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Conseil municipal

- Le projet urbain (du «centre-gare» à La Vendue) de la nouvelle équipe
- MJC : le maire se mouille moins que son adjoint
- Le service minimum dans les écoles ne fait pas l’unanimité
- Armée : on ne sait toujours rien
Compte-rendu du conseil municipal de Chaumont qui s’est déroulé le jeudi 26 juin 2008.



Grand projet poussé par l’Europe

Pour essayer de bénéficier d’une aide de l’Europe d’environ 5 millions d’euros, la ville a dû monter en toute hâte un grand projet urbain allant de la gare à la Vendue pour un coût total de 18 millions

Sur les fonds européens alloués à la région (110 millions d’euros), il a été décidé que 35 millions iraient directement au développement des villes.
Elles sont neuf en Champagne-Ardenne à pouvoir prétendre disposer de cette aide. Mais il a été précisé qu’elles ne seraient que sept à en bénéficier. Les services de l’Etat ne retiendront en fait que les sept meilleurs dossiers.
Dès lors, le calcul est simple : chaque municipalité peut se baser sur une manne de 5 millions d’euros. Mais sachant que ce type de subvention est censé financer les réalisations à hauteur de 30 % environ, chaque collectivité est incitée à présenter un projet global de 15 à 20 millions d’euros.
Par ailleurs, les promoteurs de l’opération ont fait savoir qu’ils s’intéressaient prioritairement à certains thèmes comme la valorisation économique, le réseau de services, les modes de déplacements, le développement durable...
Partant de là, et dans un temps très court, la ville de Chaumont a imaginé une série d’aménagements coûtant au total 18 millions d’euros (voir ci-contre). A partir de quoi, elle espérera recevoir 5,2 millions de l’Europe plus diverses autres aides de l’Etat, la Région, le Département, la Communauté de communes, etc. De toutes façons, une commune ne pouvant recevoir plus de 80 % de subventions sur ses projets, il en coûtera forcément au moins 3,6 millions d’euros à la ville. On estime en fait qu’au final il faudra débourser 4,2 millions d’euros ; à répartir sur 6 ans, quand même...

Un très grand projet, mais pas de vote

Luc Chatel a fait savoir jeudi au Conseil municipal que le dossier de Chaumont était déjà ficelé et qu’il avait été déposé au SGAR (Secrétariat général pour les affaires régionales) le 16 juin dernier. Le maire a précisé qu’il le présentait en réunion pour information, mais qu’il n’y avait pas lieu de voter.
Ce qui a fait réagir Lionel Blondelle. Car enfin, c’est toute une politique de ville pour tout le mandat actuel qui s’est décidée en coulisse sans passer par le vote de l’assemblée municipale. Luc Chatel a répondu que c’était bien pour cette raison qu’il avait demandé à Elisabeth Allaire, l’adjointe chargée des grands projets, d’informer il y a deux semaines déjà les membres des oppositions et de noter leurs éventuelles remarques.
Patrick Lefèvre a alors fait remarquer que, sur les 18 millions d’euros, 13 concernaient soit des opérations initialisées par l’ancienne municipalité, soit des projets inscrits aussi dans le programme de la liste de gauche. Il n’a donc rien contre la plupart des objets prévus dans le dossier, sauf qu’il lui arrive d’être en désaccord avec certains emplacements.
Son colistier Thierry Gitton a précisé ensuite que le développement en deux pôles (gare et La Vendue) ne lui paraissait pas judicieux, ne serait-ce que du point de vue du développement durable.
Et Fatiha Benrezzac a ajouté que les quartiers étaient les principaux oubliés de ce projet. Ce que l’adjoint à l’urbanisme, Vincent Galantier, a contesté en donnant des chiffres sur les aménagements prévus au Cavalier (Jean Rostand et parcs paysagers).
Céline Gromek, de l’autre opposition, a fait savoir qu’elle trouvait l’aménagement de la gare bien joli, mais qu’il lui semblait plus judicieux d’abord d’y ramener des trains.
Ce à quoi Luc Chatel a répondu que les rénovations de gares et de leurs environnements entraînaient souvent des augmentations de trafic.
Pourquoi n’y a-t-on donc pas pensé plus tôt ?

