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CONSEIL MUNICIPAL

Tout ce qui fait débat



Grands projets : «C’est vrai que ce sera dur !»

Malgré l’avertissement de l’opposition, Elisabeth Allaire pense qu’il est toujours possible de mener de front tous les grands projets de la municipalité. Elle reconnaît cependant que ce ne sera pas facile.

Grâce à l’emprunt notamment et à des économies de fonctionnement, Luc Chatel espère dégager, durant son mandat, environ 16,6 millions d’euros pour réaliser les grands projets qu’il ne cesse de présenter aux Chaumontais (aménagement du quartier de la gare, musée de l’affiche, salle multi-activités, zone commerciale, éco-quartier...). Sachant qu’il pense obtenir en moyenne 70 à 75 % de cofinancement (provenant des subventions de l’Europe, de l’Etat, de la Région, du Département), il compte sur une somme globale de 60 millions d’euros.
Cette double hypothèse est triplement rejetée par l’opposition.
Du côté du parti socialiste, Lionel Blondelle et Patrick Lefèvre contestent déjà la somme initiale. Ils sont persuadés que le maire a sous-estimé un certain nombre de dépenses qui s’avéreront obligatoires année après année (voir ci-dessous). De plus, il leur semble avoir décelé quelques lacunes dans le tableau prévisionnel de la ville pour les 5 années à venir (voir page suivante). Pour eux, il faudra au mieux se contenter de 12 millions d’euros.
Les deux élus jugent ensuite irréaliste l’idée qu’on puisse obtenir 70 % de subventions. Patrick Lefèvre pense qu’il ne sera pas possible d’obtenir plus de 50 % des sommes totales. Lionel Blondelle se dit encore beaucoup moins optimiste.

La grande valse des millions

Enfin la troisième objection porte sur le coût des aménagements prévus par la municipalité. Dans le meilleur des cas, les deux opposants veulent bien encore imaginer que la ville pourrait réunir au total entre 25 millions d’euros (selon l’estimation de l’un) et 35 millions (pour l’autre). Or, Lionel Blondelle déclare : «Ce ne sera même pas suffisant pour réaliser le premier de vos projets». Et Patrick Lefèvre ajoute : «Vos grands projets valent bien 200 millions d’euros. Ce que vous nous proposez aujourd’hui, c’est de la magie !».
Elisabeth Allaire, l’adjointe aux finances qui est également chargée des grands projets, voit bien sûr les choses différemment. Elle compte d’abord sur le fait que certaines opérations annoncées aujourd’hui par la ville seront finalement menées par le privé (et peut-être même par d’autres collectivités...). Et puis elle annonce des chiffres presque rassurants.
Selon elle, en effet, l’aménagement du secteur de la gare (hors multiplexe et musée de l’affiche) ne coûterait que 15 millions d’euros...
Mais rien n’est vraiment sûr encore (voir autre article ci-dessous). L’étude chiffrée devrait être effectuée prochainement.

Pas question d’avancer à petits pas

Elisabeth Allaire est persuadée par ailleurs qu’il sera effectivement possible d’obtenir d’excellents cofinancements. D’abord parce que le terrain a été bien débroussaillé (y compris par l’ancienne municipalité) et ensuite parce que de nouvelles négociations laissent espérer encore plusieurs réponses positives.
Enfin, elle reste sur l’hypothèse de base des 16,6 millions d’euros. Sa conviction tient au fait que le calcul a été effectué à partir du modèle chaumontais établi par le trésorier principal, lui-même. C’est la première fois, selon elle, qu’une telle prospective financière est réalisée pour l’ensemble d’un mandat. Elle ne voit aucune raison de la remettre en cause.
Néanmoins, rappelant que la ville s’interdit d’avancer à petits pas, elle reconnaît : «C’est vrai que ce sera dur !». A l’instar du maire, elle ne voit pas d’autre solution, pour faire avancer la ville, que de lancer tous les projets dans un délai assez court.
Pourvu qu’il n’y ait pas embouteillage et blocage...
L.T



Pour 15 millions seulement ?

