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Ce que cache le chèque sport de la ville

La municipalité refuse de communiquer sur un projet pourtant déjà bien avancé qui devrait faire l’unanimité à Chaumont. Peut-être parce qu’il pourra modifier les relations entre la ville et les communes voisines.



La ville de Chaumont travaille activement, avec l’Office municipal des sports, sur le fameux projet chèque sport. Cette formule devrait être mise en place dès la rentrée.
Le dossier est important car, mine de rien, il sera probablement le premier à impliquer un vrai changement de la politique locale. Et le plus beau c’est qu’il a de fortes chances de faire l’unanimité au Conseil municipal. L’opposition y semble en tout cas favorable aujourd’hui.
Le chèque sport, comme partout ailleurs, se présente sous la forme d’une aide individuelle apportée à ceux qui veulent pratiquer une activité sportive au sein d’un club. C’est le moyen d’encourager une partie de la population à profiter des multiples vertus du sport. Ça permet aussi d’aider ceux qui disposent de ressources insuffisantes pour payer adhésions et licences.
Jusque-là, rien de bien original. Mais le projet chaumontais a d’autres ambitions. Nous avions prévu de rencontrer les promoteurs de cette idée au sein de la ville. Mais, après avoir obtenu un rendez-vous, nous nous sommes heurtés à une fin de non recevoir (voir encadré).
Qu’y avait-il donc de gênant ?


Que les Chaumontais ne paient pas pour les autres...

Le chèque sport à Chaumont est en fait le moyen de régler un problème soulevé depuis des années.
On s’aperçoit que, de plus en plus, les clubs chaumontais fonctionnent avec des adhérents qui n’habitent pas forcément à Chaumont. Ils seraient ainsi près du tiers des effectifs des clubs locaux à venir des communes environnantes.
Quand on sait que le nombre d’adhésions recensées par l’OMS avoisine les 10 000, ça représente pas mal de monde.
Or, les infrastructures sportives sont généralement payées et entretenues par la ville. De plus, les subventions de la ville sont calculées en partie en fonction du nombre d’adhérents. Bref, les impôts des Chaumontais servent à financer, pour un tiers, l’activité de non chaumontais.
Le principe d’une ville qui paie au profit de villageois connaissant d’autres inconvénients par ailleurs, pouvait se concevoir il y a des années. Mais aujourd’hui beaucoup d’habitants des communes voisines sont d’anciens Chaumontais qui ont quitté la ville. Et on sait que l’une des raisons de cet exode est le fait que les impôts sont trop élevés à Chaumont.
Il ne paraît donc pas très logique de faire payer à ceux qui restent les services qu’utilisent de plus en plus ceux qui sont partis. D’autant qu’étant de moins en moins nombreux pour assurer des services qui ne diminuent pas, les Chaumontais doivent payer de plus en plus.

Objectif : convaincre les communes voisines d’en faire autant

L’objet du chèque sport dans le contexte intercommunal n’est pas un secret. Il a déjà été largement débattu au cours de la campagne électorale, y compris lors d’une réunion qui rassemblait des maires de villages voisins.
Puisqu’il n’est pas question de faire endosser la compétence sport par la communauté de communes, la ville a décidé de créer une différence entre ses habitants et les autres. Elle va récupérer une partie des subventions qu’elle verse aux clubs et elle va donner directement l’argent aux adhérents.
Automatiquement, pour conserver leurs moyens financiers, les clubs vont devoir augmenter le prix des cotisations. Ça ne coûtera rien de plus aux Chaumontais qui pourront présenter leur chèque municipal, mais ce sera plus cher pour ceux qui viennent de l’extérieur.
L’enjeu est en fait de convaincre les autres communes d’en faire autant avec leurs ressortissants. Elles participeront ainsi indirectement au maintien des services centrés à Chaumont. Peut-être auront-elles envie ensuite de s’y impliquer plus directement. Et, pourquoi pas, d’en accueillir elles-mêmes.
L’idée ne fait peut-être pas plaisir aux maires voisins (qui siègent d’ailleurs bien souvent à la Communauté de communes du Pays Chaumontais), d’autant qu’ils peuvent craindre une contagion vers les services culturels de la ville. Mais elle a toutes les chances de faire l’unanimité à Chaumont.
Gouverner, c’est faire des choix. Et il faudra bien assumer celui-là dans quelques mois. Il est incompréhensible que les élus refusent d’en parler aujourd’hui.


La colère de L’affranchi

Ayant voulu rencontrer les responsables du projet de chèque sport, parmi lesquels Gérard Groslambert, le premier adjoint chargé des sports, nous avons vu finalement notre rendez-vous annulé. Motif : le dossier n’est pas suffisamment avancé, il est trop tôt pour en parler.
Inutile de dire que l’argument ne nous a pas convaincu.
Dans la même semaine, le Journal de la Haute-Marne a publié un grand article sur le projet de brigade blanche avec interview de l’adjoint concerné (Didier Cognon). Or, visiblement, ce dossier là est bien moins avancé que celui du chèque sport. On ne sait pas bien encore à quoi ressembleront ces brigades et on en est toujours à évoquer des possibilités qui ne tiennent guère la route, comme cette idée de gardien de square.
Pourquoi la ville, qui communique sur des projets encore flous, refuse-t-elle de parler de ce qu’elle construit avec précision ? Et comme nous n’imaginons pas qu’elle puisse accorder de préférence ses interview à un journal plutôt qu’à un autre, nous sommes conduits à aller chercher ce qu’il peut bien se cacher derrière...
En tout cas, comme nous l’avons toujours fait avec les équipes municipales précédentes, il faut savoir qu’un refus de réponse ne nous empêchera jamais de traiter d’un sujet. Tant pis s’il nous manque des précisions et des éclairages particuliers. Du moment que nous connaissons le fond du sujet nous nous devons de l’expliquer à nos lecteurs.
C’est ce que nous avons dit jeudi matin à Luc Chatel, qui, malgré ses dénégations, n’est certainement pas étranger à l’annulation du rendez-vous.cy[

Lionel Thomassin
Vendredi 2 Mai 2008
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