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CVB : Ça se complique !

Aux habituelles incertitudes sur le budget à venir et sur les choix des joueurs, vient s’ajouter la volonté de la Fédération internationale de volley-ball de limiter le nombre d’étrangers dans chaque club.



Lors d’une conférence de presse à Tokyo, Ruben Acosta, le président de la FIVB (Fédération internationale de volley-ball) a fait part de son souhait de limiter le nombre d’étrangers dans chaque club. On ne devrait pas en compter plus de trois par équipe sachant, en plus, qu’ils ne pourraient pas se présenter à plus de deux sur le terrain. Le but serait de faire plus de place aux jeunes de chaque pays.
Une première décision pourrait être prise lundi 12 mai par le Conseil d’administration de la FIVB et confirmée par le congrès à la mi-juin.
Voilà qui risque de compliquer sérieusement la tâche du Chaumont-Volley-Ball 52 Haute-Marne.
Nous avions écrit que le club local aurait tout à gagner à conserver ses joueurs. L’équipe , qui vient de connaître beaucoup de déboires, a aussi montré une belle cohésion et prouvé qu’elle disposait d’un excellent potentiel. Tout laisse à penser qu’elle a les moyens de vraiment se révéler lors d’une deuxième saison.
Les dirigeants sont plutôt de cet avis, imaginant toutefois qu’il faudrait adjoindre à une large base ancienne quelques nouvelles recrues de haut niveau.
Mais l’équipe actuelle compte 3 Français, 2 Canadiens, 1 Roumain, 1 Tchèque, 1 Hollandais, 1 Camerounais et 1 Nigérian

Impossible de signer un contrat

Si les règles voulues par le président de la FIVB viennent à s’appliquer, il va falloir une fois de plus tout reprendre à zéro.
Pompiliu Dascalu, l’entraîneur du CVB est dans l’expectative. Les négociations avec les joueurs de Chaumont - et d’ailleurs - n’étaient déjà pas simples dans la mesure où, comme d’habitude, il ne savait pas encore de quel budget il pouvait disposer. Les discussions entre le club et ses partenaires (notamment les collectivités locales) ne sont en effet pas encore suffisamment avancées. Et voilà que la menace de cette mesure internationale vient bloquer complètement la construction de la nouvelle équipe.
On imagine que le club pourrait au moins reconduire les contrats de ses trois Français. Mais ceux-ci ne sont pas pressés. Et c’est de bonne guerre : si la volonté du président de la FIVB s’applique, les joueurs français, qui ne sont pas si nombreux, vont prendre beaucoup de valeur sur la marché national. Il vont avoir l’opportunité de faire jouer la concurrence entre clubs et pouvoir négocier de meilleurs salaires.


De quoi contracter une belle migraine

A tout cela risque de s’ajouter aussi une partie de cache-cache entre clubs.
Avant même que la FIVB ait pris une décision, des avocats se penchent déjà sur la question. Ils le font d’ailleurs avec d’autant plus d’empressement que la fédération internationale de football se dit intéressée par la démarche. Les enjeux seraient alors énormes. Or, les arrêts Bosman, puis Malaja, montrent que la justice donne raison aux joueurs étrangers qui s’appuient sur le droit du travail. Tout européen a le droit de travailler dans n’importe quel pays d’Europe ; la discrimination en fonction de la nationalité y est interdite. Et cette disposition s’applique aussi aux pays qui ont des accords avec l’Union européenne.
Les joueurs qu’on empêcherait d’aller évoluer dans un autre pays auraient toujours la possibilité de faire des recours. Cependant, la FIVB aurait aussi la possibilité de mettre des bâtons dans les roues des clubs, des fédérations nationales et des joueurs... Ruben Acosta sait qu’il existe un cas particulier en Europe. Il a annoncé qu’il irait en discuter avec les fédérations concernées.
Y aura-t-il des tolérances ? Et jusqu’où ? Les clubs qui oseront s’affranchir des règles internationales finiront-ils par obtenir gain de cause... et disposer ainsi d’un net avantage sur les autres ?
La problématique a de quoi donner la migraine. On ne voudrait pas être à la place de l’entraîneur et des dirigeants du CVB 52 HM. Sans oublier toujours, que le club doit se trouver un nouveau président...

Lionel Thomassin
Vendredi 9 Mai 2008
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