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Déchets FAVL : Le véto des conseils régionaux

Alors que la mobilisation citoyenne contre le stockage des déchets nucléaires FAVL ne faiblit pas, les conseils régionaux de Lorraine et de Champagne-Ardenne s’opposent officiellement à ce projet.



La dernière manif, le 25 avril à Juzennecourt, a rassemblé une bonne centaine de personnes. 
La dernière manif, le 25 avril à Juzennecourt, a rassemblé une bonne centaine de personnes. 
Une nouvelle manifestation contre le projet de stockage des déchets nucléaires dits FAVL (à faible activité et à vie longue) s’est déroulée samedi dernier à Juzennecourt, attirant une bonne centaine de personnes. Une mobilisation moindre que la semaine précédente où pas loin de 300 personnes avaient défilé dans les rues de Doulaincourt. Mais une mobilisation qui prouve quand même une fois de plus que ce projet de nouvelle poubelle nucléaire n’est pas vu d’un bon œil par les citoyens du coin. Et par certaines professions. Ainsi, dans un article du journal L’Union du 26 avril, on peut lire cette réflexion du député UMP Benoist Apparu : «Il n’y aura rien ici dans la Marne, et probablement pas en Champagne-Ardenne, parce que le lobbying du champagne mène une campagne d’enfer et ne veut pas en entendre parler».
Mais certains élus -et non des moindres- ne veulent pas non plus en entendre parler. Ainsi, dans une interview accordée à France 3 le 22 avril, le vice-président du Conseil régional de Lorraine Daniel Begin a confié : «Nous avons pris la décision en exécutif de demander au gouvernement de ne pas choisir la région Lorraine pour ce centre d’enfouissement de déchets radioactifs. Avec Bure, nous avons déjà fait un effort au titre de la communauté nationale».

Une démarche «assez cavalière» selon Jean-Paul Bachy

De son côté, le président de la Région Champagne-Ardenne Jean-Paul Bachy a écrit le 6 mars au ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo pour lui exprimer ses «plus expresses réserves par rapport à ce dossier». Dans ce courrier qui n’a pas été médiatisé mais que L’affranchi a pu obtenir, Jean-Paul Bachy ne mâche pas ses mots.
«La démarche consistant, pour l’administration, à s’adresser directement aux communes, en court-circuitant l’échelon régional, est, en elle-même assez cavalière, et peu conforme à la place que le gouvernement et le chef de l’Etat affirment vouloir donner aux régions, en matière d’aménagement du territoire», souligne-t-il. «Elle présente, en outre, l’inconvénient de se trouver en contradiction, dans l’hypothèse où certaines communes de notre région seraient retenues, avec des impératifs de nature économique essentiels pour la Champagne-Ardenne. Vous n’ignorez pas le poids du vignoble de Champagne non seulement pour sa région d’origine mais aussi pour l’image de la France. La place historique éminente qu’occupe le champagne dans la viticulture française, le nombre d’emplois induits par la profession, la contribution que le champagne apporte aux exportations de la France dans le monde sont liés à la rigueur et aux soins particuliers que les viticulteurs portent à la qualité intrinsèque de leurs produits. Mais ils sont aussi tributaires d’une image attachée aux terroirs de la région, qui doit n’offrir aucune brèche face aux offensives de toutes celles et tous ceux qui seraient tentés d’en dénaturer la valeur.»

«La Champagne-Ardenne supporte déjà un nombre significatif de sites nucléaires»

«La Champagne-Ardenne, avec les sites de Chooz, de Bure, et de Nogent-sur-Seine, ainsi que de Soulaines supporte déjà un nombre significatif de sites nucléaires», poursuit le président de Région. «Leur relatif éloignement par rapport à la zone d’appellation «champagne» n’a, pour l’instant, pas trop contribué à en ternir l’image. Il en irait tout autrement s’il venait demain à l’esprit des Pouvoirs Publics de retenir sur leur liste certaines collectivités champardennaises ayant candidaté pour l’installation sur leur sol d’un centre de stockage. Comme Président de la Région, mais aussi comme Président de l’Association Européenne des Régions Viticoles, je sais trop ce que sont aujourd’hui les conditions de la concurrence sur les marchés internationaux et l’ampleur des offensives périodiquement menées contre notre viticulture nationale, et singulièrement le champagne qui y occupe une place éminente, pour ne pas vous mettre en garde sur les conséquences que pourrait avoir une décision malencontreuse de votre part.»
Bref, ni la Lorraine ni la Champagne-Ardenne ne veulent récupérer le stockage des déchets FAVL. Le hic, c’est que les communes (encore) candidates à une telle installation sont toutes situées dans l’une ou l’autre de ces deux régions.
On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Borloo n’ose pas annoncer quelles sont les commeunes retenues par le gouvernement...

Christophe Poirson
Jeudi 30 Avril 2009
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