Elisabeth Allaire annonce que l’aménagement du quartier de la gare (sans compter le multiplexe et le musée de l’affiche) ne devrait pas coûter si cher qu’on le croit. Le calcul n’a pas encore été effectué. Mais, à la louche, un architecte lui a donné un ordre de grandeur rassurant.
Nous on veut bien. Mais l’estimation nous paraît bien optimiste.
N’oublions pas que le projet commence par un rond-point près du pont de tôle. Et on sait déjà que ce genre de plaisanterie vaut à lui seul aux alentours d’un million. A côté, il va falloir acquérir et démolir des bâtiments, puis construire un parking. Puis on va aménager un long boulevard qui arrivera jusque devant la gare. Quand on connaît le prix du moindre bout de route...
De là, il faudra construire une rampe qui longera le cinéma pour arriver sur le pont. Encore quelques millions à notre avis...
Dans le même temps, il est prévu d’aménager l’avenue Foch, en élargissant notamment les trottoirs ; de sorte que le piéton et l’automobiliste se sentent déjà proche du centre-ville.
Et n’oublions pas que le mur d’enceinte, ainsi que quelques bâtiments de la Banque de France (qu’il faudra acheter aussi) devront être démolis. De plus, tout ce secteur devra être traité en piétonnier ; avec cette caractéristique que, venant du centre-ville, la bande se situant entre la Banque de France et le futur multiplexe subira elle aussi un très fort dénivelé.
Nous qui n’y connaissons rien sommes enclins à penser que le prix de tout cela se rapprochera plus de 25 millions que de 15.
Mais laissons travailler les hommes de l’art. On verra bien après...
Autre petit détail : l’aménagement de la Banque de France en Centre international du graphisme et du nouveau bâtiment voisin sont aussi estimés à 15 millions d’euros.



Sans nids de poules ?

Pour réaliser ses investissements, comptant donc sur diverses économies et tous les emprunts possibles, la municipalité estime pouvoir dégager à peu près 5 millions d’euros par an. Elle en réserve 1,5 pour les opérations courantes (entretien de la voirie, des espaces verts et des bâtiments, renouvellement de mobilier, améliorations diverses...) et le reste sera affecté aux grands projets.
L’opposition s’insurge alors au nom du principe de réalité. Selon elle, les investissements courants représentent habituellement près de 2,4 millions d’euros par an. Preuve donc que la somme globale de 16,6 millions d’euros annoncée par la ville pour réaliser ses grands projets durant le mandat, est surévaluée.
Luc Chatel rappelle que les grands projets doivent être prioritaires. Il a bien remarqué que la ville dépensait nettement plus de 1,5 million par an pour ses investissements ordinaires. Mais il a calculé aussi que le surplus correspondait à des opérations exceptionnelles (carrefour nouveau, petites extensions de bâtiments, etc.) qui, par définition, ne se renouvelleront pas.
L’opposition explique que chaque année révèle son lot d’opérations nouvelles. Il y a toujours un problème à régler en urgence, en dehors des programmations ordinaires.
Thierry Gitton ajoute que la ville conduit actuellement une réflexion intéressante sur la réorganisation des écoles. Des regroupements sont annoncés. Ce qui se traduira forcément par des travaux nouveaux. Et Lionel Blondelle se demande : à quels renoncements la ville devra-t-elle se résoudre pour rester dans son budget initial ?
Doit-on en conclure que, pour voir sortir de terre les grands projets, il faudra freiner sur l’entretien de la voirie ? Faudra-t-il, pour avoir le plaisir de contempler une belle entrée de ville du côté de la gare, accepter les nids de poules partout ailleurs ?


