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Chaumont pour Tous : Thierry Simon se retire... et ça réagit

Parce qu’il ne se sent plus suivi par son conseil d’administration, et parce que les relations avec la municipalité se compliquent, Thierry Simon estime qu’il n’a plus lieu de présider l’association «Chaumont pour tous» qui s’est battue pour le maintien de l’hôpital. Gérard Bocquillon est persuadé que Thierry Simon commet une erreur. Craignant que cette démission ne sonne le glas de l’association, Patrick Lefèvre dresse une liste de regrets, d’incompréhensions et de désaccords.



Chaumont pour Tous : Thierry Simon se retire... et ça réagit
Pour discuter de l’avenir de «Chaumont pour Tous» - et éventuellement de la nécessité de se battre ou pas pour le maintien du 61e RA - Thierry Simon a convoqué les 20 membres de son Conseil d’administration. Le jour dit (lundi dernier en l’occurrence), ils n’étaient que trois présents, dont deux personnes extérieures à Chaumont. Deux Chaumontais avaient quand même pris la peine de s’excuser et deux sont arrivés à la fin de la réunion.
Pour le président, qui précise avoir envoyé les convocations 12 jours plus tôt, le message est clair : la majorité du Conseil d’administration ne souhaite plus le suivre dans son combat pour la sauvegarde des services publics à Chaumont. Il imagine que cette majorité compte sur d’autres méthodes pour atteindre le but commun. Et il en tire la conclusion qui s’impose : il se retire de la présidence, tout en restant membre de l’association. A charge désormais pour le CA de trouver en son sein un nouveau président.
Observant les explications qu’il a pu fournir jeudi en conférence de presse, on a vu souvent apparaître en filigrane les relations avec la nouvelle municipalité.


Le silence de la municipalité

L’affranchi s’était déjà interrogé dans un édito (N° 727 du 11 avril dernier) sur l’avenir de Thierry Simon en tant que président de Chaumont pour Tous. Etant désigné représentant de la ville au festival de l’affiche et pressenti pour le présider prochainement, nous le trouvions mal placé pour prendre la tête de luttes contre des décisions gouvernementales. Ça aurait pu le conduire à s’opposer au ministre Luc Chatel alors qu’il aurait été, dans d’autres fonctions, représentant du maire Luc Chatel.
Il affirme cependant que ces considérations n’ont pas joué dans sa décision. Il se sent capable de faire la part des choses. Pour l’instant du moins... Car il reconnaît ne pas vouloir assumer deux présidences en même temps, pour des questions de disponibilité essentiellement.
Le problème en fait vient plutôt du silence assourdissant de la municipalité vis à vis de «Chaumont pour tous».
Auparavant, alors que Jean-Claude Daniel, le maire, et son premier adjoint Henri le Roux étaient membres de l’association, les élus de l’opposition Christine Guillemy et Vincent Galantier faisaient partie des membres du CA les plus assidus. Or, c’est leur absence non excusée lundi dernier qui a suscité le plus de commentaires. Il faut dire que Thierry Simon a plusieurs fois remis en cause leur position. Ils devaient donc s’attendre à être mis sur la sellette.
Toujours est-il que jusqu’à présent l’association a vécu avec le soutien (y compris financier) de la ville. Si ses nouveaux représentants ne montrent plus d’intérêt, il n’est pas illogique que le président estime nécessaire de se retirer... Il n’est pas facile en tout cas de se battre pour conserver les services publics dans une ville si la municipalité ne souhaite pas agir dans le même sens...


L’influence de Luc Chatel

Lors de sa conférence de presse, Thierry Simon a beaucoup parlé de Luc Chatel. Pour lui, la défection des membres de la municipalité au CA de Chaumont pour Tous est liée à la position du maire-ministre.
On peut toujours imaginer que les adjoints chaumontais ne souhaitent pas s’engager dans un combat qui pourrait mettre en porte-à-faux le porte parole du gouvernement. Mais Thierry Simon pense surtout qu’ils jugent inutile de s’engager dans l’association parce qu’ils croient que Luc Chatel est le mieux placé désormais pour régler tous les problèmes.
Il ajoute qu’il avait demandé que «Chaumont pour Tous» et ses 550 adhérents soient représentés au sein de la conférence sanitaire qui évoquera, le 10 juin prochain, l’avenir du pôle hospitalier. Il pensait alors disposer de l’appui de Luc Chatel. Mais il n’en a rien été et l’association (à laquelle n’adhère pas Luc Chatel) restera à la porte.
Raison de plus pour Thierry Simon de passer le flambeau à ses vice-présidents. En espérant que son successeur aura plus de chance avec la municipalité.

Gérard Bocquillon n’est pas d’accord

Présent à la conférence de presse, Gérard Bocquillon, vice-président de «Chaumont pour Tous», est membre de la municipalité conduite par Luc Chatel. Et s’il était absent lui aussi à la réunion du Conseil d’administration, il s’était au moins excusé.
Il est persuadé que Thierry Simon commet une erreur en se retirant. Selon lui, il arrive assez souvent que des réunions ne puissent pas se tenir faute d’avoir atteint le quorum. Or, il est heureusement très rare que quelqu’un s’en formalise au point de démissionner.
On convoque alors à nouveau l’association pour lui permettre de prendre enfin des décisions.
Gérard Bocquillon estime que «Chaumont pour tous» a toujours sa raison d’être. Il considère même que ses combats peuvent apporter de l’eau au moulin de Luc Chatel s’il est amené à défendre un service public au plan local.
Toutefois, pressé de questions, Gérard Bocquillon a précisé qu’il parlait en tant que membre de l’association et non en représentant de la municipalité. Il n’avait pas été mandaté pour s’exprimer en tant qu’élu.

