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Conseil général : La crise (et la CGT) s’invitent

A l’inititiative de la CGT qui s’est invitée pour en parler, mais pas seulement, il a beaucoup été question de la crise et des marges de manoeuvre du Conseil général lors de la dernière session de l’assemblée départementale.



Une délégation d’une vingtaine de militants de la CGT s’est invitée à la dernière session du Conseil général pour apostropher les élus sur la crise. 
Evoquant le chômage partiel, les femetures d’entreprises et les ruptures de contrats de travail, Jérôme Marcel a précisé que la crise n’était pas vécue par tout le monde de la même manière : «Les salariés sont les boucs émissaires de ce système capitaliste à bout de souffle où seuls les plus riches, les plus habiles au jeu boursier, s’en sortent et s’en sortent même plutôt bien !»
Et le leader de la CGT de s’interroger sur les mesures gouvernementales : «Les milliards d’euros injectés ici ou là ne sont bénéfiques qu’au côté employeurs. Il n’y a rien pour les salariés et notamment pour ceux qui ont une perte de revenu considérable en ces temps difficiles. La nationalisation des banques privées n’est pas du meilleur effet lorsque ce même gouvernement veut privatiser à tout va (hôpital, La Poste, bientôt EDF, la Sécurité sociale via les mutuelles). Le travail du dimanche est hors sujet. A noter aussi que mettre les enfants de 12 ans en incarcération ne fera pas fléchir la courbe du chômage ! A noter encore que la crise est un bon prétexte pour le gel des salaires. Pourtant, celui des patrons et des grands patrons n’a pas suivi le même chemin : augmentation constante en France, plus forte que la moyenne européenne». 
De son côté, Olivier Koch, secrétaire de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie CGT, a rappelé que «toute la branche métallurgie de Haute-Marne prend des mauvais coups» et que le devoir des élus départementaux est de «mettre en œuvre des mesures face aux baisses d’activité que subit le tissu économique haut-marnais». 
Bruno Sido a répondu que la rigueur budgétaire et la politique d’investissement du Conseil général constituaient une première réponse. Il a aussi souligné l’action du GIP en faveur du développement économique. Mais il n’a pas vraiment convaincu ceux qui étaient venus l’interpeller. 



débat sur les investissements

Face à la crise, la politique du Conseil général de la Haute-Marne consiste à maintenir les investissements à un niveau assez élevé, à limiter les dépenses de fonctionnement et à emprunter davantage pour équilibrer le budget et éviter d’avoir à augmenter les taux d’imposition. Voilà en gros ce que Bruno Sido a proposé à ses collègues lors de la session des 11 et 12 décembre consacrée au vote du budget 2009. 
L’an prochain, le budget du Conseil général devrait donc s’élever à 211 millions d’euros, dont 65 millions d’euros d’investissement dans les collèges, les maisons de retraite, les projets économiques et touristiques (pôle technologique de Nogent, parc d’activité de Breuvannes-Damblain, syndicats du Der et des 4 lacs, Animal Explora, etc). «Ces investissements, ce sont des commandes publiques pour soutenir l’emploi», a tenu à préciser Bruno Sido. «C’est un peu notre plan de relance». 
Alors que le président souhaitait les stabiliser, les dépenses de fonctionnement augmentent malgré tout de 6% par rapport à 2008 pour atteindre la somme de 146 millions d’euros. 
Cette progression s’explique par la hausse des dépenses du personnel liée à l’intégration de nouveaux agents des collèges et de l’Equiment et aux compensations insuffisantes de l’Etat, à l’augmentation des dépenses sociales (en particulier, du fait de la montée en puissance de la prestation de compensation du handicap) et au coût grandissant (à cause d’une réorganisation) des transports des élèves handicapés et des élèves de Segpa. 

Un surcoût de 3,5 millions d’euros en fonctionnement

Au total, si l’on retire les 500 000 euros d’économies qui ont tout de même été réalisés en matière de fonctionnement, cela fait un surcoût de 3,5 millions d’euros.
Didier Jannaud (PS) n’est pas d’accord avec cette vision des choses. D’abord, il ne souhaite pas voter les recettes du budget du Conseil général parce qu’il y voit un désengagement de l’Etat. Ensuite, il trouve que l’emprunt proposé (18 millions d’euros) est trop élevé. Convaincu que «le pire est à venir», en ce qui concerne la crise économique et sociale, il suggère de conserver des moyens pour y faire face. Et, en attendant, de réduire un peu les investissements (notamment celui portant sur Animal Explora). 
Ènfin, Didier Jannaud demande à Bruno Sido «un engagement ferme sur la non augmentation des taux d’imposition en 2009». 
«Je n’ai pas l’intention d’augmenter les taux», lui répond le président. «Mais je vous propose quand même, avant de prendre la décision, de savoir de combien les bases vont augmenter».
En revanche, Bruno Sido -soutenu par plusieurs intervenants dont Jacques Labarre, Antoine Allemeersch, Jean-Jacques Bayer, Charles Guené ou encore Jean-Marc Fèvre- maintient que ce n’est pas le moment de diminuer les investissements. 



Bouzon, le retour

Après de longs mois d’absence, liée à une hospitalisation, le conseiller général communiste Jean-Luc Bouzon a fait un retour triomphal au Conseil général, ce jeudi 11 décembre. Profitant de la présence d’une délégation de la CGT qui s’était invitée pour parler de la crise, il a rapidement pris la parole et lancé au président Bruno Sido : «Moi, je suis pour que les élus soient sous le contrôle des citoyens». Réponse de l’intéressé, et première pique : «Ils le sont ! Mais ce n’était pas le cas du Politburo...» Jean-Luc Bouzon : «Vous êtes tombé aussi bas?»
Tout au long de la matinée, le président et son opposant vont ainsi s’apostropher. Mais il faut croire que ces deux-là s’aiment quand même. Car à un moment, Bruno Sido a confié à l’élu bragard : «Je suis content que vous soyez revenu en pleine forme !». Et ce dernier lui a répondu : «Vous m’avez manqué !». 

Ce Maillot qui «mouille la liquette»

«S’il y a un canton qui bouge, c’est bien celui de Denis Maillot. Et c’est parce qu’il mouille la liquette...» Ce compliment adressé au conseiller général de Vignory, qui n’appartient pas à la majorité départementale mais au groupe socialiste, vient d’Antoine Allemeersch. Lequel aimerait que tous ses collègues de la droite et du centre imitent son exemple. Il y a des compliments qui peuvent être embarrassants.

Bruno Sido, le fataliste

La décentralisation est un piège redoutable. Au départ, l’Etat a compensé, à l’euro près, le transfert de ses agents au Conseil général. Mais aujourd’hui, le Département doit faire face à des augmentations de dépenses non compensées, liées au GVT (glissement vieillesse technique) et aux variations du point indiciaire. Bref, à l’ancienneté et aux évolutions de carrière. Coût total pour 2009, uniquement en ce qui concerne les agents transférés : 1 million d’euros. Répondant à la gauche qui accuse l’Etat de se désengager, Bruno Sido se montre assez fataliste : «Je ne cherche pas de bouc-émissaire. Les 1300 milliards de dette de l’Etat, c’est nous tous». 
L’Etat peut-il pour autant tout se permettre?

Christophe Poirson
Vendredi 12 Décembre 2008
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