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Colombey : dommage que les gendarmes aient gâché la fête !

Selon le maire Pascal Babouot, le village de Colombey -où la distribution du courrier a même été interdite- n’a jamais été bouclé comme il l’a été pour la venue de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Même du temps du Général… Résultat : beaucoup moins de visiteurs que prévu. A lire aussi des échos sur les commerçants réquisitionnés pour rien, les problèmes de communication du Conseil général, le train spécial Paris-Chaumont, le string de Colombey le plus célèbre et les premiers chiffres de fréquentation du Mémorial.



Colombey : dommage que les gendarmes aient gâché la fête !
Combien de gendarmes, de CRS et policiers ont été mobilisés le 11 octobre, jour où Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont venus à Colombey-les-Deux-Eglises inaugurer le Mémorial Charles de Gaulle, fleurir la tombe du Général et tenir un mini-sommet franco-allemand ? Voilà une question bien embarrassante pour la préfecture qui n’a pas été fichue de nous répondre. Mais, selon nos estimations, validées par plusieurs représentants des forces de l’ordre qui étaient sur place, il y avait bien au total au moins 400 personnes. Ce qui fait quand même beaucoup, dans un village qui ne compte guère plus d’habitants (1).
Quand les dirigeants de deux pays arrivent quelque part, il y a évidemment des mesures de sécurité à prendre. Et l’on comprend qu’il ait par exemple fallu montrer patte blanche (un carton d’invitation ou un badge d’accréditation) pour accéder au Mémorial lors de la cérémonie officielle. Mais fallait-il pour autant boucler tout le village, au point d’en interdire l’accès ?
Avant même 9 heures du matin (alors que l’arrivée de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’était prévue qu’à 11 h 15), les gendarmes ont mis en place des barrages filtrants sur les routes environnantes. Ainsi, les automobilistes en provenance de Chaumont et se dirigeant en direction de Colombey étaient arrêtés à Juzennecourt. S’ils n’avaient pas d’invitation, ils devaient emprunter une autre route. Tant pis pour ceux qui n’avaient même pas l’intention de s’arrêter dans le village du Général de Gaulle !

Colombey : dommage que les gendarmes aient gâché la fête !
Des militants UMP, qui n’avaient pas été officiellement invités mais rameutés par le secrétaire général Patrick Devedjian pour faire la «claque» au moment du bain de foule, ont ainsi été refoulés.
Résultat de cet excès de zèle : si l’inauguration du Mémorial s’est déroulée en présence des 700 ou 800 personnes attendues (1500 invitations avaient été envoyées), il y avait beaucoup moins de monde que prévu devant le cimetière et sur la place de l’église. Le Journal de la Haute-Marne a parlé de 2500 personnes. Mais selon des sources policières, il n’y en avait guère plus de 1500. Alors que l’Elysée en espérait 5000…
«On savait que 3000 militants de l’UMP avaient décidé de venir», précise le maire de Colombey Pascal Babouot. «Avec les Haut-Marnais et les simples curieux, ce chiffre de 5000 n’avait rien d’extraordinaire. Mais il y a des gens qui n’ont jamais pu entrer dans le village. C’est scandaleux. Ce n’est pas ce qui avait été prévu avec le préfet au moment des réunions de préparation. Colombey n’a jamais été bouclé de cette manière, même du temps du Général.»
Mais le Général n’était pas Super Sarko…

(1). Avec les communes associées, Colombey compte 700 habitants. Mais le village seul n’en réunit que 400.



Ils l’ont dit...

Bruno Sido, à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel : «Vous avez décidé que la politique de nos deux Etats ne se ferait pas à la corbeille, mais à Colombey». 
Nicolas Sarkozy : «Au fond, le gaullisme, c’est une histoire qui a commencé avec le Général de Gaulle et qui s’est achevée avec lui». 
Nicolas Sarkozy : «Il fallait que ce Mémorial fût ici, M. le président Sido, dans ce village de Colombey-les-Deux-Eglises où le Général de Gaulle avait choisi de vivre, loin des fracas du monde, parmi ces Français qu’il aimait tant». 
Angela Merkel : «Colombey-les-deux-Eglises est un lieu important pour l'amitié franco-allemande, c'est un symbole de ce que nous avons réalisé - et de ce qui nous reste à faire». 
Moins de monde que prévu dans le village. 
Moins de monde que prévu dans le village. 

Distribution du courrier interdite
Pour des raisons de sécurité, même la distribution du courrier a été annulée à Colombey ce samedi 11 octobre. «On nous a carrément interdit de venir travailler», confie une employée de La Poste à L’affranchi. «Pourtant, les gendarmes nous connaissent bien. On a quand même distribué tôt le matin chez les particuliers le Journal de la Haute-Marne et L’affranchi. Mais le lundi suivant, on a dû faire deux tournées en même temps. On a terminé à 16 heures…» Et la même postière d’ajouter : «Si j’avais pu croiser Nicolas Sarkozy samedi matin, je lui aurais dit que son slogan «travailler plus pour gagner plus» n’était vraiment pas adapté à la situation puisqu’il nous a empêché de travailler…»

Commerçants réquisitionnés pour rien
Il n’y a pas que les facteurs qui n’ont pas travaillé le 11 octobre à Colombey : la plupart des commerçants ont réalisé une mauvaise journée. Toujours pour des raisons de sécurité, la boulangère n’a pas pu faire sa tournée habituelle. Et comme il n’y a pas eu tant de monde que ça, elle n’a pas vendu les grosses quantités de pains, viennoiseries et boissons qu’on lui avait demandé de prévoir.
Appelés en renfort par la mairie, les camions-pizzas n’ont pas non plus tellement travaillé.

