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Chanson : Annie Massy fait entrer Dimey à la fac

Annie Massy travaille depuis plusieurs années sur l’oeuvre de Bernard Dimey. Une partie de ses recherches est publiée dans une revue universitaire.



Professeur de français à Oudinot, ancienne corresponsante de La Croix-Hebdo et présidente de l’association des Ecrivains de Haute-Marne, Annie Massy s’intéresse depuis longtemps à la chanson. Dans les années 1980, elle a soutenu une thèse universitaire sur Jacques Brel. Thèse dont elle a remanié le texte pour en faire un livre qui a été publié en 2004 à La Renaissance du Livre. 
Aidée par Stéphane Hirschi, professeur à l’université de Valenciennes et inventeur de la cantologie, discipline consistant à étudier la chanson dans toutes ses composantes, Annie Massy travaille également depuis plusieurs années sur l’oeuvre de Bernard Dimey. Une partie de ses recherches vient d’être publiée sous la forme d’un article de 37 pages dans une revue des Presses universitaires de Valenciennes. 
Annie Massy y voit bien sûr une reconnaissance de son travail. Et elle espère pouvoir éditer ensuite un livre de quelque 300 pages.

Plutôt parolier que poète, ce qui n’est pas péjoratif

Dans cet article universitaire, Annie Massy analyse plus particulièrement trois succès datant de 1962 : «Mémère», chanté par Michel Simon ; «Mon truc en plumes», dansé par Zizi Jeanmaire ; et «Syracuse», mis en musique par Henri Salvador mais interprété à l’origine par Jean Sablon. 
Trois chansons très différentes qui témoignent du talent de leur auteur qu’Annie Massy continue de considérer davantage comme un parolier que comme un poète.
«Bernard Dimey a écrit des textes très poétiques très forts comme Le Testament, le Bestiaire de Paris ou Les enfants d’Attila, mais il n’a rien inventé dans ce domaine», affirme-t-elle. «En revanche, dans la chanson, il a beaucoup innové. Certains textes de chansons sont également poétiques, mais tous ne le sont pas. Et cela fait quand même des chansons exceptionnelles.  Il y a de superbes chansons qui ne sont pas du tout poétiques. Car une chanson, c’est un équilibre entre un texte, une musique et une interprétation.»
Pas facile de classer Bernard Dimey dont les écrits, constate Annie Massy, rapprochent des genres consacrés comme le roman populaire du XIXe siècle et la poésie, mais témoignent aussi de l’influence d’autres arts comme le théâtre et le cinéma. 

Une intervention prévue au prochain salon du livre

«La chanson, selon Bernard Dimey, n’est donc pas, dans les faits, un art mineur», écrit-elle. «Il s’agit même d’une sorte d’art total qui englobe non seulement les compétences requises dans des univers aussi différents que ceux de la danse, de la peinture, du cinéma, du roman, de la poésie, de la musique mais aussi les influences de plusieurs traditions littéraires non moins variées et de plusieurs époques. Mais ces rapprochements se fondent en alliances heureuses qui ne nuisent en rien au caractère propre de chansons dont le texte maintient le temps en suspens, dont la mélodie est fredonnable, dont l’interprétation déclenche des émotions immédiates». 
Annie Massy aura prochainement l’occasion d’expliquer tout ça de vive voix. Dans le cadre du 6e Salon du livre sur le thème des «Voyages en Méditerranée», elle reviendra sur deux œuvres de Bernard Dimey, le dimanche 16 novembre, à 14 h 15, aux Silos : «Syracuse» et «Les enfants de Louxor». 

Christophe Poirson
Vendredi 31 Octobre 2008
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