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Conseil municipal : Ces dépenses imprévues

Le Conseil municipal, qui s’était déjà accordé un crédit de 310 000 euros pour faire face aux dépenses imprévues (c’est là dessus que sera payé le solde du concert de Calogero, soit 75 000 euros), vient de s’en octroyer 550 000 de plus. Cette somme était prévue pour acheter les terrains de la SNCF, près de la gare. Mais la transaction ne sera pas possible cette année. Il faudra attendre 2009. La ville en profite donc pour lancer en 2008 un train de nouvelles dépenses. On trouvera pêle-mêle des caméras installées au centre-ville, une station d’épuration pour la SPA, la sécurisation du bureau du maire, le toit de l’école Jean-Macé, des études diverses, etc



La réunion du Conseil municipal, jeudi 10 juillet, se justifiait surtout par la nécessité de réajuster le budget de la ville. La principale modification venant d’une dépense qui ne pourra pas se faire en 2008.
La ville avait programmé l’acquisition des terrains proches de la gare. Il y en avait pour plus de 580 000 euros. Mais la SNCF et Réseau ferré de France ont toujours bien du mal à s’y retrouver. La transaction ne pourra se réaliser qu’en 2009.
La dépense sera donc inscrite dans le prochain budget. Mais en attendant, rien n’empêche d’utiliser autrement la somme initialement prévue. C’est ainsi que la municipalité a décidé d’engager de nouvelles dépenses en 2008.
L’une d’entre elle est déjà bien visible, c’est le grand château gonflable installé au Boulingrin à l’intention des enfants. A l’origine, la ville avait choisi de louer la structure. Elle a finalement trouvé plus économique de l’acheter (pour 7 000 euros) plutôt que de payer un loyer un peu lourd.
Autre dépense déjà réalisée : l’achat de plaques (7 000 euros) pour couvrir une partie du stade Gagarine et de la piste d’athlétisme lorsqu’on y donne des concerts. Elles servent surtout à limiter les dégâts causés par les véhicules transportant scène et matériel.

50 000 euros pour la surveillance vidéo du centre-ville

Toutes les dépenses nouvelles engagées dans cette procédure ont été adoptées à l’unanimité. Toutes sauf une en fait : celle qui permettra d’installer des caméras de surveillance au centre ville. Quatre sont prévues dans un premier temps. Il y en aura pour 50 000 euros (avec la surveillance).
Les deux oppositions s’opposent parce qu’elles n’aiment pas le principe et qu’elles doutent de l’efficacité. Mais Luc Chatel rappelle qu’il s’agissait d’un engagement de campagne et que la police trouve ça très bien. Il prétend qu’on va pouvoir enfin prévenir les incivilités et délits se déroulant dans les ruelles situées aux abords du collège Camille Saint-Saëns.
A cette dépense il faudra aussi ajouter celle d’alarmes et systèmes (7 000 euros) pour sécuriser le bureau du maire.
Philippe Debref suggère qu’on envoie la note à Bercy. Mais Luc Chatel affirme que ça n’a rien à voir avec ses fonctions de ministre. Il estime que tout le rez-de-Chaussée où travaille aussi la direction générale des services est vulnérable depuis la rue et qu’il faut le sécuriser.

Toiture de l’école Jean-Macé, station d’épuration à la SPA...

La ville vient encore de décider d’acheter une tondeuse (40 000 euro) et elle se voit contrainte de changer une sauteuse (une cuisinière en fait) au Val André (8 380 euros).
Elle prévoit encore divers travaux dans les locaux de la Communauté de communes (13 600 euros). Elle installe une aire de jeux rue Fleming (25 000 euros). Elle engage des travaux à Brottes pour 72 000 euros (construction d’un atelier pour l’employé municipal, étude de réfection de la salle des fêtes, étude pour la réfection de la rue du Corgebin...).
Elle lance un nouvel aménagement pour les camping-cars au port de la Maladière (25 000 euros).
Elle refait aussi la toiture de l’école Jean-Macé (60 000 euros). Elle fait étudier des modification du Plan local d’urbanisme, pour intégrer les projets annoncés durant la campagne (gare, Vendue, dépôt SNCF, etc.). Ça fera 11 250 euros de plus que prévu.
Elle participe à la remise aux normes du bâtiment SPA à Buxières-les-Villiers. Il s’agit de créer une micro-station d’épuration. La ville prenant la moitié de la dépense à sa charge, ça fera 50 000 euros. Elle pense quand même demander une participation aux autres communes qui, elles aussi, utilisent la SPA comme fourrière.

Calogero et le reste

Au nombre des dépenses non programmées, la ville compte aussi l’étude que l’ancienne municipalité a fait réaliser pour l’utilisation de la SERNAM (25 000 euros). Ça ne servira à rien puisque les nouveaux élus ont d’autres projets. Mais il faut quand même la payer.
Enfin, il existe une autre série de dépenses imprévues. Celles-là étaient plus ou moins anticipées puisqu’une ligne de 310 000 euros avait été inscrite au budget primitif. Ce qui est assez logique : quand on arrive on ne sait pas toujours à quoi il faudra faire face.
Sur ce budget, on sait déjà qu’il faudra compter le concert de Calogero. Il a coûté 108 000 euros (73 000 de cachet et 35000 de technique). Et il a rapporté 33 000 euros d’entrées. Ça fera donc 75 000 euros à la charge de la ville.
On note aussi une dépense de 5 400 euros pour le journal de l’OMS (un rattrapage explique-t-on).
Lionel Blondelle est persuadé que les 310 000 euros prévus pour l’année sont déjà engagés. Il essaie de le faire dire à l’adjointe au finances, Elisabeth Allaire. Mais il n’obtiendra rien...
On notera quand même une autre dépense non-réalisée, en plus de celle de l’achat de la gare. C’est celle des travaux au terrain de camping. Il y en avait pour 35 000 euros. Mais comme Luc Chatel à l’intention de passer des accords avec un privé, il juge qu’il vaut mieux ne rien entreprendre en ce moment.

