Rechercher un article



Envoyez un mail à L'affranchi

laffranchi52@gmail.com

Chaumontaise d’origine et reine en Afrique

Marie-Claude Lovisa est née à Chaumont et elle a passé une partie de son enfance à Chalindrey. Vivant au Togo depuis une dizaine d’années, elle a fondé un village (Lovisa Kopé) où elle a développé des structures de soin et d’enseignement. En 2004, elle a été désignée reine par les 4 500 habitants des environs. Sous le nom de Lovisa Mawu Lolo 1er, elle administre réellement un secteur de 14 villages.
Pour l’aider à monter ses projets de développement, une association s’est créée. Lionel Bresson en est son représentant en Haute-Marne.



Marie-Claude Lovisa, 54 ans, est lauréate du trophée «Femme 3000» qui, tous les deux ans résompense l’action de femmes établies hors de France. Le trophée lui sera remis au Sénat le 13 novembre prochain.
Marie-Claude Lovisa, 54 ans, est lauréate du trophée «Femme 3000» qui, tous les deux ans résompense l’action de femmes établies hors de France. Le trophée lui sera remis au Sénat le 13 novembre prochain.
La Reine Lovisa Mawu Lolo 1er règne sur 14 villages situés à 80 km au nord-ouest de Lomé, la capitale du Togo. Le secteur qu’elle administre rassemble 4500 habitants.
Le fait qu’une femme puisse exercer cette responsabilité est assez rare dans un pays conservateur comme le Togo. Mais qu’en plus elle puisse être française et blanche relève carrément de l’extraordinaire.
Les médias ne s’y trompent pas. Depuis son intronisation en 2004 elle a fait l’objet de nombreux reportages un peu partout dans le monde. Il suffit de taper son nom sur un moteur de recherche internet, pour voir apparaître un très grand nombre de références.
Les Français l’ont surtout découverte à la télévision en janvier dernier dans l’émission 66 minutes diffusée par M6. On la voyait alors dans ses occupations et préoccupations diverses. Et on pouvait constater que son rôle n’était pas factice.
Son autorité apparaissait non seulement dans les rapports qu’elle entretenait avec les chefs de villages, mais aussi dans sa façon de rappeler le préfet à ses devoirs.

Elle a créé un village en vendant ses biens en France

Marie-Claude Lovisa est arrivée au Togo il y a une dizaine d’années. Elle venait rejoindre une amie.
A l’époque, elle habitait à Lyon. Elle était directrice de formation en informatique. Mais elle souffrait de sérieux problèmes de santé (un rhumatisme aigu).
Elle s’est vite aperçue d’abord que le climat lui faisait du bien, puis qu’elle avait les moyens de se rendre utile.
«Quand je suis repartie en France, raconte-t-elle, une petite fille voulait absolument que je l’emmène. Je suis rentrée seule. Mais je lui ai promis de revenir...».
Ce qu’elle a fait 6 mois plus tard. Et elle s’est fixée là.
Marie Claude Lovisa était divorcée, mère de deux grands enfants qui menaient leur vie.
Elle a acheté un bout de terrain en Afrique et elle a construit ce qui s’appelle aujourd’hui Lovisa Kopé. C’est à dire sa maison (dans laquelle elle recueille maintenant une vingtaine d’enfants), une case santé, des écoles (qui reçoivent désormais 800 élèves), un moulin...
Pour financer tout cela, elle a vendu les biens qu’elle possédait en France. Et sa pension d’invalidité lui permet de faire vivre à peu près l’ensemble.

