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Cancer : on pourra toujours se faire soigner ici

Le plan cancer, pour lesquels les établissements doivent présenter un projet avant le 31 mars, s’accompagne de rudes négociations entre hôpitaux et cliniques. Mais le patient devrait s’y retrouver.



On a eu peur dernièrement de voir la cancérologie quitter le sud du département.
Une révision du Schéma régional d’organisation sanitaire (le fameux SROS) portant sur le volet cancer a été promulguée en septembre dernier. On y a appris que, pour chaque spécialité ne seront autorisés dans le sud du département qu’une seule implantation par spécialité : une pour la chimiothérapie, une pour la radiothérapie, une pour la chirurgie carcinologique, une pour la chirurgie du sein, une pour les voies digestives, une pour l’urologie et une pour la gynécologie. Manqueront forcément l’ORL et le thorax qui ne disposent pas dans le secteur des spécialistes et des équipements nécessaires.
A ces exigences s’ajoute aussi, entre autres, l’obligation de traiter un nombre minimum de personnes. L’Institut national du cancer considère en effet qu’en dessous de certains seuils d’activités, un service n’est pas suffisamment performant (80 malades par an en chimiothérapie, par exemple ou 30 opérations du sein, 20 pour les voies digestives, etc.).
Par ailleurs, pour obtenir les agréments nécessaires, les dossiers devront être déposés avant le 31 mars 2009.
Tous ces éléments ont fait penser que le sud de la Haute-Marne se trouvait face à un énorme problème. On a dit qu’à défaut d’entente entre les établissements publics et privés de Langres, tout pourrait bien disparaître. Et on a vu Luc Chatel vouloir organiser rapidement des réunions entre les responsables des cliniques et hôpitaux.
Mais la situation est beaucoup moins dramatique qu’il n’y paraissait.

La force de la clinique

Un établissement sort pour l’instant son épingle du jeu, c’est la clinique de Chaumont. On sait déjà que la radiothérapie, qui s’est d’ailleurs beaucoup modernisée ces derniers temps, restera sur place. Et puis la chimiothérapie, avec ses 250 patients annuels, n’a besoin de personne pour obtenir l’agrément.
Le Dr Dupont, le président du directoire, qui est aussi le seul cancérologue médical du secteur Chaumont-Langres ne manque pas de rappeler les atouts de la clinique. Il parle de l’installation récente d’une salle blanche où peuvent être reconstitués les médicaments pour la chimiothérapie. Il évoque aussi la présence, assez exceptionnelle pour un département comme le nôtre, d’un anathomopathologiste capable d’analyser très rapidement sur le site les prélèvements de tissus.
Voilà qui fait déjà une bonne base.

Les arguments des autres

Il existe aussi des praticiens qui, au sein d’une spécialité, ont obtenu une compétence en cancérologie. Ceux-là peuvent s’occuper de cancers, mais uniquement dans leurs spécialités. Or, ils ne sont pas tous à la clinique. Et pour obtenir certains agréments en chirurgie, des regroupements seront nécessaires. C’est tout l’enjeu des négociations actuelles.
La clinique de Chaumont dispose du pôle fort de cancérologie du sud de la Haute-Marne. Doit-elle pour autant tout concentrer ? Ce n’est pas sûr. D’ailleurs le Dr Dupont travaille aussi à temps partiel à l’hôpital avec les Dr Simon et Bildstein, il peut juger de l’intérêt de conserver d’autres structures.
Les réunions qui ont lieu actuellement ont pour but de savoir qui va faire quoi. Ce n’est pas forcément simple. Et c’est pourquoi Luc Chatel s’est impliqué dans le dossier. Il devait d’ailleurs organiser une réunion le 3 novembre, mais elle n’a pas eu lieu.
Ce sera peut-être un peu difficile de temps en temps. Mais, de la discussion que nous avons eu avec les principaux intervenants, il nous semble impossible qu’une spécialité autorisée pour le sud de la Haute-Marne soit abandonnée.
Les patients trouveront toujours des soins de qualité dans le secteur. Tout le monde devant adhérer au réseau Oncocha (Oncologie Champagne-Ardenne) les protocoles seront en effet les mêmes partout dans la région. Le problème qui pourra éventuellement se poser pour le malade sera celui du lieu unique par spécialité (Langres ou Chaumont) qui pourra occasionner des déplacements plus ou moins longs et celui de l’absence de choix entre public et privé. Mais si les contraintes restent raisonnables, on peut être à peu près sûr qu’il l’acceptera.

Lionel Thomassin
Vendredi 7 Novembre 2008
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