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Ceux qui ne veulent pas tuer la MJC mais font tout pour qu’elle meurre

La ville clame (et le JHM avec elle) qu’elle ne veut pas tuer la MJC, mais elle lui retire 60 000 euros de subventions, elle coupe la relation avec la fédération des MJC et envisage de reprendre les employés...



L’injustice est haïssable. Et ce que font subir à la MJC la mairie et le Journal de la Haute-Marne n’est pas acceptable. C’est pourquoi j’ai envie aujourd’hui de remettre quelques pendules à l’heure. Quitte à mettre aussi les pieds dans le plat.
Le message que la municipalité et le quotidien local tentent de faire passer pourrait se résumer à peu près de cette façon : «La MJC est mal gérée. Elle coûte beaucoup trop cher à la collectivité. Et ceci pour un très mauvais résultat puisqu’elle ne touche pas suffisamment le public le plus défavorisé».
On va donc voir ce qu’il en est réellement en établissant quelques comparaisons édifiantes.
Mais déjà il est bon de savoir que, suite à ces attaques et à des annonces de décisions municipales assez inquiétantes, une mobilisation de soutien à la MJC s’est mise en place la semaine dernière. La presse y était invitée. Mais le JHM a choisi de ne pas parler de cette réunion pourtant très intéressante. Il a préféré publier un article intitulé : «La ville tape du poing sur la table» et on y lit : «Comme toutes les autres associations alimentées par de l’argent public, la MJC devra se plier à certaines exigences... et rendre des comptes».
On comprend donc qu’il lui est déjà arrivé de toucher de l’argent public sans rendre de comptes».
Voilà une très grave accusation !
Puis, dans une autre page, le JHM nous fait le détail de «Dix années tumultueuses». Il parle des problèmes financiers de l’association qui ont conduit le directeur et les différents présidents à solliciter : «le soutien de la ville et des partenaires publics».
Et alors ?

Qui veut tuer son chien...

Le JHM, qui est un des partenaires du volley à Chaumont va-t-il nous faire la même page sur les problèmes du CVB 52 HM depuis plus de 10 ans et la pression qu’il a mis chaque année sur les élus ? Je suis un fervent défenseur du CVB et je pense que les moyens qui lui sont donnés sont justifiés. Mais je ne supporte pas l’injustice.
S’il fallait faire des calculs au nombre d’adhérents et de spectateurs, ainsi qu’aux services rendus à la population chaque semaine et encore à la proportion de personnes défavorisées, bien des associations, jugées exemplaires par la ville et le JHM, n’arriveraient pas à la hauteur de la MJC. De même, puisque la ville veut de plus en plus s’occuper elle-même de la diffusion culturelle, peut-on dire qu’elle gère bien l’argent public quand elle est capable de dépenser 150 000 euros pour un seul concert ? Ça mériterait bien un rappel à l’ordre de la Cour des comptes ! En tout cas, la MJC n’a jamais fait de pareils excès. Et on pourrait trouver bien d’autres actions critiquables de la ville.
En fait, comparé à tout ce qu’il se passe à Chaumont, il n’y a rien de spécial à reprocher à la MJC. Et certainement pas sa gestion. Sinon, contrôlée comme elle l’est, il y a belle lurette que ses dirigeants auraient été inquiétés. Mieux même, un audit extérieur commandé par la ville n’a montré aucune anomalie. Tout le monde pourrait-il en dire autant ?
On voit bien finalement que la campagne menée contre la MJC répond surtout au bon vieux principe de : «Qui veut tuer son chien l’accuse de la rage».

Des attaques sournoises et efficaces

Luc Chatel clame cependant qu’il n’a absolument pas l’intention de tuer la MJC. Et, dans la foulée, le JHM le prend pour argent comptant, fustigeant les «vierges effarouchées» et les tenants de la «théorie du complot».
Alors voyons les faits plutôt que les déclarations.
On remarque d’abord que la ville a retiré cette année 60 000 euros des subventions qu’elle verse habituellement à la MJC. Elle s’est servie du prétexte que l’association a rendu ses comptes trop tard. Pourtant la MJC a bien fini par les donner ses comptes. Les 60 000 euros eux, n’ont jamais été donnés.
Agit-on ainsi quand on est bien intentionné ? Au pire on aurait pu admettre une pénalité de retard. Mais 60 000 euros quand même !
La MJC serait morte aujourd’hui si elle n’avait touché un remboursement de l’URSSAF. Ce qui n’augure pas précisément d’une mauvaise gestion. Mais elle survit actuellement, à moitié étranglée.
Puis la ville ferme le Local jeunes que gérait la MJC.
Ensuite, la ville précipite une réunion du Conseil municipal pour pouvoir dénoncer à temps la convention qui la lie avec la Fédération des MJC pour le poste de directeur. On verra dans un an quelles conséquences aura cette décision sur le fonctionnement de l’association.
Mais surtout, on attend de voir quelle subvention la ville va donner en 2009. Luc Chatel a déclaré au Conseil municipal qu’il donnerait, en début d’année, 60 % de la somme versée l’année précédente. Ce qui est la règle. Mais on se souvient qu’en 2008, la MJC n’a jamais reçu les 60 000 euros prévus. Si les nouveaux calculs de la ville se basent sur la somme amputée, la MJC risque bien de ne jamais s’en relever.
De plus, on a la preuve que la ville se prépare à cette éventualité : le maire a déclaré publiquement qu’il était prêt à reprendre les animateurs. Or on sait que plusieurs d’entre eux ont déjà été contactés par la municipalité.
Mais à part ça, le JHM vous l’affirme : la ville n’a absolument pas l’intention de démanteler la Maison des jeunes et de la culture.

Si les politiques dirigent la culture

Bien sûr, la ville n’a pas l’intention de tuer les animations portées aujourd’hui par la MJC. Elle ne prendrait pas le risque de mécontenter un millier d’adhérents. Mais on voit bien qu’elle veut tout reprendre en mains. C’est assez curieux d’ailleurs de la part d’une municipalité qui cherche à externaliser au maximum (même l’éclairage public va être confié au privé).
Christine Guillemy a d’ailleurs soulevé le lièvre, reprochant à l’opposition d’être favorable à toutes les municipalisations (celle de l’eau par exemple) sauf celle de la culture. On peut donc lui retourner le compliment en lui demandant pourquoi la ville tient tant à municipaliser le domaine culturel associatif.
Eh bien à notre avis c’est parce que c’est un lieu de pouvoir. La MJC et la vieille culture contestataire de ses dirigeants dérangent. Et puis les élus voudraient que, dans l’esprit du public, les contraintes viennent de l’extérieur tandis que tout ce qui relève des loisirs et du plaisir soit identifié comme venant de la municipalité.
Mais que faut-il penser d’une société dans laquelle les responsables politiques dirigent les activités culturelles ? Patrick Lefèvre a eu raison de faire le parallèle entre ce qu’il se passe à Chaumont et la tentative de main mise du président de la République sur la télévision publique. Déjà que les discours de Luc Chatel et les écrits du JHM se confondent de plus en plus...
Avoir un maire-ministre c’est bien. Mais à ce prix-là, ça risque de devenir trop lourd.

Lionel Thomassin
Mercredi 24 Décembre 2008
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