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Conseil municipal : quand Chatel s’énerve

  • Les vilains petits mensonges du maire
  • L’énervé, les secouristes et la ricaneuse
  • Une ville de droite qui s’assume

C’est un maire visiblement énervé qui a présidé la dernière réunion du conseil municipal de Chaumont. Amené à répondre à certaines critiques de l’opposition, il s’est volontiers montré cassant et agressif. Au sujet du conflit avec les graphistes, il n’a pas hésité non plus à travestir la réalité, accusant «une certaine presse» (L’affranchi s’est senti visé) d’avoir monté toute l’affaire. Compte-rendu, analyse et commentaires d’un drôle de conseil municipal.



Les vilains petits mensonges de monsieur Chatel

C’est un maire visiblement énervé, qui a présidé vendredi dernier la réunion du conseil municipal. Etait-il simplement fatigué par ses responsabilités et son emploi du temps de ministre. Ou bien était-il contrarié par des dossiers chaumontais qui n’évoluent pas comme il l’avait imaginé.
Toujours est-il qu’amené à répondre à diverses critiques des oppositions, il s’est volontiers montré cassant et agressif. Mais surtout - ce qui est moins excusable - dans son acharnement à donner tort à ceux qui ne disaient pas comme lui, il n’a pas hésité à travestir la réalité.
Et d’abord, nous avons relevé un vrai mensonge. L’affranchi est bien placé pour le savoir puisque ses affirmations visaient votre hebdomadaire local.
Il a osé dire en fait que le conflit avec les graphistes n’avait jamais existé. Selon lui l’affaire a été montée : «par une certaine presse, dont c’est probablement la fonction, qui a mis en avant des litiges qui n’existaient pas». Et il a repris le discours de son adjoint à la culture, Vincent Galantier, selon lequel le contrat proposé cette année aux graphistes datait de l’ancienne municipalité. Il a alors précisé que beaucoup avait répondu favorablement au courrier. Enfin, il a ajouté qu’ayant lui-même rencontré les graphistes, il n’a pas enregistré de vraies divergences de vues.

Un vrai conflit qui inquiétait les organisateurs du festival

L’affranchi étant le seul organe de presse local à avoir raconté le conflit par le menu, nous nous sommes légèrement sentis visés.
Alors nous allons répéter quelques vérités :
Seuls 22 graphistes ont signé le document. Ce qui fait très peu. Beaucoup en revanche ont été choqués cette année que la ville leur demande de signer un contrat dont ils n’avaient jamais entendu parler auparavant et qui leur faisait abandonner tous leurs droits. Sa rédaction laissait penser qu’ils étaient disposés à céder à la ville les droits commerciaux de leurs œuvres. Ils se sont donc insurgés. Un syndicat (le SNAP-CGT) a pris l’affaire en mains. Des courriers ont été envoyés au maire. Certains graphistes, et non des moindres, ont menacé de boycotter le festival, ce qui a provoqué un vent de panique chez les organisateurs. Une pétition sur internet a recueilli 3 000 signatures de professionnels de l’image...
Bref, les litiges sont allés assez loin.
Il faut être rudement gonflé pour dire qu’ils n’ont pas existé. Et tout cela s’est arrêté lorsque Luc Chatel a accepté de céder. Rencontrant effectivement les graphistes (au cours d’une réunion privée) il a promis de notifier clairement dans le contrat que la ville ne bénéficiera pas de l’exploitation commerciale des affiches données dans le cadre du festival.
Nul doute en tout cas que, si le maire ne tient pas parole, le conflit reprendra de plus belle.

En danger de dérapage...

