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Chatel pompier-pyromane ? Le débat prend de l’ampleur

Dans L’affranchi N° 750, l’élu d’opposition Patrick Lefèvre avait développé l’idée du «pompier pyromane». Prenant l’exemple du 61e RA, il prétendait que Luc Chatel était obligé d’essayer d’éteindre à Chaumont les feux qu’il allumait à Paris avec le gouvernement. Et il concluait qu’à ce jeu, la ville finirait par être perdante. La semaine suivante, le 1er adjoint Gérard Groslambert a répondu que si l’ancienne municipalité avait su maintenir la population, les services publics seraient beaucoup moins menacés. Cette semaine, Patrick Lefèvre lui réplique. Et Sylvestre Subissi renvoie le compliment de la désertification aux élus du département. De son côté, André Parker, nouveau vice-président du MoDem, prétend que le pompier n’est certainement pas exemplaire... Le débat prend de l’ampleur.



La réplique de Patrick Lefèvre

«Monsieur le premier adjoint, l’argument que vous développez est loin de m’avoir surpris. Pour tout te dire, je m’y attendais. Il a d’ailleurs été souvent employé par Luc Chatel durant la campagne. Le problème, c’est que je le trouve extrêmement injustifié, voire injuste.
«Bien évidemment, vous ne remettez pas en cause la politique gouvernementale de réduction des services publics. Vous avez alors été dans l’obligation de trouver un argument passe partout lorsque cette réduction risquait de nuire à Chaumont. A savoir : Si Chaumont n’avait pas été gérée depuis 1995 par Jean Claude Daniel, (sous entendu, mais par Luc Chatel), la ville aurait pris un tel essor que les services ne l’auraient pas désertée, voire même que leur regroupement s’y serait organisé au détriment de villes comme Reims, Troyes, Dijon…
«Il faut faire attention lorsqu’on avance un argument de la sorte. Ainsi, s’il était fondé, ce qui n’est pas le cas, il desservirait davantage Cornut-Gentille, l’actuel maire de Saint Dizier, que l’ancien maire de Chaumont. Je m’appuie ici sur les statistiques de l’INSEE. Entre 1999 et 2008, dans les secteurs secondaire et tertiaire, Chaumont a gagné 1300 emplois, pendant que, dans le même laps de temps, Saint Dizier en a perdu plus du double.
«Dans l’euphorie de la campagne, l’équipe Chatel s’est engagée à réaliser de nombreux projets très coûteux. Tout cela sans augmenter les impôts (tout au moins les taux). Le principe de réalité budgétaire allant bientôt s’imposer, les projets seront nécessairement revus à la baisse. Et bien sûr, cela sera aussi de la faute de Jean Claude Daniel. Pour nous entraîner sur cette voie, le premier adjoint nous conduit sur la piste du développement économique. Rien n’aurait été fait, nous dit-il. Là également, il me semble donc nécessaire de rectifier le tir.
«Personnellement, je pense que le développement d’une ville nécessite que l’on agisse dans six directions. Jean Claude Daniel et ses adjoints les ont exploitées et je ne crois pas qu’ils doivent recevoir des leçons d’efficacité à ce sujet.
1) Les voies de transmission
«Chaumont se situe idéalement au nord d’un nœud autoroutier important.
Le sort de la ligne Paris Bâle n’est toujours pas scellé. Au nom de l’impérieux principe de rentabilité économique, développé par l’actuel gouvernement, son avenir est en péril. La non requalification de cette voie ferrée serait dramatique pour Chaumont. Jean Claude Daniel s’est engagé personnellement avec certains de ses adjoints, dont je faisais partie, pour défendre l’aménagement de cette ligne.
2) L’aménagement de l’accueil d’entreprises
«Plusieurs zones industrielles ont été mises en place, les deux plus importantes se situant à la Croix-Coquillon (zone de référence) et à Semoutiers (sortie d’autoroute).
Le dossier de la pépinière d’entreprises de la zone de référence a été initié alors que Jean Claude Daniel était le président de la CCPC. Les élus d’opposition sont intervenus dernièrement auprès du Conseil Régional afin que celui-ci participe logiquement au financement de la structure, à la condition que le bâtiment respecte les normes HQE.
Au niveau commercial, l’ancienne équipe municipale avait misé sur une zone située au dépôt SNCF. Celle-ci devait établir un pont entre les quartiers à forte densité de population et le centre ville.
«La nouvelle équipe mise sur une zone qui va entraîner les habitants de ces quartiers vers le sud de la ville (la zone de La Vendue). Quel sera l’impact sur le centre ville et ses commerces lorsque ce projet commercial aura été mis en œuvre ? Je demande à voir !!!
3) Le dynamisme de la structure économique chargée de développer le tissu industriel et commercial de la ville
«Une cellule économique a été créée dès 1995 à cet effet. On notera ici le travail efficace réalisé par toute l’équipe fonctionnant au sein de cette structure, maintenant transférée à la CCPC. Notre programme de campagne prévoyait l’embauche d’un professionnel du lobbying industriel afin de la rendre encore plus performante.
4) La formation initiale et continue des salariés et son adéquation permanente à la demande des entreprises
«L’important est que les entreprises puissent embaucher un personnel de qualité performant et adaptable. Dans ce sens, je crois pouvoir dire ici que les établissements techniques et professionnels de la région, privés et publics, font du bon travail. Je félicite ici la conseillère régionale chargée des lycées et de l’apprentissage, Sylvie Cotillot, pour son travail entrepris sur la carte de formation (procédure qui permet d’articuler, en qualité comme en quantité, la demande sur le marché du travail et la formation professionnelle).
«Sous son impulsion, la Région va investir 110 millions d’euros pour reconstruire intégralement deux gros lycées sur Chaumont (sites Bouchardon sud et Ashton).
5) Le cadre de vie et l’attractivité de la ville
«Ceci est une dimension importante qu’il est indispensable de développer davantage. J’ai d’ailleurs avancé cet argument lorsqu’il a fallu que je justifie une augmentation de la subvention accordée au CVB 52.
«C’est pourquoi j’ai toujours défendu le projet de construction d’une salle de spectacles. C’est également ce qui a guidé mon engagement en tant qu’adjoint chargé des sports. Le dynamisme associatif fait partie intégrante du cadre de vie.
«De 1995 à 2008, les adhérents à une association sportive de la ville sont passés de 6500 à 10500. Gérard, cela ne s’est pas produit uniquement parce que certains gymnases prennent l’eau. Pas moins de 13 sites sportifs nouveaux ont vu le jour sous les deux mandats de Jean Claude Daniel.
«Le cadre de vie, c’est aussi de gros dossiers que l’ancien maire a lancés avant son départ. Je donnerai ici comme exemple l’aménagement du quartier Foch et de plusieurs zones d’habitations l’entourant (dossier ANRU), l’aménagement des résidences du Bassigny, pour ne citer que cela…
«Le cadre de vie, c’est encore le CIG (centre international du graphisme). Ce dossier, initié sous le mandat précédent, est un élément structurant important qui se situe à l’intersection de plusieurs dimensions importantes (culture, économie, tourisme, formation, attractivité). Luc Chatel a d’ailleurs décidé de lui donner suite.
6) La défense des services publics et privés
«Eh oui, on y revient. Je ne développerai pas de nouveau cet aspect des choses, tant il doit vous paraître évident. Parlons cependant ici plus particulièrement de l’hôpital. Quand on vous lit bien, Gérard, on a presque l’impression que vous nous préparez au pire. J’espère sincèrement que cette impression est erronée.
«Je relève ici une divergence d’analyse. La structure est gérée très correctement et le taux d’activité de l’hôpital est meilleur que ce que vous nous annoncez (des analyses très sérieuses, service par service sont d’ailleurs réalisées chaque année). L’hôpital de Chaumont a d’ailleurs fait un bon en avant spectaculaire dans le classement qualifiant les hôpitaux français.
«Jean Claude Daniel, l’ancien président de l’hôpital, a donc laissé la structure en parfait état de développements potentiels futurs.
«En conclusion, l’équipe «Jean Claude Daniel» a laissé la ville en bon état de marche. Bien sûr, les chantiers sont nombreux et il y a du pain sur la planche. C’est normal. Mais en l’état actuel des choses, si l’avenir nous réservait de mauvaises nouvelles, ce que sincèrement je ne souhaite pas, je pense qu’il faudra que la nouvelle équipe municipale les assume sans invoquer en permanence l’argument de l’héritage. Cela, j’espère, ne trompera personne».




