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Conseil municipal : Et tout ça sans augmenter les impôts ?

Répondant à une question de Patrick Lefèvre, Luc Chatel confirme qu’il n’a pas l’intention d’augmenter les impôts durant tout le mandat. Extraordinaire, compte tenu des projets ! A moins que...



A l’écoute des projets, l’opposition s’est montrée tout aussi intéressée que la majorité. Toutefois, par la voix de Patrick Lefèvre, la gauche s’est déclarée plutôt sceptique. «Et tout cela sans augmenter les taux d’imposition !», s’est-il exclamé. Persuadé que la ville n’a pas les moyens de ses ambitions, il a réclamé un phasage d’ensemble. En fait, il veut bien croire que la ville puisse s’offrir un aménagement de quartier, un musée de l’affiche, une salle polyvalente, un centre aquatique, un stade de foot, etc. Mais pour lui il faut choisir l’un de ces objets pour le mandat et non pas tout à la fois. Il a l’impression que la municipalité n’a pas encore rassemblé toutes les données pour établir une planification budgétaire globale.
Il réclame donc une programmation pluriannuelle des investissements précisant leur opportunité, leur dimensionnement, leur coût global (y compris les aménagements indirects : comme le déménagement des services techniques pour faire place aux cinémas ou la réalisation de voiries pour la zone commerciale) et enfin les coûts éventuels de fonctionnement.
«La ville saura dégager 16 millions d’euros»
Luc Chatel répond qu’il n’a effectivement pas l’intention d’augmenter les impôts d’une ville qui en paie déjà trop. Il précise qu’une simulation a été réalisée avec la trésorerie générale sur les moyens financiers de la ville. Et il apparaît que, sur la mandature actuelle, la commune de Chaumont disposera d’une capacité d’investissement de 16 millions d’euros pour de nouveaux projets.
Ça veut dire qu’une fois les investissements ordinaires réalisés, elle saura dégager par emprunts et sur ses fonds propres une somme de 16 millions. Ce à quoi, il faudra ajouter les subventions de l’Europe, l’Etat, la Région, Conseil général... En imaginant que la ville réussisse à obtenir le maximum des co-financements possibles (on ne peut jamais aller au delà de 80 %), elle disposera donc de 80 millions d’euros pour monter ses nouveaux projets.
Ça paraît déjà un peu juste. Or, jusqu’à présent les co-financements obtenus avoisinaient plutôt les 40 %. Sachant que l’entregent de Luc Chatel et d’Elisabeth Allaire permettront probablement de faire mieux, il ne faut quand même pas compter sur beaucoup plus que 60 millions.

Le scepticisme de l’opposition

Mais là encore, l’opposition se montre sceptique. Elle sait déjà, mieux que quiconque, que la dette de la ville atteindra son maximum en 2009 et 2010. Et elle se demande où on va chercher les 16 millions d’euros. Elle sait que Luc Chatel entend conduire une politique de réduction des dépenses de fonctionnement. Mais, même s’il obtient les résultats escomptés, il devra faire face aussi à une baisse substantielle de la Dotation globale de fonctionnement, en provenance de l’Etat.
Le maire reconnaît qu’il s’attend à une baisse de 700 000 euros dès cette année. Et il en profite pour préciser que ça correspond à une baisse de la population (la faute à ceux qui ont laissé partir les habitants). Mais il ajoute que l’Etat n’abandonne pas les secteurs en difficultés puisque la dotation de solidarité urbaine va, elle, augmenter de 5 %.
Lionel Blondelle rappelle quand même qu’on se situe sur des ordres de grandeurs différents et que l’augmentation de la DSU est loin de compenser la diminution de DGF.

Le scoop de L’affranchi

Bref. On voit mal la ville réaliser tous ses nouveaux projets avant 2012. Sans compter qu’elle devra aussi apporter sa contribution à tout ce qui est déjà prévu dans le cadre de la rénovation urbaine, au Quartier Foch et ailleurs.
Cependant on sait que, pour quelques objets, elle se tourne vers la Communauté de communes du Pays Chaumontais. C’est le cas surtout pour la salle polyvalente (et peut-être aussi un centre aquatique). Cette jeune collectivité a encore de belles capacités d’emprunts devant elle. Elle peut donc apporter de quoi investir plus. Mais ça ne se fera pas sans augmenter les impôts.
Lors de la dernière réunion de la CCPC, il nous a bien semblé que le sujet n’était absolument pas tabou. Les délégués communautaires envisagent la chose avec sérénité. Et Luc Chatel, qui n’a pas été obligé de faire campagne pour être élu président, n’a rien promis de ce côté-là. Sauf que...
On sait que plus de 90 % des recettes fiscales de la CCPC viennent de la ville de Chaumont. Et comme les bases d’imposition des citadins sont bien plus élevées que celles des ruraux, chaque fois qu’on augmente les taux, les Chaumontais paient encore plus que les autres.
En exclusivité, L’affranchi est en mesure d’annoncer aux Chaumontais que, malgré les promesses du nouveau maire, ils vont payer plus d’impôts dans les années à venir.
Mais on sait aussi qu’ils n’ont jamais été dupes...