M. Chatel explique aujourd’hui que le contrat et les intentions de la ville ont été mal compris. Il ne visait selon lui qu’à permettre la publication de documents dans le cadre de la promotion du festival. Eh bien tant mieux ! Mais on se demande alors pourquoi la ville a attendu que le climat soit complètement pourri avant d’accepter de revoir sa copie.
Elle est donc, par sa passivité, la seule responsable d’un conflit qui a duré des semaines.
Les journalistes sont arrivés en cours de route. Une certaine presse s’est contentée de la parole du maire et de son adjoint. Une autre, comme L’affranchi, a cherché à comprendre les tenants et aboutissants du litige.
Notre fonction n’est pas d’inventer des événements qui n’existent pas. Nous en sommes bien incapables. Mais elle est de mettre le doigt là où ça fait mal (la fameuse «plume dans la plaie»).
En l’occurrence, elle est ici de ramener un ministre à la réalité du terrain. Ses bobards sur le problème des graphistes, ses déclarations fantaisistes sur les cinémas (voir page 5) et ses propos agressifs (voir ci-dessous) sont autant d’éléments qui soulignent une évolution un peu inquiétante du personnage public.
L’affranchi est là aussi pour freiner les élus qui nous mettent en danger de dérapage.



L’énervé, les secouristes et la ricaneuse

Au Conseil municipal, il y a toujours une majorité silencieuse qui se contente d’écouter et de voter comme le souhaite le maire. Ceux qui parlent sont d’abord le maire, puis quelques membres de l’opposition et enfin les adjoints quand sont évoqués les sujets de leurs domaines de compétences.
Quelles que soient les municipalités, ça a toujours été ainsi.
Chacune a toutefois ses particularités.
Pour celle de Chaumont, qui nous intéresse aujourd’hui, on notera un maire de plus en plus agressif. Luc Chatel n’attend même plus d’être attaqué pour envoyer des fions à ses adversaires. A Céline Gromek, qui se plaint de ne jamais disposer des documents qu’on lui a pourtant promis et qui lui permettraient d’éclairer son jugement, il répond : «Quand on n’a rien à dire sur le fond, on s’attache à la forme».
Et quand Lionel Blondelle, dont chacun sait qu’il sort d’une longue convalescence, s’excuse de ne pouvoir faire une analyse complète sur un exposé de 40 minutes dont il n’a pas de trace écrite, en disant (avec ironie il est vrai) «Je dois être fatigué», Luc Chatel commente : «Ça fait 13 ans que vous êtes fatigué».
Lorsque la gauche et le centre défendent des opinions différentes (sur les impôts), le maire s’énerve encore. «Mettez-vous d’accord», leur dit-il. Comme si, sous prétexte qu’ils s’opposent, les représentants des deux listes devaient forcément parler d’une même voix...
On voit de plus Luc Chatel s’impatienter assez vite lorsqu’un débat s’installe. Il n’est pas rare d’ailleurs qu’il passe au vote alors même qu’un membre de l’opposition cherche à développer encore ses arguments.
Et puis, dans les particularités locales, il y a ce que nous appellerons les «secouristes». Ce sont les élus qui interviennent dès qu’ils voient le maire en difficulté. Ce sont habituellement Christine Guillemy et Didier Cognon. La première vient généralement dire à la gauche que Luc Chatel est bien meilleur que l’ancien maire et ses amis. Le second est plutôt du genre à faire diversion. Il ramène le débat sur des sujets qu’il maîtrise bien ; et tant pis s’ils n’ont pas toujours un grand rapport avec la discussion en cours...
Il est intéressant de remarquer que les plus prompts à défendre le chef sont justement les deux élus qui, au départ, ne faisaient pas partie de la famille. L’une vient du MoDem, l’autre se définit comme proche de la gauche.
Enfin, il y a Céline Vancraeyneste. Celle que nous avons appelé «la ricaneuse». Elle s’esclaffe quand l’opposition s’exprime et elle commente chaque propos. Elle le fait généralement avec son voisin Vincent Galantier, mais assez fort le plus souvent pour qu’on puisse en saisir des bribes à l’autre bout de la salle. C’est ainsi que retentit parfois un cinglant : «Et pis quoi encore !...».
Vendredi dernier, à Patrick Lefèvre qui, faisant référence à l’épisode de la fatigue, lui reprochait de ne plus se maîtriser, Luc Chatel a répondu : «Je rebondissais simplement sur ce que Vincent Galantier avait dit auparavant...». Peut-être faut-il aussi chercher de ce côté pour trouver une part d’explication à son énervement...