Les grandes lignes

Présenté jeudi soir par Elisabeth Allaire, le grand projet soumis aux subventions de l’Europe prend naissance dans le quartier de la gare. La ville y prévoit toutes sortes d’aménagements, mais elle n’inclut pas le Centre international du graphisme qui disposera d’autres financements. En revanche, elle évoque du développement économique (dans le domaine de la prothèse entre autres) et elle inclut les cinémas. Elle parle aussi de plateforme multimodale. L’idée étant de prolonger par des bus, des vélos et un garage, les déplacements effectués en train.
Le projet remonte ensuite par ce qui est appelé des «liaisons douces (espaces verts, zones cyclables) vers les quartiers. Au passage, on intègre le dossier des brigades blanches. Et on arrive à l’espace culturel et social de l’ancienne école Rostand. Puis on crée des jardins familiaux et on restructure le centre commercial du Cavalier.
Le projet reprend un bout de la Rénovation Urbaine au Quartier Foch et se dirige enfin vers la future zone commerciale de La Vendue.
Et partout, Elisabeth Allaire défend la mise en place d’un mobilier urbain original créé en Haute-Marne (Plastic Omnium et GHM) économe en énergie.

Armées : bien essayé !

Précisant qu’il comprenait bien que le ministre soit tenu à une obligation de réserve, Patrick Lefèvre a tout de même souhaité que Luc Chatel s’exprime sur les menaces qui pèsent sur le 61ème RA. En principe, on sait qu’il faudra attendre la déclaration d’Hervé Morin, le 3 juillet, pour savoir si le régiment local devra, ou non, quitter la base de Semoutiers. L’élu d’opposition était cependant persuadé que le maire de Chaumont connaissait l’issue et il espérait en fait déceler l’information à venir dans les propos actuels de Luc Chatel.
Mais le maire n’a rien laissé transparaître.
On a remarqué cependant qu’il ne défendait plus l’argument technique. L’idée selon laquelle les drônes seraient mieux en Haute-Marne que nulle part ailleurs en France n’est plus développée. Luc Chatel a admis que l’armée n’avait pas vocation à faire de l’aménagement du territoire. Mais il a ajouté qu’elle n’avait pas pour autant l’obligation d’en être l’ennemie. Rien n’interdisait, à son avis, de prendre en compte le fait que dans certains secteurs en difficultés, le retrait d’un régiment allait avoir un impact très lourd.
Que fallait-il conclure d’une telle déclaration ? Luc Chatel cherchait-il à justifier le maintien de son régiment ou bien était-il déjà en train de négocier des compensations ?
Les commentaires allaient bon train après la réunion, chacun ayant cru deviner une position ou une autre.
Mais c’est en fait dans les propos d’Elisabeth Allaire qu’une élue a trouvé les raisons d’un certain pessimisme. Elle s’est souvenue qu’au début de la réunion, à propos de négociations avec la SNCF, l’adjointe aux grands projets a évoqué la nécessité de s’adapter aux horaires des lycéens, étudiants ou élèves de l’école de gendarmerie. Elle n’a pas parlé des militaires. Comme s’ils n’existaient déjà plus dans la tête de ceux qui réfléchissent à l’avenir de la ville...
Patrick Lefèvre pour sa part, ne tirait aucune conclusion. Sinon celle que Luc Chatel était probablement sincère lorsqu’il prétendait ne pas être dans la confidence.