Une ébauche de programmation

Lors de la réunion du conseil municipal, Luc Chatel n’a pas fourni le phasage des divers aménagements tel que le réclame l’opposition. Mais il a livré ici ou là quelques dates et donné en tout cas pour chaque objet l’assurance qu’il serait, sinon déjà inauguré, du moins très avancé en 2012.
Voici ce qu’il a annoncé :
En 2009, la ville entend faire réaliser les études de programmation et lancer le concours d’architectes pour le Centre International du graphisme. Elle compte sur le début des travaux dans les cinémas. Enfin, toujours dans le quartier de la gare, elle attendra les résultats d’études sur le parking et la voirie.
Elle choisira le mode d’aménagement de la zone commerciale de La Vendue, consultera les opérateurs intéressés et elle modifiera les plans d’urbanisme.
Elle choisira aussi l’implantation de la salle multiactivités. Elle définira le cahier des charges de programmation et elle choisira le gestionnaire ainsi que le constructeur.
En 2010, elle imagine que l’aménagement des cinémas sera terminé. Elle lancera les travaux de la rampe qui passera derrière les cinémas. Et elle se penchera sur l’avant projet sommaire du Centre International du graphisme.
En 2011 et 2012 elle lancera les travaux du parking du quartier de la gare. Et elle attendra la fin de la deuxième phase des travaux de voirie, dans le même quartier.




Zone commerciale de La Vendue : pas tout de suite

Le projet de création d’une zone commerciale à La Vendue semblait devoir être le plus rapide à réaliser. La ville possède déjà une bonne partie des terrains (23 ha) et les enseignes candidates sont souvent prêtes à démarrer très vite.
Mais Luc Chatel a fait savoir qu’il souhaitait voir d’abord se stabiliser le commerce de centre-ville. Il sait par exemple que le départ des cinémas vers la gare va créer un vide impressionnant à la galerie Bouchardon. Il s’agira donc d’installer de nouvelles activités. De même si, comme elle le prévoit, la Caisse d’Epargne allait s’installer dans des locaux plus petits, il faudrait trouver à occuper le grand bâtiment de la rue Victoire-de-la-Marne.
En attendant, on sait que 31 enseignes, dont deux hôtels et deux restaurants, sont prêtes à s’installer à La Vendue. De même, 16 promoteurs (dont Les Arches) se déclarent prêts à monter l’opération.
Marie-Claire Richard s’interroge cependant sur l’opportunité du projet. Elle juge que la zone de chalandise choisie pour justifier les implantations nouvelles, est bien ambitieuse. Et puis elle doute que le commerce local ait lieu de s’étendre beaucoup à l’heure où les achats en ligne prennent toujours plus d’ampleur.
Luc Chatel constate que beaucoup de Chaumontais vont encore faire leurs courses à Dijon ou Troyes. C’est pour lui un argument suffisant pour essayer de renforcer l’offre localement.
Thierry Gitton remarque que, sur les 60 hectares réservés à la zone commerciale, 25, qui appartiennent à l’armée, sont en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique). Le maire lui répond que cette partie a été réservée en cas de besoin, mais qu’il y a peu de chance pour qu’on y vienne un jour.




Un éco-quartier et une caserne de pompiers au dépôt SNCF

Vendredi dernier, à l’occasion de la Sainte-Barbe, Luc Chatel a annoncé au pompiers que le projet de caserne sur la zone Plein’Est était abandonné. Il a décidé qu’elle serait construite au dépôt SNCF.
Le lendemain, il a rapidement présenté le projet au conseil municipal.
Cette caserne serait implantée au nord de la zone, sur un terrain de 3,7 hectares appartenant à Hamaris (l’ancien OPAC) et à Chaumont Habitat (l’ancien OPHLM). La ville s’est engagée à donner une subvention de 160 000 euros au Service départemental d’incendie et de secours pour payer le terrain. C’est ce que l’ancienne municipalité avait prévu pour l’implantation à la Croix Coquillon.
Les premiers travaux pourraient commencer en 2010.
Par ailleurs, sur la partie du Dépôt SNCF qui appartient désormais à la société Les Arches, la ville projette de créer un éco-quartier.
C’est le sujet qui a été le moins développé devant le Conseil municipal.
On notera que, sur 9 hectares, la ville veut que soient construits des logements répondant à différents critères environne- mentaux, très peu gourmands en énergie. Elle se renseigne sur des expériences similaires menées dans différentes villes. On apprend alors qu’elle envisage de monter un projet atypique (si possible avec un partenaire privé)et de participer au concours des éco-quartiers de France en 2010.