Et le 61e RA ?

«Chaumont pour tous», qui s’est battue surtout jusqu’à présent pour le maintien de l’hôpital et qui s’est un peu intéressée à l’évolution de la carte judiciaire, se demande aujourd’hui si elle doit œuvrer contre le possible déménagement du 61e RA.
Certains membres font valoir que l’armée n’est pas un service public au sens où on l’entend localement. Ils jugent qu’il s’agit d’une question de spécialistes et que le citoyen n’a pas son mot à dire. D’autres au contraire estiment que le départ de l’armée induirait une baisse d’activité au plan local et que ça se traduirait forcément par des retraits de services publics. Il convient donc de se battre à la base pour éviter les désagréments suivants.
Thierry Simon regrette que les membres du conseil d’administration ne soient pas venus assez nombreux pour trancher cette question et proposer une attitude ou une action aux adhérents.
Pour l’anecdote, il raconte qu’il a même trouvé un adhérent persuadé qu’il fallait supprimer l’armée du paysage français.
Et pour continuer dans la fantaisie, se disant opposé aux grandes concentrations de population, il déclare craindre qu’il n’y ait bientôt plus en Haute-Marne que des éoliennes, puisqu’il n’y aura plus que du vent à brasser

Regrets, incompréhensions et désaccords de Patrick Lefèvre

Patrick Lefèvre, ancien adjoint au maire de Chaumont et actuel conseiller municipal d’opposition, fait partie du conseil d’administration de «Chaumont pour tous». Il faisait partie des rares membres présents lundi dernier et il assistait jeudi encore à la conférence de presse animée par Thierry Simon (voir page ci-contre).
Craignant en fait que la démission de Thierry Simon ne sonne le glas de l’association, il a tenu à donner son point de vue sur la situation. Voici ce qu’il nous a donné par écrit :

«Ce que je regrette :
«La défense du maintien des services, publics ou assimilés (l’armée, l’hôpital et bientôt le tribunal...), sur Chaumont et ses environs reste plus que jamais une question d’actualité. C’était le but de l’association. Il n’a pas changé !
«Luc Chatel s’est fait élire en mettant en avant l’obligation d’améliorer le dynamisme économique au niveau intercommunal. Perdre des services aussi importants, ce n’est certainement pas ce qui va inciter les entreprises à venir s’installer à Chaumont. Bien au contraire.
«A ce sujet, j’aimerais d’ailleurs comprendre ce que nos politiques envisagent au niveau de l’aménagement de notre territoire. Veulent-ils un pays où les concentrations urbaines vont diminuer en nombre et augmenter en taille ? ou désirent-ils s’orienter vers un pays où l’activité économique, et donc la population, sont réparties de façon plus harmonieuse sur l’ensemble du territoire ?

«Ce que je ne comprends pas :
«Quelle est la raison de la défection des membres de l’actuelle municipalité qui comptaient avant les élections parmi les membres les plus actifs de l’association ?
«J’ose deux explications :
«- L’association n’a plus de raison d’être puisque les Chaumontais ont élu un «homme providentiel» qui a suffisamment le bras long pour imposer la préservation de tous les services locaux existants. Mais on a bien vu ce que cela a donné lorsqu’il s’est agi de défendre le pôle d’instruction du tribunal de Chaumont.
«Cette position est d’ailleurs doublement une erreur. même si Luc Chatel ne manque pas d’influence au niveau gouvernemental, une association virulente sur Chaumont pourrait lui être d’un grand secours pour appuyer ses demandes.
«Et qu’on ne m’avance pas ici la problématique des compensations. Dans son programme de campagne, Luc Chatel s’est engagé à faire venir des entreprises. Il ne s’est pas engagé à les amener en échange du départ du 61e RA !
«- Pour ces membres de la municipalité qui siégeaient au CA, continuer à agir au sein de l’association, cela reviendrait à mettre Luc Chatel en porte-à-faux. Il se verraient ainsi dans l’obligation de cautionner une revendication, au niveau local, qui contredirait l’action gouvernementale soutenue sans réserve par Luc Chatel ;
«On mutualise, on regroupe les services publics sur le territoire pour augmenter leur efficacité, nous dit-on. Ne soyons pas naïfs ! La raison principale de ces réorganisations tous azimuts, c’est bien évidemment la diminution des emplois. Et lorsqu’on affirme qu’on fera mieux avec moins de personnel, c’est à mon sens mépriser les fonctionnaires dont les postes ne seront pas remplacés (retraite) ou seront tout simplement supprimés.

«Ce que je n’accepte pas :
«On nous dit que c’est de la faute de Jean-Claude Daniel si le 61e RA quitte Semoutiers. L’ancien maire n’aurait pas entretenu suffisamment de relations avec les militaires pour que ceux-ci manifestent la volonté de rester en Haute-Marne.
«Ici, il est important d’affirmer une chose évidente. Lorsque Jean-Claude Daniel a passé la main, le 61e RA se trouvait encore à Semoutiers. S’il n’y reste pas, ce sera uniquement du fait du nouveau maire et du gouvernement auquel il appartient.
«Plus globalement, ce serait de la faute de Jean-Claude Daniel si les services publics et l’armée quittent Chaumont. L’ancien maire n’a pas su, depuis 95, développer suffisamment sa ville pour que le gouvernement tranche en faveur de Chaumont pour y installer les services publics regroupés.
«De qui se moque-t-on ici ! Sans développer, parce que cela ne trompe personne, je dirai simplement que cet argument ne fera pas plaisir au collègue bragard du maire de Chaumont (voir les statistiques INSEE)».

L' affranchi
Vendredi 6 Juin 2008
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