MJC : le maire se mouille moins que son adjoint

Inquiète pour son avenir, la MJC a tenu à se rappeler au souvenir des élus juste avant le conseil municipal qui s’est déroulé jeudi soir à l’ancienne bibliothèque. 
Inquiète pour son avenir, la MJC a tenu à se rappeler au souvenir des élus juste avant le conseil municipal qui s’est déroulé jeudi soir à l’ancienne bibliothèque. 
Lors du conseil municipal, Luc Chatel n’a pas confirmé l’intention de la ville -annoncée par son adjoint Vincent Galantier- de ne pas compléter la subvention accordée à la MJC. 


Ayant obtenu un rendez-vous avec le maire Luc Chatel ce vendredi 27 juin, la MJC n’a pas bruyamment manifesté lors du conseil municipal qui s’est déroulé la veille au soir. Elle a toutefois fait acte de présence et distribué à l’entrée de l’ancienne bibliothèque une lettre à tous les conseillers municipaux, ainsi qu’un courrier de soutien du «méthodologue» qui l’a aidée à accoucher de son projet de «Nouvelle MJC». 

Lionel Blondelle et «l’arrogance de la direction de la MJC...»

Le sujet n’était pas à l’ordre du jour. Mais c’est Lionel Blondelle, chef de file de l’opposition de gauche, qui l’a abordé lors du débat sur l’attribution des subventions aux associations. «J’ai lu dans la presse qu’il y avait un refus de compléter la subvention accordée à la MJC pour 2008», a déclaré l’ancien adjoint aux finances. «Je connais bien les relations entre la ville et la MJC. Je peux comprendre que vous soyez irrité par la négligence et l’arrogance de la direction de cette structure et que vous soyez amené à réagir. Mais les problèmes internes de la MJC sont à régler par elle-même et non par une pression financière venant de l’extérieur.»
«La principale difficulté du pouvoir, ce n’est pas d’y arriver, c’est de ne pas en abuser», a ajouté Lionel Blondelle. «Je ne voudrais pas que cette association soit mise en demeure de mettre la clé sous le paillasson pour une négligence, fût-elle répétée. Je souhaite que les voies de la raison soient trouvées, de part et d’autre». 
Comme défense, il y a mieux... «La gauche nous propose un enterrement de première classe», commentera d’ailleurs en aparté le directeur de la MJC, qui assistait à la réunion. 

Luc Chatel : «Les salariés de la MJC font un très bon travail»

«Vous avez parlé de dysfonctionnements qui ne sont manifestement pas nouveaux», a embrayé Luc Chatel. «Aucune association ne peut s’affranchir d’un certain nombre de règles de partenariat normal.  Les salariés de la MJC font un très bon travail et nous avons tenu à les rassurer sur leur avenir. En même temps, il y a un moment où nous devons nous parler franchement. Et c’est ce que l’on va faire ce vendredi». 
Lionel Blondelle a essayé d’insister : «Ce qui a été annoncé est d’une brutalité qui ne peut pas se justifier». Mais Luc Chatel a botté en touche : «Est-ce que je l’ai annoncé au conseil municipal ?»
Le maire prendrait-il ses distances par rapport à son adjoint, Vincent Galantier, qui s’est pourtant montré très clair lors de l’assemblée générale de la MJC en déclarant, à plusieurs reprises, qu’il était hors de question pour la ville de verser les 40% de subvention restants et que, de toute façon, il n’avait plus l’argent ? 
Luc Chatel a refusé d’en dire plus. Et c’est Philippe Debref qui est revenu à la charge en soulignant que «la MJC doit être sauvée». Et en utilisant un argument frappé au coin du bon sens : «On a montré ce soir qu’on était nous-mêmes capables de faire les choses à l’envers en votant des subventions ou des conventions après coup». 

Philippe Debref : «On fait nous-mêmes les choses à l’envers...»

