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Coopératives scolaires : Grosses inquiétudes

La volonté actuelle de supprimer les postes d’enseignants ne se trouvant pas devant les élèves, risque de remettre en cause tout le fonctionnement des coopératives scolaires, entre autres...



Chacun a une idée de ce que peut être une coopérative scolaire. On la voit généralement comme une caisse qui permet à chaque école de réaliser différents projets. C’est elle qui rassemble l’argent pour partir en classe de mer ou de neige. C’est elle aussi qui s’occupe des questions matérielles liées à la venue d’intervenants extérieurs dans le cadre d’activités de musique, de cinéma, de danse... Elle règle les détails financiers de sorties diverses (piscine, nature, entreprises, science, histoire... Et bien d’autres choses encore.
Mais ce qu’on sait moins, c’est que la coopérative n’est généralement pas autonome. Elle gère son argent, certes, mais elle le fait à l’intérieur d’une structure beaucoup plus grosse. On comprend bien qu’il est compliqué pour chaque école de créer une association habilitée à gérer les fonds et monter les projets, avec toutes les contraintes administratives et juridiques que cela suppose chaque année.
Voilà pourquoi 97 % des coopératives scolaires sont regroupées au niveau départemental au sein de l’OCCE (Office central de la coopération à l’école).
Cette association est présidée en Haute-Marne par Jean-Luc Annequin. Elle gère les comptes de 250 écoles, soit au total 1,4 millions d’euros par an pour près de 17 000 élèves.
C’est considérable ! Or, tenant son assemblée générale mercredi après-midi, elle n’a pas pu envisager concrètement son action pour l’année à venir. Elle est suspendue en fait à des décisions ministérielles qui pourraient tout remettre en cause.

Un emploi indispensable

L’office des coopératives profite du travail d’un enseignant détaché par l’Education nationale. Cette personne s’occupe de mettre en place les actions dont vont pouvoir bénéficier les écoles (chant, danse, théâtre...). Elle promeut diverses activités pédagogiques et fournit des moyens. Mais elle veille aussi à renseigner chaque coopérative sur le plan juridique et surtout elle vérifie les comptes.
Il se trouve qu’aujourd’hui le financement de ce poste est menacé. Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a fait savoir qu’il ne voulait pas voir les enseignants ailleurs que devant les élèves. Il est donc susceptible de mettre rapidement un terme aux mises à disposition et de supprimer ses subventions pour le personnel détaché. Il a d’ailleurs déjà en partie commencé.
Si tel est le cas, l’OCCE va devoir se séparer de la personne qui œuvre dans les domaines administratifs et financiers. Et comme il est impossible que des bénévoles remplissent ces tâches, l’Office central de la coopération à l’école n’aura certainement pas d’autre choix que de se saborder.
On n’imagine pas en effet un président prendre la responsabilité d’un budget de 1,4 million d’euros sachant que personne autour de lui ne sera en capacité de vérifier les 250 comptes qu’il renferme. Ce serait de l’inconscience !
Pourtant, si l’OCCE ferme ses portes, c’est toute une organisation, dont tous les citoyens ont un jour bénéficié, qui s’écroule en même temps.Cependant, il reste un espoir.

Une incertitude pour beaucoup d’autres organisme

Le pire n’étant jamais sûr, rien n’indique encore que le ministre va mettre son plan à exécution. Il faut dire aussi que les OCCE de toute la France ne sont pas les seuls concernés. Plusieurs associations complémentaires de l’enseignement sont dans la même situation. La Ligne de l’enseignement (anciennement la FOL) par exemple. Mais aussi les Francas, les pupilles de l’enseignement public, la jeunesse en plein air, les Eclaireurs de France, les Foyer ruraux, etc.
Il y a de quoi modifier le paysage social, culturel et même un peu économique du pays.
Des discussions ont eu lieu. Et le ministre a fait savoir qu’il annoncerait ses décisions à partir du 15 janvier. C’est donc dans la deuxième partie du mois de janvier qu’on saura si tout rentre à peu près dans l’ordre actuel, ou bien si les différents organismes lancent une mobilisation de leurs adhérents.
Et l’OCCE devra alors organiser une assemblée générale extraordinaire pour prendre les décisions qu’elle n’a pas pu, faute d’informations, mettre aux voix cette semaine lors de l’assemblée ordinaire.

Lionel Thomassin
Vendredi 9 Janvier 2009
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