Une ville de droite qui s’assume

Le Conseil municipal vient de modifier ses quotients familiaux et ses aides afin de pouvoir donner moins aux pauvres et un peu plus aux autres. Motif officiel : favoriser la mixité sociale. Sauf que...

Dans le calcul du prix de ses prestations, la ville tient compte des moyens financiers de ses habitants. A la piscine, à l’école de musique... et pour toutes sortes d’activités on ne paie pas le même prix selon qu’on est riche ou pauvre. L’idée étant bien sûr de rendre accessibles à toute la population, les services que la municipalité met en place dans l’intérêt général.
Différents tarifs sont donc établis en fonction des utilisateurs. Ceux-ci sont d’ailleurs classés en neuf catégories correspondant à leurs capacités financières. Le système est inspiré de celui de la Caisse d’Allocations Familiales et de ses quotients familiaux. Toutefois, en vue de la prochaine rentrée scolaire, la municipalité commence à prendre ses distances.

Plus de familles aisées dans le système des aides

Dans un premier temps, le conseil municipal vote une légère modification des tranches de quotients. Les cinq premières catégories (celles des revenus les plus bas) restent inchangées. En revanche, pour chacune des quatre catégories suivantes, le plafond est remonté de 3 %. Si bien qu’un peu plus de familles plus aisées vont pouvoir entrer dans le système des aides.
Par exemple, une famille de 2 enfants disposant d’un revenu mensuel moyen de 4284 euros était reléguée jusqu’à présent dans la dernière tranche ; celle où finalement on n’a droit à rien. Eh bien, grâce la nouvelle disposition, elle pourra encore figurer dans l’avant dernière catégorie avec 4412 euros.
Déjà, l’opposition n’apprécie guère. Thierry Gitton estime qu’il s’agit d’un mauvais signe envoyé aux plus défavorisés. Et c’est d’autant plus mal venu qu’on entre en période de crise. Luc Chatel qui, deux heures plus tôt, inaugurait les nouveaux locaux des Restos du cœur, déclare alors que, pour répondre à la crise, il a déjà prévu une augmentation de l’aide sociale d’urgence.

Moins d’aides aux plus pauvres et un peu plus aux mieux lotis

Dans un deuxième temps, la ville commence aussi à voter des changements qui reviennent à moins aider les catégories basses pour donner un petit coup de pouce aux familles se trouvant au dessus.
C’est le cas pour les séjours des enfants au Val André. Les pauvres vont payer un peu plus qu’avant et les riches un peu moins. Néanmoins, une certaine échelle reste respectée. En revanche, pour les séjours des familles au Val André, on bascule carrément dans une inversion des valeurs. Les catégories hautes recevront entre 50 et 60 % d’aides supplémentaires par rapport aux catégories basses.
Au nom de la gauche, Patrick Lefèvre s’étonne. Il croit à une erreur. Mais Céline Vancraeyneste, l’adjointe chargée des dossiers Education, Enfance, Jeunesse et Famille, assume complètement. Elle explique que le cumul des aides de la CAF et de la ville était extrêmement avantageux pour les plus pauvres. Si bien qu’on finissait par ne rencontrer plus que des enfants défavorisés dans les centres d’accueil ou de vacances. Or, il s’agit bien souvent d’enfants à problèmes, difficiles à gérer.
Soutenue dans cette démarche par Luc Chatel, elle est persuadée que son nouveau système va faire venir un nouveau public et rétablir une certaine mixité sociale.