André Parker : le moins que puisse faire un maire...

«Le Maire de Chaumont se doit de défendre les services publics car avant d’être dans la Monarchie de Sarkozy, il a tout de même été élu par le peuple Député de la Haute-Marne et ensuite premier magistrat de la Ville de Chaumont.
«Le porter en sauveur du maintien du 61ème RA est un peu exagéré, il est quand même Maire de la Ville et comme n’importe quel Maire de Droite ou de Gauche, il aurait été normal de vouloir se battre pour les services publics de sa ville, de son département. Pouvons-nous en dire autant du maintien d’un Pôle d’Instruction à Chaumont ou du maintien du Foyer d’Action Educative ? Monsieur le Maire n’a jamais été très explicatif par rapport à son intervention auprès de la Garde des Sceaux...
«Rendre attractif la Ville de Chaumont, oui, pourquoi pas, en commençant par embellir le quartier de la Gare pour accueillir comme il se doit les passagers de la SNCF qui vont se dire qu’ils vont venir passer un week-end à Chaumont… Excellente idée, encore faudrait-il maintenir les lignes existantes et accentuer les arrivées à Chaumont.
«On se fiche un peu des départs, car Chaumont est tellement belle et qu’il y fait bon vivre, qu’on y reste et on s’y installe avec sa famille. N’est-ce pas Monsieur le Maire ?
«Restons sérieux, Monsieur Chatel n’a joué que son rôle de Maire pour le maintien du 61ème RA. Quant à l’attrait de la Ville, c’est le problème de l’ensemble des Chaumontais et non pas de la Majorité ou de l’Opposition. Car nos élus, pour la plupart, ont quelque chose en commun, ils vivent à Chaumont».




