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Caméras : Chaumontais sous (vidéo) surveillance

En attendant leur généralisation annoncée dans tous les quartiers, neuf caméras sont déjà installées au centre-ville. Des engins très sophistiqués, filmant à 360° et dotés d’un puissant zoom.
Lire aussi la réaction de Thierry Gitton, qui s’exprime au noms des conseillers municipaux de gauche.



Toutes les images arrivent dans un local de surveillance aménagé au-dessus des toilettes de la rue Juvet. 
Toutes les images arrivent dans un local de surveillance aménagé au-dessus des toilettes de la rue Juvet. 
C’est en compagnie du préfet, du commissaire de police, du colonel de gendarmerie, d’élus et de commerçants, bref d’une cinquantaine de personnes, que le maire de Chaumont a tenu à inaugurer officiellement, lundi matin, le dispositif de vidéosurveillance, pardon de «vidéoprotection» mis en place par l’entreprise Girardot au centre-ville. Neuf caméras, dont six «dômes» motorisés, installées dans les secteurs de la mairie, de la gare, de la Poste, du Palais de Justice et de la rue Juvet. En attendant l’extension du dispositif dans tous les quartiers. «J’ai souhaité que nous commencions par le centre-ville», a rappelé Luc Chatel. «Parce que c’est la zone d’animation la plus importante. Et parce que je ne voulais pas donner l’impression de chercher à stigmatiser un quartier plutôt qu’un autre. Mais nous avons prévu d’équiper l’ensemble de la ville, grâce à un programme pluriannuel».
Objectif affiché par la municipalité avec cette première étape d’un coût de 50 000 euros (pris en charge à 50% par l’Etat) : «améliorer la sécurité des Chaumontais». «La politique de sécurité a été un des axes majeurs de notre campagne aux municipales», affirme le maire. «Il y a plusieurs leviers : celui de la prévention, celui de la politique de la ville et de la rénovation urbaine, celui des brigades blanches, celui de l’amélioration de l’éclairage public… Et il y a la vidéoprotection. Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté. Il existait au parking Tréfousse un dispositif depuis un certain temps».

La caméra de la mairie est capable de filmer un client sortant de chez Afflelou

Sauf que là, on passe quand même à une autre échelle. Avec, qui plus est, des engins très sophistiqués, dotés d’un champ de vision à 360° et de puissants zooms (26 à 36 fois). Par exemple, la caméra de la mairie est capable de filmer un client sortant du magasin Afflelou… Celle de la gare permet de lire les numéros d’immatriculation d’un véhicule garé au bout du parking…
Toutes ces caméras sont coordonnées en réseau. Et les images sont centralisées et analysées par un agent municipal depuis un local sécurisé aménagé, dixit Luc Chatel, sur la place des droits de l’homme. En réalité au-dessus des fameux WC -toujours fermés- de la rue Juvet.
Une convention doit être passée avec le commissariat pour que la police nationale prenne le relais de la ville le soir après 18 heures, ainsi que le dimanche.

Luc Chatel : «J’ai envie de voir qui rentre chez Gérard Groslambert...»

«Tout ça est très encadré juridiquement», tient à rassurer Luc Chatel, soulignant notamment que les images sont automatiquement «écrasées» au bout de 10 jours et que les zones privées apparaissant dans le champ de vision des caméras sont obligatoirement masquées.
C’est le cas notamment des fenêtres des particuliers. Comme l’a résumé l’adjoint Vincent Galantier, lors de l’inauguration, «un agent, même assermenté, ne pourra pas regarder une femme se déshabiller dans sa salle de bains…» Encore heureux ! Mais, découvrant au même moment sur les écrans du local de surveillance les images de la place du Palais, le maire n’a pu s’empêcher de lancer avec le sourire : «J’ai envie de voir qui rentre chez Gérard Groslambert…» L’intéressé a ri jaune.
Il faut dire qu’avec toutes ces caméras, qui se multiplient aussi dans les grandes surfaces, les bars, les magasins et certaines administrations, il ne sera bientôt plus possible de faire quoi que ce soit sans avoir le sentiment d’être épié en permanence. Mais ce n’est pas ça qui va arrêter la municipalité. «C’est un événement important», a martelé Luc Chatel lors de l’inauguration de lundi matin, avant de raconter qu’il était même interpellé par des habitants s’étonnant qu’il n’y ait pas encore de caméras dans leurs quartiers et lui disant (sic) : «Et nous ! Et nous !»
Ironie du sort : trois jours après cette inauguration, un braquage assez violent s’est déroulé à la bijouterie Donadel, rue Tréfousse. A l’abri des caméras...
Si toutefois les images enregistrées dans les rues adjacentes permettent d’aider l’enquête, on pourra quand même reconnaître que ces caméras ont une certaine utilité. Mais il n’y a rien de sûr...