MJC : comme un parfum d'intentions inavouables

Le conseil adopte un avenant à la convention entre la ville et la MJC. Il s’agit surtout de subventionner l’opération «Passeur d’images». C’est normal car sans cela, la ville devrait se priver d’une animation (la projection de films en plein air) appréciée par les Chaumontais en été.
Mais on comprend bien vite qu’il n’est toujours pas question de donner le reste des 60 000 euros manquants.
Les premières déclarations de Luc Chatel laissent croire un temps que tout peut encore s’arranger. Il évoque le renouvellement de la convention triennale qui arrive à son terme et qu’il faudra renégocier en octobre. Et il explique que, d’ici là, la MJC n’est pas en danger. Le trésorier lui a confirmé que les remboursements de l’URSSAF, liés aux avantages de la Zone de revitalisation rurale devraient permettre de payer les salaires, en attendant.
Mais Lionel Blondelle fait remarquer que la délibération est rédigée de telle sorte qu’il n’est pas prévu d’apporter autre chose en 2008. Alors Luc Chatel admet et commente : «Nous n’accepterons jamais ce que vous avez accepté pendant des années».
Lionel Blondelle tient tout de même à rétablir une vérité : «La MJC a souvent rendu ses comptes en retard, mais elle a toujours donné des bilans exacts».
«J’en doute», répond Luc Chatel en cherchant du regard les anciens conseillers, qui baissent la tête... Il faut se rendre à l’évidence : il n’y a jamais eu de malhonnêteté de la part de la MJC. Lionel Blondelle affirme que la ville n’a jamais dilapidé l’argent public en subventionnant la MJC.
Christine Guillemy vient alors au secours de Luc Chatel en déclarant que la sanction se situe dans le droit fil des dispositions préconisées par l’audit réalisé sur la MJC.
Peut-être, mais une sanction de 60 000 euros pour un retard, ça fait cher payer. D’autant qu’à terme ça vamettre la MJC dans une situation impossible.
L’acharnement à vouloir sanctionner durement, quelque soient les arguments et quoi qu’il en coûte à l’association, laisse une drôle d’impression.
La gauche vote contre la délibération. Philippe Debref, qui n’a pas suivi tout le débat, accepte de voter avec la majorité si le maire lui confirme qu’elle ne met pas en péril l’avenir de la MJC. Luc Chatel le rassure et il vote. Plus tard dans la soirée, s’étant renseigné autour de lui, Philippe Debref déclarera s’être fait rouler dans la farine...

L’ai-je bien évacué ?

En réponse à la question d’un opposant, Luc Chatel déclare : «C’est un sujet qu’on a évacué tout à l’heure... Pardon ! Je voulais dire : qu’on a évoqué...».
Le lapsus est un tantinet révélateur. Car si Jean-Claude Daniel était un spécialiste pour allonger les débats, le nouveau maire, à l’inverse, entend tout mener au pas de charge. En moins de trois heures il torche un conseil qui aurait auparavant duré plus du double.
Lionel Blondelle s’en inquiète un peu lorsque passent les rapports sur l’eau et sur le chauffage de La Rochotte. Autrefois, ça prenait des heures avec projection vidéo et intervention des techniciens. Désormais, ça n’occupe guère plus d’une minute.
Luc Chatel considère qu’il n’y a pas besoin de les voir. Les élus ont pu les lire avant et assister aux réunions de la commission consultative des services publics locaux. On ne s’arrête donc sur le sujet que si un conseiller a une question précise à poser.
Lionel Blondelle se demande si on ne pourrait pas trouver un juste milieu. Il souhaite qu’un rapport succinct soit fait devant le conseil, de sorte que la population soit informée un minimum.
Réponse étonnante alors de Christine Guillemy : «Mais les habitants sont représentés au sein de la commission !». Ainsi donc, il n’y aurait plus besoin d’informer les Chaumontais au prétexte que quelques-uns d’entre eux participent aux travaux.
Il y a encore quelques mois, si Jean-Claude Daniel avait osé faire ce type de réflexion à Christine Guillemy, alors opposante, elle se serait fâchée. Et elle aurait eu raison.
L’image que donne l’ancienne représentante locale du mouvement démocrate depuis qu’elle est passée du côté du pouvoir n’est pas faite pour nous réconcilier avec les hommes et femmes politiques.

Régularisation

Le nouveau Directeur général des services de la ville (Jean-Michel Zupan) va bientôt pouvoir disposer d’une voiture et d’un logement de fonction. On va aussi lui accorder la prime de responsabilité. A partir du 4 août en fait, lorsque l’ancien DGS (François Lavandier) sera officiellement parti en retraite.
Le Conseil en profite pour voter la délibération en bonne et due forme. Luc Chatel explique en fait que l’ancien touchait cette prime alors qu’elle n’avait jamais été votée par les élus.

Pas de feu pour les vaches

Pour pouvoir tirer le feu d’artifice depuis le viaduc, la ville signe une convention avec la SNCF et paie 2 000 euros. Elle se voit contrainte aussi d’évacuer les animaux qui paissent sous l’édifice.Il faut éviter aux vaches d’avoir une peur bleue. C’est déjà arrivé et ça a fait des dégâts...

Lionel Thomassin
Samedi 12 Juillet 2008
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