Reine par la volonté des villageois

En 2004 les villageois de ce qu’on peut appeler le canton local lui ont demandé de devenir leur reine.
Elle a accepté. Et c’est après avoir subi diverses initiations qu’elle a finalement été intronisée.
Elle est un peu critiquée pour cela par les ONG traditionnelles. Mais, outre le fait qu’elle ne regrette pas l’expérience, on peut remarquer que sa position présente bien des avantages.
Le titre lui permet d’avoir accès au plus haut niveau de l’administration territoriale. Et comme elle connaît mieux que personne les besoins de ses administrés, elle peut mettre en place des actions très efficaces.
Par ailleurs, même si elle est obligée de se conformer à certaines coutumes discutables, son autorité lui permet d’amener les habitants à voir les choses autrement. Du point de vue médical, par exemple, ils n’ont plus recours au guérisseur pour certaines affections très précises.
Le revers de la médaille, c’est qu’elle doit assumer aussi son pouvoir de justice. Et c’est ainsi qu’elle a fait emprisonner un instituteur qui avait violé une élève. Ça lui a valu quelques inimitiés et menaces.
Depuis, en certains endroits, un militaire est affecté à sa protection.

Profiteurs peut-être mais pauvres avant tout

Les reportages qui sont réalisés sur place montrent que les habitants sont très admiratifs et reconnaissants. Mais quand on la voit distribuer tout ce qu’elle a on ne peut s’empêcher de penser que certains au moins profitent de la situation. Une reine qui ne prend rien et qui donne tout, c’est quand même bien pratique.
A cette réflexion elle nous a répondu : «Certainement. Mais je pense aux enfants que j’ai recueillis et qui ont besoin de moi. Je pense aussi à tous ceux qui peuvent aller à l’école et à ceux qui obtiennent de très bons résultats».
Elle nous parle également de ceux qui ont besoin de se faire soigner. Et puis aussi des problèmes de récolte que la région connaît de plus en plus souvent et de la famine qui guette de plus en plus souvent.
Notre question est en effet en partie idiote. Car même si on peut trouver quelques profiteurs, il paraît difficile de faire des reproches de ce genre à des personnes qui manquent de tant de choses.

Une association en Haute-Marne

Marie-Claude Lovisa assume aujourd’hui le fonctionnement de structures importantes (écoles, infirmerie...) qui emploient dix personnes. Elle songe maintenant à trouver le moyen de les pérenniser. Et puis elle a encore de nombreux projets comme celui de créer un centre des métiers.
Elle aura de plus en plus besoin d’aide. Et c’est pourquoi elle a initié la création de deux associations : une au Togo, l’autre à Paris (ALK).
Bientôt, dans le giron de celle de Paris, va s’en créer
une en Haute-Marne. Elle est portée ici par Lionel Bresson ; un homme que les Chaumontais ont connu en tant qu’adjoint de Cyril de Rouvre.
Il raconte avoir rencontré Marie-Claude Lovisa un peu par hasard au Togo. Il cherchait à s’investir dans une action humanitaire sur place et c’est un ami qui l’a amené auprès de la reine blanche. Et dans la discussion ils se sont aperçus qu’ils avaient beaucoup de points communs. Ce qu’elle nous a confirmé plus tard.
«Je suis née à Chaumont, nous a-t-elle confié. Mon père y travaillait. Puis j’ai vécu une bonne partie de mon enfance à Chalindrey (mes grands parents étaient à la SNCF). Lionel y a habité aussi (dans la même rue). Nous avons eu la même institutrice».
Lionel Bresson, qui travaille en Haute-Marne dans le secteur des énergies, souhaitait installer des systèmes permettant d’apporter l’électricité. «Je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres priorités, commente-t-il. Avec le président et les membres français de l’association ALK (Association Lovisa Kopé) nous travaillons d’abord sur le développement agricole. Il faut arriver à faire en sorte que la production locale soit suffisante pour nourrir la population».
Ayant déjà effectué deux courts séjours sur place cette année (en janvier et en mai), il s’y rendra à nouveau le 30 août.
Ceux qui veulent entrer dans l’association ou simplement aider peuvent prendre contact avec lui par mail : bressonlionel@hotmail.com

Lionel Thomassin
Vendredi 1 Août 2008
Lu 621 fois
Notez


1.Posté par dadzie benjamin le 28/12/2008 11:24
salut
je viens de découvrir votre cite je suis très content de votre engagement au TOGO.
je suis d origine togolaise et a pres 15 ans d expérience hors de mon pays je me prépare à rentrer; pour participer à réduire la pénibilité des travailleurs agricole .oui il faut partir .2010 .je pars.
encore une fois merci

Nouveau commentaire :