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Conseil général : «L’année 2009 ne sera pas facile»

Malgré la bonne santé financière du Conseil général et l’argent du laboratoire de Bure, Bruno Sido ne cache pas que «l’année 2009 ne sera pas facile». En revanche, il pense que le département ne risque pas grand chose avec la réforme des collectivités locales.



Pour 2009, le président du Conseil général Bruno Sido entend stabiliser les dépenses de fonctionnement, poursuivre une politique d’investissement à hauteur de 60 millions d’euros, tout en conservant un faible niveau d’endettement. «C’est quasiment la quadrature du cercle», a-t-il reconnu lors de la dernière session, le 24 octobre. Avant d’ajouter : «L’année 2009 ne sera pas facile. Le ralentissement économique est là. Et il ne faut pas attendre de miracle de l’Etat».
Diminution de la population oblige, le Conseil général de la Haute-Marne risque ainsi de voir sa dotation de fonctionnement baisser de 350 à 400 000 euros. Mais «c’est moins sévère pour le département que pour les villes de Chaumont, Saint-Dizier et Langres», tempère Bruno Sido. Il est vrai que dans la cité-préfecture, ce sont environ 750 000 euros qui vont manquer dans les caisses.

«Sans l’argent du GIP, il n’y aurait pas eu le Mémorial»

Reste que, comme le reconnaît Didier Jannaud (groupe socialiste), «le Conseil général est dans une situation financière des plus saines». Mais c’est aussi, selon lui, grâce aux fonds d’accompagnement du laboratoire souterrain de l’Andra. «J’espère que le labo va encore durer pendant une cinquantaine d’années», lâche même cet opposant historique à l’enfouissement des déchets radioactifs.
Bruno Sido est sur la même longueur d’onde. «Si le Conseil général est en bonne santé, c’est aussi grâce au GIP, même si j’ai toujours veillé à ce qu’il n’y ait pas d’addiction du Conseil général au GIP », renchérit-il. «C’est une politique inverse à celle de la Meuse. Mais, pour ne prendre qu’un exemple, s’il n’y avait pas eu l’argent du GIP, il n’y aurait pas eu le Mémorial de Colombey».

Tout pour ne pas augmenter les impôts

Cela dit, certaines dépenses du Conseil général, notamment en matière sociale, risquent d’augmenter d’une façon assez importante en 2009. «Aujourd’hui, pour boucler le budget, en maintenant nos investissements, il faudrait trouver 4 millions d’euros, c’est-à-dire dix points de fiscalité», révèle Bruno Sido. «Est-ce qu’on les trouvera au GIP ? Je n’en sais rien. Mais avec la crise économique et financière, je ne suis pas sûr qu’il soit opportun d’augmenter les impôts. Je ferai tout pour que ce ne soit pas le cas».
Le budget primitif 2009 sera discuté en décembre. Mais le vote des taux d’imposition ne devrait pas intervenir avant le mois de mars. D’ici là, la crise sera peut-être terminée…




Bruno Sido ne croit pas à la suppression des départements

En tant que secrétaire général de l’Assemblée des départements de France, Bruno Sido a été reçu le 23 octobre par le Premier ministre François Fillon pour parler de la mise en place du comité Balladur et du projet de réforme des collectivités locales. «Les départements ne risquent pas grand-chose», a-t-il confié le lendemain à ses collègues du Conseil général de la Haute-Marne. «On leur a confié tellement de compétences. Et il n’y a aucune économie à réaliser. De toute façon, François Fillon nous a dit que cela ne figurait pas dans le programme du président de la République, qui ne connaît que deux collectivités : la commune et le département. Il ne s’est jamais intéressé à l’intercommunalité et à la région».
«Il ne faut pas que les départements se sentent visés, nous a dit François Fillon», a poursuivi Bruno Sido. «Mais il faut chercher à faire des économies, clarifier les compétences et aboutir à une simplification administrative.»
Tout en défendant le maintien des départements, le président du Conseil général de la Haute-Marne reconnaît qu’il y a des choses à faire : «On peut se demander pourquoi il y a un département et une région en Martinique. Même chose pour la Corse. Si l’on arrive à faire le Grand Paris, on peut aussi s’interroger sur l’existence des départements de la petite couronne parisienne. On peut tenir le même raisonnement pour Lyon, Marseille et d’autres grosses agglomérations comme Lille-Roubaix-Tourcoing. Mais on voit bien qu’il y a 50 ou 60 départements ruraux qui ne pourront pas disparaître, eu égard à leur taille.»