Sylvestre Subissi : la foi du charbonnier !

«Vendredi dernier j’ai pu lire dans votre journal la réponse de M. Groslambert, 1er adjoint de Luc Chatel, à l’article de Patrick Lefèvre paru la semaine précédente.
«Son exposé avance deux arguments.
«Le premier énonce que si les services publics, comme les services privés d’ailleurs, quittent la ville c’est parce que notre ville n’aurait pas l’attrait nécessaire pour retenir suffisamment d’habitants et il invite P. Lefèvre à s’interroger sur la politique menée par son équipe.
«On voit bien là la dénonciation de la politique de la municipalité précédente qui aurait si peu développé l’activité économique et serait responsable du déclin de la cité !
«Il est là dans son rôle de politique.
«Mais faut-il rappeler à M. Groslambert que ce n’est pas la ville de Chaumont qui ces dernières années a perdu le plus d’habitants ?
«Saint-Dizier, pourtant dirigée par un maire UMP a subi encore plus fortement cette érosion démographique – de 1999 à 2005 la perte de population a été de 14% pour cette ville tandis que Chaumont n’en perdait «que» 10%.
«S’il invite P. Lefèvre à s’interroger sur l’action de l’équipe de JC Daniel, ne devrait-il pas, les mêmes causes produisant les mêmes effets, demander à M. Sido pourquoi la Haute-Marne perd 1000 habitants par an ?
«Et pourquoi le but qu’il se fixe pour l’équipe municipale et qui devrait, en tout cas je le souhaite, redonner dynamisme et attractivité à la ville, n’a-t-il pu le faire partager par ses collègues du Conseil général pour mettre en place la politique qu’il souhaite ?
«Parce qu’il faut bien le rappeler, M. Groslambert fait partie de la large majorité UMP qui dirige sans partage le département depuis des lustres et pourtant, ce département perd 1000 habitants par an !
«Deux députés, deux sénateurs, un conseil général UMP cela ne suffit-il pas ?
«La politique qui y est menée ne serait-elle pas la bonne ?
«Le deuxième argument affirme que c’est la baisse démographique qui entraîne la suppression de nombreux postes de fonctionnaires. C’est un argument que j’ai souvent entendu quand l’administration voulait fermer une classe, une école dans un village, répondant à des impératifs nationaux de gestion et négligeant les effets dévastateurs sur la démographie du département. Je dois dire que dans ces combats pour maintenir l’école nous avions toujours le soutien du maire ou du conseiller général qu’il soit UMP ou non !
«Mais ne peut-on affirmer le contraire ?
«C’est bien la volonté politique de réduire un certain nombre de services qui fait fermer des postes d’enseignants, disparaître le pôle d’instruction, le centre de tri, la Protection Judiciaire de la Jeunesse, etc. occasionnant ainsi une baisse démographique !
«Le choix de supprimer des postes n’a rien à voir avec la démographie ni avec la gestion «au plus près» des intérêts des gens. En effet, la population française n’a pas diminué mais quand on envisage, dans le budget 2009, de supprimer 30 600 postes de fonctionnaires – dont 13 600 - dans l’Education Nationale, il faut bien trouver où les enlever : le choix se portera bien entendu sur les départements les plus déshérités ou … les moins combatifs.
«Je regrette aussi, M. Groslambert, votre paragraphe «on peut imaginer une ville dont tous les habitants seraient employés des services publics. (…) L’ensemble vivant de subvention (…) prête à nous assister.»
«Les fonctionnaires travaillent comme tout le monde et à ce titre perçoivent un salaire et non une subvention ni quelqu’autre assistance !
«Si l’on ne peut concevoir une ville entièrement peuplée de fonctionnaires, il est tout aussi inimaginable de penser qu’une ville ne soit peuplée que de commerçants et artisans qui n’auraient plus qu’a échanger leurs services respectifs.
«La survie des uns est liée à celle des autres.
«Arrêtez d’opposer les catégories et ne pensons qu’à l’intérêt général qui doit être le fil conducteur de toute politique.»

L' affranchi
Vendredi 3 Octobre 2008
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