La salle multiactivités sera installée à La Vendue

Encore un sujet dont on ne sait pas grand chose...
En fait la ville est allée visiter plusieurs types de salles capables d’accueillir à la fois des spectacles, du sport et des congrès. On sent qu’elle est séduite par celle de Montbéliard. mais avec ses 4 000 à 5 000 places assises, elle paraît un peu grande.
L’idée étant de la confier à un exploitant, Elisabeth Allaire suggère de trouver l’exploitant avant et de définir avec lui les caractéristiques et les dimensions qui seront gages d’une bonne rentabilité.




Deux ans pour refaire l’éclairage

La ville décide de refaire tout son éclairage public. Elle choisit d’utiliser un système de LED (Diodes Electro-Luminescentes) permettant de réaliser 30 % d’économies d’énergie par rapport à l’existant. Elle souhaite finalement mettre en place un partenariat public privé qui l’aiderait à changer les 4 000 points lumineux actuels en 2 ans (au lieu de 10 ou 15 habituellement).
L’opération est estimée à 4 millions d’euros. Avec l’aide du privé la ville espère tout mettre en œuvre rapidement et rembourser en 15 ans. L’investissement aurait l’avantage de faire réaliser tout de suite des économies de fonctionnement.





Pas de stade en vue
Persuadé que la ville n’arrivera jamais à faire tout ce qu’elle projette, Patrick Lefèvre s’étonne qu’ait pu être annoncée, en plus, la création d’un stade de football aux Lavières, en remplacement du Georges-Dodin. Le projet a en effet été divulgué par Gérard Groslambert, le Premier adjoint chargé des sports, lors de l’assemblée générale du Chaumont-Football-Club.
Luc Chatel répond qu’il n’en est pas question. En tout cas pas sous cette mandature.
En fait, la ville a bien l’intention de monter un projet dans les années qui viennent. Mais ça servira surtout à obtenir un renouvellement de dérogation pour l’utilisation du stade Georges Dodin. Les autorités du foot seront en effet plus enclines à prolonger l’agrément du vieux terrain, si on leur présente les plans d’un nouveau stade.
Mais, comme nous l’écrivions déjà dans notre édition du 21 novembre, rien ne dit que le projet verra le jour. Ne serait-il pas plus simple de remettre l’ancien stade aux normes ?

Profil bas
Lors de la précédente réunion du conseil municipal, l’opposante de gauche Marie-Claire Richard avait mis en garde Luc Chatel contre l’irrégularité d’une délibération. La ville voulait se donner la possibilité d’excercer son droit de préemption en cas de vente de fonds de commerces au centre-ville, histoire d’empêcher la prolifération de banques ou d’assurances dans des rues commerçantes.
Marie-Claire Richard, bientôt soutenue par Céline Gromek (opposition du centre) avait expliqué que, ne s’appuyant pas sur un rapport circonstancié de la situation existante, la délibération n’était pas conforme à la loi. Le maire les avait alors renvoyées dans leurs cordes persuadé que le contrôle de légalité (exercé par le préfet) allait lui donner raison.
Samedi dernier, Luc Chatel est revenu avec sa délibération accompagnée d’un beau rapport tout neuf. Il a dû inviter le conseil à voter à nouveau. Mais il a eu l’intelligence de le présenter en disant : «Mme Richard avait très justement fait remarquer...».
L’intéressée ayant eu l’élégance de ne pas en rajouter, on en est resté là...

43 800 euros pour les illuminations
De nombeuses guirlandes de Noël (mais pas toutes) sont changées au profit de décorations lumineuses moins gourmandes en électricité. Un marché a été passé avec une entreprise de Lusigny-sur-Barse pour l’installation de l’ensemble dans les différentes rues et allées de la ville. La facture atteint pratiquement 43 800 euros TTC.

Lionel Thomassin
Vendredi 12 Décembre 2008
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