est pas toujours applicable en ville.
Du coup, la municipalité a choisi d’embaucher (avec l’aide de l’ADEME) deux ambassadeurs de tri qui iront donner toutes les explications nécessaires aux habitants. Le règlement sera appliqué quand le plus grand nombre l’aura bien compris.

(1) 70 euros en moyenne seulement pour la ville de Chaumont qui gère elle-même sa propre collecte.

Lionel Thomassin
Dimanche 3 Août 2008
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