Une solution «injuste et inefficace»

Lionel Blondelle remarque surtout que, par son action, la ville cherche à désarticuler la politique nationale de solidarité. Et Thierry Gitton rappelle que si l’intention de favoriser la mixité est parfaitement légitime, la solution préconisée à Chaumont est à la fois injuste et inefficace. Elle va simplement décourager les uns sans encourager les autres.
Il a probablement raison. On imagine bien que pour des familles à faibles revenus, quelques dizaines d’euros à payer peuvent s’avérer dissuasifs, alors que pour de plus aisées, 50 euros de réduction ne seront pas forcément incitatifs. De toutes façons, elles n’auront pas besoin de cela pour partir en vacances.
Ainsi on risque de perdre des jeunes, sans en attirer d’autres.
Et même si on arrivait à faire venir des jeunes issus de milieux plus favorisés, rien ne justifierait pour autant qu’on mette de côté les plus pauvres. A plus forte raison s’il s’agit, comme le dit Céline Vancraeyneste, d’un public plus difficile. C’est justement celui-là qu’il est important de sortir de son environnement habituel.
Quand on a la chance de pouvoir rassembler des jeunes posant problèmes, plutôt que les décourager, il nous semble plus judicieux d’en profiter pour essayer de leur apporter quelques solutions. Peut-être serait-il intéressant d’adjoindre quelques éducateurs aux habituels moniteurs ; histoire de bien encadrer les jeunes et de commencer à travailler sur l’avenir...

Un vrai positionnement idéologique

Si la recherche de la mixité avait été le seul objectif de la municipalité, elle se serait contentée de donner un coup de pouce aux classes moyennes et hautes. Mais le fait qu’elle ait en même temps éprouvé le besoin de pénaliser les plus pauvres, même de façon minime, trahit aussi un positionnement idéologique.
Chaumont n’est plus une ville de gauche et elle le revendique. Les “assistés” n’ont qu’à bien se tenir... Ne croyant guère aux vertus de la prévention, elle n’a pas envie de faire des efforts pour les jeunes turbulents. Et si jamais ils tournent mal, elle saura répondre à la délinquance... Déjà, elle a commencé à installer des caméras partout.
Sa remise en cause des subventions à la MJC procède de la même logique. De même que la fermeture du Foyer des jeunes travailleurs. Elle a récupéré la moitié des résidents à qui elle a offert des conditions nettement plus intéressantes dans des logements HLM. Mais elle s’est complètement désintéressée du sort de l’autre moitié.
Elle montre en fait qu’elle porte une attention particulière à ceux qui lui paraissent le mériter.
Bref, elle commence à installer une vraie politique de droite.


Impôts : taux inchangés, mais...

Comme il l’avait promis, Luc Chatel a veillé à ce que les taux des impôts locaux restent inchangés à Chaumont.
«C’est tout à votre honneur, lui a concédé Lionel Blondelle, mais nous ne sommes pas convaincus que c’était le mieux à faire».
La gauche estime que si on ne fait pas progresser un peu les impôts, il ne sera pas possible de mener à bien les projets nécessaires à la ville. Elle admet qu’on ne touche pas à la taxe sur le foncier bâti, déjà très élevées. Mais elle vote contre la stagnation des trois autres taxes.
Philippe Debref reproche au contraire, une augmentation des impôts locaux. Il constate en effet que les bases, sur lesquelles s’appliquent les taux ont naturellement progressé. Les Chaumontais vont donc se retrouver avec une augmentation moyenne de de plus de 2,3 %. Ce qui apportera à la ville une recette supplémentaire de plus de 400 000 euros.
L’élu centriste aurait voulu que le maire aille jusqu’au bout de sa démarche en baissant légèrement les taux, pour que les Chaumontais ne subissent pas la moindre augmentation d’impôts entre 2008 et 2009.
Il ne sera pas entendu.



Dénominations

Le conseil municipal a décidé de donner le nom de l’ancien maire et sénateur, Georges Berchet, à l’esplanade qui longe le Boulevard Gambetta. Ce qu’on avait jusqu’ici l’habitude d’appeler «promenade Gambetta».
De même, l’espace rencontre au Cavalier va devenir l’Espace Robert Genest. On se souvient que l’ancien premier adjoint avait été longtemps président de l’association du Cavalier.
Enfin, rendant hommage à l’ancien président de la Société d’horticulture, les élus ont transformé la promenade des Remparts en Promenade Jean Aubépart.

Lionel Thomassin
Vendredi 10 Avril 2009
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