La Ligue des droits de l’homme s’inquiète

Le 25 mars, la Ligue des droits de l’homme s’inquiétait dans un communiqué de la prolifération en France des caméras de surveillance. «Et pourtant, même un rapport du ministère de l’Intérieur montre que la vidéosurveillance n’entraîne pas de baisse significative des chiffres de la délinquance», pouvait-on lire. «Aucune caméra ne peut remplacer la présence humaine dans la sécurisation des lieux qui nécessitent une surveillance particulière et qui ne sauraient se multiplier à l’infini. Inefficace et coûteuse, l’inflation de la vidéosurveillance est surtout liberticide. Non seulement l’enregistrement de l’image d’une personne sans son consentement est une atteinte à la vie privée, protégée par la Convention européenne des droits de l’Homme et par l’article 9 du Code civil, mais le projet de suivre en permanence les allées et venues de chacun n’est pas compatible avec une société de libertés. Les images enregistrées peuvent être utilisées à toutes sortes de fins illégitimes : grâce à elles, certaines entreprises surveillent leurs salariés jusque dans leur intimité et aussi les délégués syndicaux, comme certains régimes autoritaires traquent leurs opposants politiques. Prétendre que celui qui n’a rien à se reprocher n’a rien à craindre de la vidéosurveillance, c’est faire de chacun de nous un suspect potentiel qui devra s’expliquer sur sa présence là où on l’a filmé à son insu, remplacer le principe constitutionnel de présomption d’innocence par une logique de contrôle généralisé de la population...»



«Cinéma à Chaumont, les caméras remplacent les écrans !»

Thierry Gitton, qui précise écrire au nom des conseillers municipaux de gauche nous envoie un texte assez drôle qui commence par une petite devinette :
«Qu’est-ce qui ne sert à rien mais donne l’impression d’habiter dans une vraie ville ?
Qu’est-ce qui prétend remplacer la présence humaine sacrifiée dans la réforme des services publics ?
Qu’est-ce qui rassure un électorat inquiété par des campagnes anxiogènes ?
Qu’est-ce qui fait diversion quand les plus grandes menaces  sont sociales, économiques et environnementales ?
Qu’est-ce qui permet à un élu de faire œuvre de proximité malgré le temps très partiel qu’il accorde à sa ville ?
Il fallait y penser, il fallait l’importer, la caméra de centre ville ! A travers les moto-crottes, colonnes Morris et autres Chaumont plage, notre maire nous rapprochait de Paris, mais avec les caméras de surveillance c’est objectif Londres ou même New-York !
A Chaumont, nous ne sommes pas près d’avoir un cinéma, mais nous possédons la caméra de surveillance. A défaut du palmarès du festival de Cannes, nous pourrons peut-être profiter de séquences filmées dont nous serons le héros, tenue correcte exigée, pour ce loft-story dans la rue. Y-en aura-t-il aussi dans la piscine ?
Pendant la campagne, «Allez Chaumont» a fait son miel du sondage grandeur nature, demandant aux habitants d’exprimer leurs regrets ou leurs souhaits pour Chaumont. Aucun n’a pratiquement exprimé un quelconque appétit pour ce mode d’équipement et l’insécurité a très peu été évoquée.
Remercions M. Chatel de ne tenir aucun compte des souhaits des Chaumontais, et d’être capable de se mettre hors champ et pour cette première décision d’équipement du mandat qui marque notre passage dans la vraie ville.
Qu’apporte la caméra vidéo ? Elle permet d’éloigner tous les chenapans, voleurs, escrocs, assassins hors du champ de ladite caméra, soit quelques mètres plus loin. Les seules canailles inciviles qui vont être gênées sont les canailles à mobilité réduite. Si vous êtes agressé (comme dans les vraies villes), précipitez-vous sous les caméras et faites de grands gestes. Si la caméra est en hauteur, ça fera une très belle plongée, avec un lampadaire en douche, ça renforcera l’effet tragique. Si personne ne vient, parce que le personnel affecté à la maintenance est en retraite non remplacé comme un fonctionnaire sur deux, restez-y, les canailles sont rarement au courant des réformes.
Si vous faites partie des fâcheux qui pensent que cet œil électronique s’immisce un peu trop dans votre vie privée, dites-vous bien que c’est forcément que vous avez quelque chose à vous reprocher. Les honnêtes gens ne craignent pas la surveillance, ils la recherchent. Peut-être craignent-ils de devenir moins honnêtes sans surveillance.
Si vous faites partie des idéalistes qui pensent que la présence éducative et préventive renforcée est le meilleur remède contre les incivilités, vous oubliez à quel point une caméra amène à des conduites exemplaires, regardez à la télé !
Alors, réjouissons-nous de cette première grande décision de l’ère Chatel qui nous propulse dans un monde tellement plus humain et généreux, dans une ville tellement plus désirable, prosternons-nous devant cet objectif atteint avec détermination.
Cela valait bien une inauguration en grande pompe avec bristol, souriez, vous êtes filmés ; à Chaumont le cinéma, à défaut d’être dans les salles, est dans la rue !»

Christophe Poirson
Vendredi 12 Juin 2009
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1.Posté par comptoirs le 13/06/2009 07:56
filmer quoi?

une ville désertique , plombée par des déficits accumulés par des projets que chaque équipe semble avoir voulu faire à un endroit géographique différent des 4 points cardinaux afin de se démarquer des autres.

une ville où au lieu de miser sur la diversité de sa jeunesse, on grappille ici et là quelques centimes sur le dos des enfants (où sont passés les contrats éducatifs locaux?)