Quelques minutes auparavant, sa colistière Céline Gromek s’était effectivement étonnée que le conseil municipal se prononce seulement maintenant sur la prise en charge du concert de Cali ou sur la mise en place du service minimum dans les écoles en cas de grève des enseignants. «Ça me pose un problème, je m’interroge dans le cadre de la démocratie», avait-elle lancé. 
Bref, pour Philippe Debref, la ville ne peut pas exiger d’une association, qui a forcément beaucoup d’inertie à cause de sa taille et de ses multiples activités, ce qu’elle-même n’est pas capable d’éviter. Mais Luc Chatel refusera d’admettre ce parallèle. 
On n’imagine cependant pas que la nouvelle municipalité puisse être décidée à faire mourir une association d’éducation populaire sous le seul prétexte qu’elle n’a pas déposé sa demande de subvention dans les délais fixés...

Le service minimum dans les écoles ne fait pas l’unanimité

Lors de sa réunion du 27 juin, le conseil municipal de Chaumont était amené à se prononcer sur la «mise en place d’un service minimum d’accueil en cas de grève des enseignants du 1er degré». Lequel service a déjà été expérimenté lors de la grève du 15 mai. 
Sur la forme, Céline Gromek trouve «absolument surprenant qu’on nous demande aujourd’hui de voter pour la signature d’une convention déjà exécutée». Ce à quoi Luc Chatel répond : «J’ai signé avec l’inspecteur d’académie un protocole d’accord qui prévoyait que nous passions ensuite par le conseil municipal. Ça permet que la ville se fasse rembourser par l’Etat les frais engendrés par ce service d’accueil...»
Sur le fond, Marie-Claire Richard annonce que l’opposition de gauche va voter contre cette mesure qui est «une atteinte au droit de grève». 

Debref titille Guillemy et Cognon

Philippe Debref s’interroge sur la formation du personnel censé accueillir les élèves en cas de grève. Il considère lui aussi qu’il s’agit d’une atteinte au droit de grève et en profite pour titiller sur ce sujet Christine Guillemy et Didier Cognon, sachant que la première est issue du Modem et que François Bayrou s’est déclaré hostile à cette mesure, tandis que le second se revendique à gauche et que la gauche est elle aussi opposée au service minimum. 
Réponse de Christine Guillemy : «Je vois l’intérêt général et celui des parents. Il y a un réel besoin». 
Réponse de Didier Cognon : «Je suis solidaire de la délibération avec les mêmes arguments que Christine Guillemy. Mais je suis et je reste de gauche. Vous le verrez dans un certain nombre de dossiers, notamment sur le logement social». 
L’adjointe en charge des affaires scolaires, Céline Vancrayenest, précise que le personnel municipal chargé de cet accueil est «dûment formé» et qu’il est titulaire du BAFA ou du CAP petite enfance, voire les deux à la fois.

Une trentaine d’encadrants pour une centaine d’enfants

«Ce sont des gens qui s’occupent au quotidien des enfants, notamment dans le cadre des garderies», ajoute-t-elle. «C’est basé sur le volontariat. Le 15 mai, il y avait une centaine d’enfants et une trentaine d’encadrants. C’était donc largement encadré... Les parents ont été très satisfaits du service qu’on leur a rendu ce jour-là». 
«Je confirme qu’il y avait bien un besoin des familles», renchérit le maire de Brottes Patrick Viard, par ailleurs responsable d’une fédération de parents d’élèves (la PEEP).
Patrick Lefèvre n’est pas convaincu. «L’enseignant qui fait grève veut exprimer un mécontentement», rappelle-t-il. «Et si ça ne sert plus à rien de faire grève, j’ai peur que ce mécontement s’exprime autrement». 
Céline Gromek en remet une louche sur le droit de grève qui est «un droit constitutionnel et un pilier de la démocratie». Mais Luc Chatel répond que la ville met en place «un service d’accueil et non pas un service d’éducation» et qu’il n’y a donc pas de remise en cause de ce droit de grève. 
Chacun reste sur ses positions. La délibération est approuvée avec 7 voix contre (celles des deux groupes minoritaires).

L' affranchi
Vendredi 27 Juin 2008
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