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De l’art de se tirer une balle dans le pied



Retraité de la fonction
publique, installé à
Brottes, Michel Hadet
revient sur l’idée selon
laquelle les fonctionnaires
ne consommeraient pas à
Chaumont.
«Dans votre édition du 2
courant, vous faites état
d’une «petite discussion
avec des commerçants
locaux» (des noms, des
noms !), plutôt favorables, à
vous lire, à la suppression
de postes de fonctionnaires,
au motif que la plupart des
agents de l’Etat et des collectivités
territoriales
feraient leurs emplettes à
l’extérieur de Chaumont ou
sur Internet.
«A contrario, les mêmes
commerçants seraient sans
doute prêts à «pétitionner
» et à défiler pour
défendre le service public.
L’amour du prochain est
par définition toujours
désintéressé.
«Personne ne conteste l’utilité
du commerce de proximité
et ses atouts : la convivialité
et le service après
vente. Chacun en connaît
aussi ses limites dans le
contexte économique
actuel : tout professionnel
de l’étiquetage est en principe
informé de la flambée des
prix et de ses répercussions
sur le budget des particuliers
face à la stagnation
quasi générale des salaires.
Le Président du pouvoir
d’achat, faute d’avoir eu le
temps de se pencher sur
celui de ses concitoyens, est
devenu le Président de
«son» pouvoir d’achat.
«On n’est pas tenu d’être un
lecteur assidu de Keynes ou
de Walras pour comprendre
que le consommateur, s’il
veut limiter l’érosion de son
pouvoir d’achat, est obligé
de comparer les prix et de
faire jouer la concurrence,
démarche encouragée par le
Secrétaire d’état à l’industrie
et à la consommation
lui-même. Et si on rencontre
dans les magasins de
Dijon et de Troyes des
visages chaumontais familiers,
tous ne sont pas fonctionnaires…
on croise
même des professionnels du
commerce, sans doute des
cousins éloignés de
quelques râleurs : dans la
corporation on trouve encore
des gens qui ont le sens
du négoce…
«Petite question : vaut-il
mieux accepter la loi du
marché, fidéliser sa clientèle
en lui proposant des prix
plus attractifs, écouler
davantage de produits ou
refuser la compétition,
maintenir, voire augmenter
ses marges bénéficiaires et
prendre le risque à terme de
voir le chaland se contenter
d’admirer les vitrines.
«Certains esprits chagrins
éprouvent des difficultés à
porter leur regard au-delà
de leur appendice nasal ;
c’est dans l’air du temps et
c’est tellement facile de
taper sur les «nantis», de
dénoncer les attitudes irresponsables
et de stigmatiser
les comportements inciviques
; admettre que tout
le monde fait vivre tout le
monde est probablement à
leurs yeux une conception
utopiste de la collectivité.»

L' affranchi
Vendredi 16 Mai 2008
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