Petites explications sur les pourcentages

Pour la réalisation de leurs projets, contrairement aux entreprises, les collectivités territoriales raisonnent en prix T.T.C.. Parce que la TVA n’est remboursée qu’au bout de deux ans (bientôt un an pour celles qui le pourront) et que le coût de la taxe n’est pas neutre en attendant.
Cependant, les subventions ne sont généralement calculées que sur les montants hors taxes. Et c’est logique, parce que les cofinanceurs, eux, ne récupèrent pas la TVA.
Ainsi, lorsque la ville réalise un aménagement nouveau de 12 millions d’euros, Elle ne peut aller chercher les subventions des autres collectivités que sur 10 millions d’euros. Or il est interdit de recevoir plus de 80 % de financements extérieurs.
En théorie donc, lorsqu’elle débourse 12 millions, elle ne peut espérer obtenir que 8 millions d’aides déverses. Et encore... il y a des dépenses qui ne sont généralement pas subventionnables, comme les honoraires d’architectes. Et puis, même quand on est très influent, on arrive rarement à obtenir le maximum des différents partenaires (Etat, Région, Département...). Voilà pourquoi Luc Chatel annonce qu’il compte sur 70 % de subventions.
La gauche, elle, n’y croit pas.
Toujours est-il que, pour notre dépense initiale de 12 millions d’euros, la ville devra au mieux en débourser 5. Et voilà pourquoi l’opposition déclare que la ville ne peut pas espérer mieux que 56 % de subventions. Ainsi, en partant de 16,6 millions d’euros (hypothèse très optimiste), on ne peut pas réaliser mieux que 40 millions d’investissements.
Luc Chatel a donc tort quand il annonce 60.
Sauf que les 40 donneront droit à 6,4 millions d’euros en récupération de TVA et que ceux-là pourraient théoriquement permettre de réaliser 15 millions d’investissements nouveaux, lesquels permettront de récupérer 2,25 millions de TVA, qui pourront engendrer 5 millions d’investissements...
On peut dire ainsi que, même si la démonstration de Luc Chatel n’est pas bonne, le résultat sera quand même approchant... au final. Avec cette nuance peut-être que pour y arriver, il faudra déborder sur le mandat suivant.

Local jeunes : la bonne blague de Luc Chatel

Interpellé par Patrick Lefèvre, le maire a déclaré au dernier conseil municipal que le local jeunes –repris par la ville- était resté fermé parce que l’animateur –de la MJC- était en congé…

Pour des raisons qui peuvent rester mystérieuses, la ville de Chaumont a décidé de retirer à la MJC la gestion du local jeunes de La Rochotte à compter du 1er janvier. Craignant une fermeture définitive de ce local (d’autant que diverses rumeurs ont circulé durant la campagne des municipales, certains racontant qu’il avait vocation à devenir une mosquée), une trentaine de jeunes ont manifesté en bloquant la circulation avenue d’Ashton le 30 décembre. Mais l’adjoint au maire Didier Cognon est venu les rassurer. Il leur a dit que le local, repris en gestion directe par la ville, rouvrirait début janvier, «après quelques jours de battement». Il leur a dit aussi que la municipalité n’avait rien contre l’animateur de la MJC, Abdelaziz, qui s’occupait jusqu’à présent du local jeunes. Et qu’elle souhaitait le réembaucher. Même si, au moment où il le disait, celui-ci n’avait encore reçu aucune proposition concrète…
Le hic, c’est qu’un mois plus tard, le local jeunes n’avait toujours pas rouvert ses portes. Interpellé à ce sujet par l’élu d’opposition Patrick Lefèvre, le maire a répondu au dernier conseil municipal : «L’animateur était en congé… On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si le local doit fermer quand l’animateur n’est pas là».
Luc Chatel est gonflé ! C’est tout juste s’il ne dit pas que la MJC est responsable de la situation…

La ville propose à l’animateur de la MJC un CDD d’un an

Dans les faits, l’association a rendu les clés du local jeunes à la ville le 31 décembre. Le sort de son animateur n’ayant pas été réglé, elle a décidé de continuer de le salarier. D’autant qu’elle peut continuer de s’appuyer sur lui pour développer certaines activités en lien avec les quartiers de La Rochotte et du Cavalier. Mais le 31 décembre, Abdelaziz en a profité pour demander des congés. Et il est parti, non pas durant un mois, mais jusqu’au 12 janvier.
Vu les circonstances (personne ne lui a dit d’ailleurs s’il devait démissionner ou se faire licencier avant d’espérer être réembauché par la ville), il est difficile de le lui reprocher.
A son retour, Abdelaziz a tout de même été contacté –oralement- par les services de la ville qui lui ont proposé de rejoindre l’équipe des animateurs de rue. Mais dans le cadre d’un contrat à durée déterminée d’un an (alors qu’il bénéficie d’un CDI à la MJC) et avec un salaire légèrement inférieur à celui d’aujourd’hui…
«On est en attente de réponse», a précisé Luc Chatel lors du conseil municipal du 31 janvier, ajoutant que le local jeunes devrait rouvrir néanmoins «dans les jours qui viennent».
Répondant toujours à une interpellation de Patrick Lefèvre, qui s’inquiétait que ce local puisse être à l’avenir autogéré par les jeunes à certains moments de la journée (de 20 heures à 2 heures du matin !), le maire a également confirmé son intention d’établir un partenariat avec l’association Jeunes 100 Frontières. «Attention, ce sont quand même des jeunes qui ont besoin d’être encadrés», a insisté l’élu d’opposition, soulignant que la responsabilité du maire risquait d’être engagée au moindre incident.

