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CGT et mai 68 : une autre version de l’Histoire



Etudiant en histoire, mais aussi jeune conseiller municipal de Chaumont et président de l’Amicale gaulliste de la Haute-Marne, Paul Fournié réagit à un article paru dans L’affranchi sur le parallèle établi par la CGT entre mai 1968 et mai 2008 :
«Mai 68 fait suite aux ordonnances de 1967 qui mettaient un coup de frein aux remboursements de sécurité sociale» : vous résumez là un passage du tract de la CGT distribué en fin de semaine dans les boîtes aux lettres et qui indiquait «Les ordonnances de 1967 sur la sécurité sociale, le refus, l’intransigeance de négocier sur les salaires, le pouvoir d’achat, la retraite, les conditions de travail, les libertés individuelles et syndicales de la part du gouvernement du général de Gaulle et du patronat conduiront inlassablement à un fort mécontentement et à un ras-le-bol général. Dès mars 1968, les étudiants défileront dans les rues, la répression policière est sévère». Tiens donc ?
«J’ignorais que mai 68 découlait des ordonnances de 1967… Je demande à quelques acteurs de ma famille ayant vécu mai 68 du côté contestataire si cela leur disait quelque chose. Moues incrédules. «Les ordonnances de 1967 ? Qu’est-ce que c’est que ça ?», «J’ai assisté au premier discours de Cohn-Bendit, je n’ai pas entendu parler des ordonnances de 1967», etc.

«La CGT n’a rien à voir avec la naissance de la contestation de 68»

«Me voilà rassuré ! Je ne suis donc pas complètement étourdi… Il s’agit bien d’une reconstruction, qui s’explique par le fait que la CGT d’aujourd’hui conteste les franchises médicales (qui effectivement peuvent prêter à débat), effectuant à l’occasion un rapprochement hasardeux avec les ordonnances de 1967. Je profite donc de cette tentative de déformation de l’Histoire pour rétablir une vérité : la CGT n’a rien à voir avec la naissance de la contestation de mai 68, qui trouve ses racines dans une jeunesse critiquant le régime d’un point de vue sociétal (mœurs…). La CGT, comme le Parti communiste, n’avait fait à l’époque que prendre le train en route. Le côté socio-économique de la crise (luttes salariales notamment) est venu après la crise sociétale étudiante de Paris.
«Aujourd’hui, cela gêne la CGT et le PC qui, en 68, craignaient surtout de se faire déborder sur leur gauche et dont les directions se moquaient des étudiants comme de petits-bourgeois gauchistes. La direction de la CGT fit d’ailleurs tout son possible pour calmer le jeu après les accords de Grenelle.
«Que la CGT se batte aujourd’hui contre tel ou tel projet du gouvernement, c’est son droit : travestir l’Histoire pour tenter de comparer deux époques et deux situations qui n’ont rien à voir, c’est de l’escroquerie».

L' affranchi
Mardi 3 Juin 2008
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