Echange de bons procédés
C’est à bord de l’hélicoptère présidentiel, où se trouvaient également l’amiral de Gaulle et Luc Chatel, que les époux Chirac sont arrivés à Colombey. Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de citer son prédécesseur dans son discours sur l’amitié franco-allemande. Et c’est également en sa compagnie qu’il a déposé une gerbe sur la tombe du Général de Gaulle. Sans doute pour ne pas faire de concurrence à son successeur, Jacques Chirac, bien que très applaudi sur son passage, s’est ensuite tenu en retrait du bain de foule.
Après la réconciliation franco-allemande, la réconciliation Sarko-Chirac ?

Drôle de service d’ordre
Outre la gendarmerie départementale, la gendarmerie mobile, la CRS et les policiers en civil (locaux et parisiens), il y avait devant le cimetière de Colombey un service d’ordre de… l’UMP !
Ce qui est une première.

Pas si simple de communiquer
En 2006, en pleine campagne présidentielle, la cérémonie de pose de la première pierre du Mémorial avait été un peu éclipsée par la rivalité Chirac-Sarkozy. Et cette année, crise financière oblige, les médias (il y avait 130 journalistes accrédités !) se sont moins intéressés à l’inauguration du Mémorial qu’à la rencontre franco-allemande qui a suivi. Le Conseil général de la Haute-Marne n’a décidément pas de chance...

Sans commentaire
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont visité tellement vite le Mémorial de Colombey qu’ils n’ont pas fait de commentaire particulier. 
En revanche, l’amiral de Gaulle, qui s’était longtemps montré réservé par rapport au projet, n’a pas caché sa satisfaction. 

Un train spécial
Un train spécial, réservé aux quelque 200 invités parisiens de la Fondation Charles-de-Gaulle, a effectué l’aller-retour Paris-Chaumont le samedi 11 octobre. Un train d’autant plus spécial qu’il s’agissait d’un «Téoz», avec des équipements haut de gamme qu’on ne trouve jamais sur la ligne Paris-Chaumont, ainsi que du personnel en nombre et hautement qualifié. Reste à savoir qui va payer la facture : la Fondation ou l’Elysée ? 
En tout cas, pas le Conseil général. 

De Line Renaud à Ernest-Antoine Seillière
Line Renaud, fervente gaulliste qui avait déjà fait le déplacement en 2006, est revenue à Colombey pour l’inauguration du Mémorial. Parmi les personnalités, on a aussi remarqué la présence de l’ancien président du MEDEF Ernest-Antoine Seillière. «Le Baron» était un petit peu chez lui puisqu’il fait partie des mécènes qui ont répondu à la souscription lancée par la Fondation Charles-de-Gaulle pour la réalisation du Mémorial. 

Le Figaro joue les rabat-joie
L’affranchi a déjà eu l’occasion de le souligner : en dépit de quelques défauts (comme le manque de places de parking ou le chemin d’accès trop long et trop étroit), le Mémorial Charles-de-Gaulle est une belle réussite. Les articles de presse et la réaction des visiteurs sont dans l’ensemble très positifs.
Paradoxalement, c’est le Figaro qui se montre le plus négatif, ironisant sur «l’ascenseur scintillant digne de Star Wars», dénonçant une scénographie qui «privilégie le spectaculaire», allant jusqu’à employer le terme de «bling-bling» et, après avoir jugé que ce Mémorial de Colombey risquait de faire double emploi avec l’historial de Gaulle à Paris, finissant par cette fausse interrogation : «Dès lors, comment ne pas trouver l’entreprise téméraire ?»
C’est toutefois la question que se posent aussi certains contribuables haut-marnais.

Le string de Colombey le plus célèbre
Lundi soir, dans son  Petit Journal» sur Canal Plus, Yann Barthès s’en est donné à cœur joie en s’attardant sur certaines images de Colombey diffusées le week-end dans les journaux télévisés. Le coquin a remarqué que la robe de Frédérique Dufour, la commissaire d’exposition qui a guidé Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dans les allées du Mémorial, était transparente et laissait apparaître «les dessous de Colombey». Après avoir invité des millions de téléspectateurs à reluquer «les pouet-pouet de Colombey», «le joli string de Colombey» et «les campagnes vallonnées de Colombey», Yann Barthès a conclu : «On adore ce musée. Il est super !»
Cette séquence fort savoureuse a été rediffusée le mardi dans le «zapping» de Canal Plus.
Voilà des images qui valent sans doute tous les meilleurs plans de com’. Mais, dommage pour les futurs visiteurs du Mémorial, il n’est pas prévu que Frédérique Dufour, l’historienne de la Fondation Charles-de-Gaulle, assure toutes les visites guidées à venir…

Environ 4000 visiteurs le dimanche, 127 le lundi
Pour la journée du dimanche 12 octobre, qui avait la particularité d’être gratuite, le Mémorial est dans l’incapacité de donner précisément le nombre de visiteurs. Entre les différents chiffres qui ont circulé, L’affranchi retiendra celui de 4000. Sachant toutefois qu’en raison de la très forte affluence, certains de ces visiteurs n’ont jamais pris l’ascenseur et se sont contentés de découvrir l’extérieur et le rez-de-chaussée du bâtiment.
A noter que lors de cette journée dominicale le Mémorial a quand même réalisé 9000 euros de chiffre d’affaires (boutique et café) !
En revanche, les chiffres de fréquentation du lundi 13 octobre, premier jour d’ouverture payante du Mémorial, sont beaucoup plus bas (et très précis) : 127 visiteurs.
Pour atteindre les 125 000 visiteurs, compte tenu des jours de fermeture (le mardi en basse saison, ainsi que tout le mois de janvier, il va falloir faire en moyenne au moins quatre fois plus.

Christophe Poirson
Vendredi 17 Octobre 2008
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