Michel Prost : «J’ai vraiment peur de ce qui va se passer»

«Cette politique est lamentable», commente aujourd’hui le directeur de la MJC Michel Prost. «Il n’y a pas de professionnels de l’éducation populaire à la ville. Où est le projet pédagogique ? La MJC a géré ce local pendant 6 ans. On a toujours résisté aux pressions et aux demandes individuelles. Ce qui nous a d’ailleurs valu certaines inimitiés».
Michel Prost ajoute que parmi ceux qui lorgnent aujourd’hui sur le local jeunes, il y en a qui ont défrayé la chronique judiciaire, il n’y a pas si longtemps, pour des affaires de drogue ou de véhicule incendié. Et de conclure : «J’ai vraiment peur de ce qui va se passer…»
C.P



Avec 42 000 euros, la MJC ne tiendra pas jusqu’à l’été

En attendant les résultats de son fameux «appel à projets» lancé auprès des associations, la municipalité vient d’octroyer royalement un acompte de 42 000 euros à la MJC pour l’année 2009. Ce qui est censé représenter 60% de la subvention 2008. Soit ni plus ni moins que ce que touchent toutes les autres associations de la ville en début d’année.
Sauf qu’en 2008 la MJC s’est vu sucrer brutalement 40% de sa subvention annuelle, soit environ 60 000 euros sur un total de 150 000 euros. En lui attribuant un acompte équivalent à 60% de 60% de sa subvention habituelle, la municipalité la sanctionne donc doublement.
Selon la MJC, qui a fait des calculs différents, cette somme de 42 000 euros ne correspond même pas à 60% de 60%. L’association a touché en 2008 de la ville de Chaumont un total de 96 000 euros, dont 26 400 euros au titre du local jeunes. La ville a retiré ces 26 400 euros de son calcul, alors qu’une partie de cette somme servait à organiser le forum de l’égalité, la fête de la musique et les feux de la Saint-Jean. Autant d’animations à destination des quartiers que la MJC compte bien renouveler en 2009, même si elle ne dispose plus du local jeunes.
Dans ces conditions, c’est un acompte de 50 000 euros qu’elle aurait dû toucher en ce début d’année. Patrick Lefèvre a relayé cette demande au dernier conseil municipal. Mais comme il n’a pas été entendu, les cinq élus de gauche ont voté contre la délibération. Ce qui leur a valu cette réplique amusée de Luc Chatel : «Vous ne voulez donc pas donner d’argent à la MJC ?»
En attendant, la MJC n’a pas vraiment envie de rigoler. Elle entend bien répondre à l’appel à projets d’ici au 28 février. Mais elle a déjà déposé un dossier à la ville avec une demande de subvention pour 2009 de 163 000 euros. Ce qui fait une nouvelle fois se marrer Luc Chatel : «Comme quoi, ça a du bon de se dire les choses», a-t-il commenté lors du conseil municipal.
Reste qu’avec ces 42 000 euros, la MJC dit ne pas avoir de quoi payer ses salaires jusqu’au 30 juin prochain. Quant aux fournisseurs, ils risquent de devoir patienter encore un peu. 
A titre de comparaison, le club de volley, malgré ses nombreuses défaites qui ne contribuent pas à améliorer l’image de la ville, s’est vu attribuer un acompte pour 2009 représentant 90% de la subvention de l’année passée...