«On ne voit jamais le président de Région en Haute-Marne»

Bruno Sido en veut pour preuve le fait qu’ «on ne voit jamais le président de Région en Haute-Marne». Et il s’empresse d’ajouter : «On ne peut même pas lui en vouloir, parce que la région est grande… »
Mais il y aurait selon lui, dans ces conditions, un énorme risque à voir disparaître les conseils généraux au profit des régions. D’abord, mises à part les indemnités d’élus (ce qui reste tout de même anecdotique), Bruno Sido se demande quelles économies on pourrait réaliser : il y aura toujours besoin d’assistantes sociales, de personnel dans les collèges et d’agents sur les routes. Ensuite, il voit mal comment des compétences qui nécessitent une certaine proximité, comme l’aide sociale, les transports scolaires ou l’entretien des routes, pourraient être exercées depuis Châlons.
En revanche, dans un souci d’efficacité, ça ne le dérangerait pas de se voir attribuer, en plus des collèges, la gestion des lycées et des écoles.
En privé, Bruno Sido ajoute en riant qu’il n’imagine pas que le gouvernement soit prêt à supprimer les départements -dont 44 sont à droite- alors que toutes les régions, à part l’Alsace et la Corse, sont à gauche…




Les coudées Franches

Merci le nucléaire
Lors de la dernière session plénière du Conseil général, Antoine Allemeersch n’a pas manqué de se féliciter de la récente visite à Bure et Saudron d’éminents scientifiques dans le cadre de la conférence Euradwaste organisée par la Commission européenne. «On a failli avoir droit à la venue du ministre Jean-Louis Borloo, qui a finalement été remplacé par le directeur de l’énergie et du climat au ministère de l’environnement», a précisé l’élu. Et de conclure, citant entre autres les projets d’usine biomasse en partenariat avec EDF et les perspectives liées au Grenelle de l’environnement : «Aujourd’hui, l’environnement va être un atout non négligeable en terme économique pour la Haute-Marne et la Meuse».
Pour Bruno Sido, qui a eu l’occasion d’accompagner dernièrement la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet à Varsovie et d’évoquer toutes ces questions-là avec les Polonais, le nucléaire civil représente une véritable «chance pour la France».

Après le Y, le X
Répondant à une interrogation de Didier Jannaud, Bruno Sido a précisé l’autre jour au Conseil général que le fameux X autoroutier (avec la liaison entre Langres et Belfort) était, à sa connaissance, un «projet toujours d’actualité», malgré le Grenelle de l’environnement et l’abandon d’un certain nombre d’autres projets d’autoroutes. Mais la mise en service n’est pas prévue avant 2018…

Pas un kopeck pour le Paris-Troyes
Selon Bruno Sido, il manque aujourd’hui 45 millions d’euros pour réaliser l’électrification de la ligne SNCF entre Paris et Troyes. Mais il prévient : «Il est hors de question que la Haute-Marne mette un kopeck dans cette affaire. Car on sait très bien qu’on n’aura jamais l’électrification jusqu’à Chaumont».

Les hôpitaux vont changer de présidents

Précision du sénateur Bruno Sido : avec la future loi Bachelot, ce ne sont plus les maires et les présidents de conseils généraux qui seront présidents des conseils d’administration des hôpitaux.
Pas sûr que ce soit une bonne nouvelle pour les établissements de Chaumont et Langres, même si le pouvoir réel des élus était jusqu’à présent limité.

Christophe Poirson
Vendredi 31 Octobre 2008
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