Budget : des chiffres à revoir

Le débat d’orientation budgétaire permet, en raisonnant sur les grandes masses du budget, d’imaginer les projets prochainement réalisables. Cependant, à force de n’être pas précis et de faire des estimations «à la louche», les élus n’ont guère avancé lors de la dernière réunion du Conseil municipal. Majorité et opposition se sont envoyés des chiffres complètement différents. Si bien qu’on attend maintenant avec impatience le vote du budget primitif (à la fin du mois, espère Luc Chatel) pour savoir qui a raison.
La réalité des chiffres permettra au moins de lever de lourdes ambiguïtés. Ainsi, par exemple, celle des remboursements d’emprunts.
On sait que la ville a programmé d’emprunter 3,5 millions d’euros chaque année pour réaliser ses grands investissements. Elle les a prévus dans son tableau de prospective allant jusqu’à 2013. Mais dans le même temps on voit que chaque année, le remboursement diminue très sensiblement.
C’est la preuve pour l’opposition que la municipalité a oublié de compter dans son prévisionnel le remboursement des emprunts nouveaux. Or, au bout de 5 ans, à raison de 350 000 euros la première année, 700 000 la deuxième, etc., ça peut faire plus de 5 millions d’euros. Du coup, les 16,6 millions prévus pour les investissements durant le mandat doivent être ramenés à 11,5.
Il est vrai que le tableau de remboursement de la dette présenté samedi devant les élus ressemble étrangement à celui de l’extinction de la dette antérieure. On peut penser en effet que quelqu’un a oublié d’y ajouter les nouveaux emprunts.
Néanmoins, Luc Chatel affirme qu’il n’y a pas d’erreur. Ce que nous confirmera plus tard Jean-Michel Zupan, après consultation de ses services.
Mais l’opposition maintient son point de vue. A suivre donc...
Bien d’autres éléments financiers sont contestés. Mais la municipalité réplique en avançant d’autres considérations.
Certes, à cause de la baisse de la population, les dotations de l’Etat vont diminuer de 500 000 euros environ. Mais la ville précise qu’elle compte bien réaliser une économie de 500 000 euros par an sur le fonctionnement des services...
De même, lorsque l’opposition met le doigt sur des estimations qui lui semblent sous-évaluées, elle s’entend dire qu’on pourra de toutes façons entrer en contrepartie des ventes de biens ainsi que les effets des augmentations de tarifs...
Décidément, seul le budget sérieusement bouclé nous permettra d’y voir plus clair...



Personnel municipal : ça pourrait faire mal

Luc Chatel organise une nouvelle grande réunion avec tout le personnel municipal le jeudi 12 février, à 17 heures, à la salle des fêtes. 
Résultat : les services au public, tels que les Silos et les garderies scolaires, fermeront de nouveau beaucoup plus tôt que d’habitude, occasionnant une gêne certaine chez les usagers. 
L’objet de cette réunion est de présenter aux employés les premières constatations et préconisations du fameux audit organisationnel. Mais la nouvelle municipalité n’a pas attendu les résultats de cet étude pour modifier le fonctionnement de ses services. 
Des déménagements ont déjà eu lieu. Et aujourd’hui, il est de nouveau question d’un regroupement des services sur un seul site. Il est aussi urgent de trouver un point de chute, au moins provisoire, pour les services techniques qui vont devoir quitter la place de la gare, grand projet oblige. La ville envisagerait ainsi de récupérer les locaux récemment libérés par la MSA, qui a quitté l’avenue Emile-Cassez pour s’installer au quartier Foch. 

80 emplois supprimés d’ici à 2013 selon Patrick Lefèvre

Autre question brulante : la gestion du personnel. Au dernier conseil municipal, rappelant sa volonté de stabiliser voire de réduire la masse salariale, le maire a annoncé son intention d’étudier au cas par cas le remplacement des départs en retraite et le renouvellement des contrats arrivant à échéance. 
Selon les calculs de Patrick Lefèvre, la simple stabilisation de la masse salariale (qui augmente mécaniquement chaque année en raison de l’ancienneté, des évolutions de carrière et des revalorisations salariales) se traduira par la suppression de 80 emplois municipaux d’ici à 2013. Luc Chatel n’a ni confirmé, ni démenti...

La CGT écrit au maire et lance une pétition

De son côté, Céline Gromek, la colistière de Philippe Debref, a déclaré au conseil : «La municipalité choisit, à l’amorce d’une crise mondiale, de sacrifier des emplois au niveau local pour permettre le financement de projets pharaoniques. On pourrait plutôt baisser la fiscalité pour relancer la consommation.»
En tout cas, certains contractuels de la ville sont effectivement déjà sur la sellette : quatre d’entre eux n’ont pas vu leur contrat se prolonger en ce début d’année 2009 et quatre autres restent dans l’incertitude. 
Opposé à cette politique, le syndicat CGT de la ville a lancé une pétition. En une semaine, il a déjà recueilli 300 signatures. Il a aussi écrit au maire : «Chaumont perd tous les ans des habitants, la Haute-Marne se désertifie et pourtant des jeunes veulent vivre et travailler ICI, mais on les jette comme des kleenex, après les avoir bien exploités.»
Il se pourrait qu’il y ait un peu d’ambiance, le 12 février, à la salle des fêtes...



Ecole privée : la ville fait un pas mais le conflit demeure

De la même manière que les communes alentours paient à la ville un forfait pour chacun de leurs enfants fréquentant une école chaumontaise, la ville de Chaumont paie un forfait pour chacun de ses enfants fréquentant l’école privée Sainte-Marie.
Le problème, c’est que se basant sur des accords passés avec l’Etat, l’école privée considérait que la contribution de la ville était insuffisante. Elle a porté l’affaire en justice.
Arrivant à la tête de la mairie, Luc Chatel a accepté le prix demandé par le privé. Il vient ainsi de faire voter par le Conseil municipal une sonne de 665,26 euros par élève des classes élémentaires. Ce qui conduit à un surcoût de 16 000 euros.
Mais dans le même temps, il a décidé de ne plus rien donner pour les élèves de maternelle dont la compétence n’est pas obligatoire.
Les négociations n’ayant finalement pas abouti, l’Organisme de gestion de l’établissement catholique maintient la procédure judiciaire ; d’autant qu’il réclame un effet rétroactif.
En attendant, Lionel Blondelle demande si ce nouveau prix va désormais servir de base dans les relations avec les communes extérieures. En clair : la ville va-t-elle leur appliquer ce tarif ?
Réponse de Luc Chatel : «C’est un sujet très compliqué. Une réflexion intercommunale ne serait pas abérante. Mais notre objectif reste toujours de trouver des points de convergence».



LES COUDEES FRANCHES

Le maire se rebiffe

Accusé par l’opposition de présenter un projet très peu sérieux, renvoyé à ses études par Lionel Blondelle («Ce tableau est ridicule. Refaites-le et vérifiez-le !»), Luc Chatel finit par se lâcher un peu.
Se déclarant toujours preneur de conseils, il laisse entendre qu’il n’a pas de leçons à recevoir de la part de ceux dont la gestion s’est caractérisée par : «une explosion de la fiscalité, un dérapage des dépenses de fonctionnement, aucun choix et un retard d’investissements, sans équivalent, dans les équipements structurants...».
Il en veut aussi à ceux qui ont embauché du personnel dans les quatre derniers mois du mandat. «Ça aura un impact pendant 40 ans», reproche-t-il. Et puis, tant qu’il y est, il parle aussi de la Communauté de communes du Pays chaumontais. «On aura un débat cruel pour certains, prévient-il. Depuis 3 ans les dépenses de fonctionnement ne sont pas couvertes. On constate qu’aucune décision de gestion n’a été prise...».
«Je ne suis pas le maire sortant», lui répondra plus tard Lionel Blondelle avant de passer à d’autres sujets.

Mais quand même...

Lionel Blondelle ne croit pas que la ville puisse obtenir 70 à 75 % de cofinancements sur ses grands projets. D’expérience, il sait que c’est impossible même si, en théorie, les villes peuvent prétendre jusqu’à 80 % de subventions (mais jamais au delà) sur le coût (hors taxes) des projets exceptionnels.
On peut toutefois lui objecter que déjà certaines aides inhabituelles sont acquises (ANRU, FEDER...) et que Luc Chatel est ministre. Il n’est pas impossible qu’il trouve des financements qu’un maire de gauche ne pourrait jamais décrocher.
Mais l’élu PS y croit assez peu. Et il en veut pour preuve, comme il l’a d’ailleurs dit au conseil municipal, qu’en 2008 la ville n’a pas obtenu mieux que 10 % de subventions pour ses investissements ; soit le taux de cofinancement le plus faible depuis 10 ans.
Alors là on est obligé de tomber d’accord avec la réplique de Luc Chatel : en 8 mois, une équipe qui arrive n’a pas le temps de monter ses projets. Ses investissements ne sont pas encore significatifs.
Réponse de Lionel Blondelle : «Oui. Mais quand même... 10 %... on pouvait faire nettement mieux...».

Quelles économies ?

Pour dégager plus de moyens affectés à l’investissement, Luc Chatel prévoit de réaliser des économies sur le fonctionnement de la ville. Il demande ainsi aux différents services de baisser leurs dépenses de 10 %. Ce qui peut faire gagner 500 000 euros environ.
S’il y arrive, il faudra se poser quelques questions. Car, il y a quelques années, l’ancienne municipalité avait déjà lancé, avec succès, une telle opération. C’était allé si loin que L’affranchi avait dénoncé même la pénurie de papier toilette dans les WC de l’hôtel de ville.
La pression n’ayant depuis pas été beaucoup relâchée, si un deuxième tour de vis parvient à donner les mêmes résultats sans graves dysfonctionnements, on pourra se demander où pouvait bien se cacher la marge restante.

Sur le dos de la CCPC

Patrick Lefèvre s’inquiète pour la Communauté de communes du Pays Chaumontais. Ayant bien entendu que Luc Chatel ne voulait pas augmenter les taux d’imposition de la ville, il a bien compris aussi que de nouvelles fonctions (comme le centre communal d’action sociale), du nouveau personnel et même des investissements (comme la salle multiactivité) allaient être transférés à la CCPC.
Et là il est persuadé que le président Luc Chatel n’hésitera pas à augmenter les impôts. Or comme les contributions de la Communauté de communes viennent à 95 % des citadins, au final on peut dire que les Chaumontais vont voir augmenter leurs impôts.
Luc Chatel ne le nie pas. Mais on sent bien, à travers la diatribe développée plus haut, qu’il justifiera la nouvelle taxation par la mauvaise gestion de l’équipe précédente.

Des arbres de la promenade Gambetta vont tomber...

Lors du dernier conseil municipal, Christine Guillemy a annoncé une bien triste nouvelle : 41 des 190 arbres de la promenade Gambetta, pour la plupart centenaires, vont devoir être abattus dans des délais très brefs pour des raisons de sécurité. Et les autres présentent aussi des menaces et/ou des signes de mauvaise santé : il y en a 33 qui vont désormais faire l’objet d’un suivi annuel de l’ONF, 46 d’un suivi tous les deux ans et 76 d’un suivi tous les trois ans. 
Pas enthousiaste à l’idée de remplacer systématiquement chaque arbre abattu, l’adjointe a également annoncé la réalisation d’une «étude d’ensemble sur cette promenade». 

La ville augmente ses tarifs

Le conseil municipal a voté une hausse de l’ordre de 3% des tarifs concernant les étalages, les terrasses, le marché couvert, la médiathèque, la piscine, les locations de salles, etc. 
Céline Gromek a fait remarquer que le document adressé aux élus avec la convocation pour le conseil municipal n’était pas complet. Elle s’est également étonnée du montant de la hausse, alors que le taux d’inflation pour 2009 est prévu selon elle à 1,5%. 
Luc Chatel a répliqué que l’inflation en 2008 avait quand même été de 2,8%. Mais les deux élus du Modem ont voté contre cette délibération qui, selon eux, ne milite pas en faveur du soutien aux commerces et aux consommateurs. 
Alors que ses colistiers de gauche votaient également contre, Lionel Blondelle a préféré s’abstenir. Il est vrai que lorsqu’il était adjoint aux finances, il avait déclaré à plusieurs reprises que la ville devrait revoir ses tarifs. 

Base nautique : contre-propositions

Ayant compris que le projet intercommunal de base nautique à Choignes tombait à l’eau, Patrick Lefèvre rappelle que, faute de travaux en attendant, les locaux ne sont plus aux normes. La ville devrait donc s’occuper d’ouvrir à nouveau au public ce qui lui appartient encore. Réponse de Luc Chatel : «La réflexion n’est pas terminée. Une contre-proposition intéressante (moins coûteuse) nous a été faite. Les services étudient...».

L' affranchi
Vendredi 6 Février 2009
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