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CFA du Bâtiment : à plein régime... et à plein déficit

Le Centre de formation des apprentis du Bâtiment de Chaumont, qui fonctionne à plein régime, accuse pour 2007 un déficit de 480 000 euros. Soit près du tiers du chiffre d’affaires. Ça s’explique par des subventions retirées et un conflit avec les employés.



Le CFA du Bâtiment (3 rue Albert Camus à Chaumont) accueille cette année 350 apprentis. Ce qui le fait fonctionner, comme l’an dernier, au maximum de ses capacités. On se souvient d’ailleurs que L’affranchi a publié en juillet dernier (N° 739), le «coup de gueule» d’un enseignant de SEGPA dont les anciens élèves avaient trouvé un maître d’apprentissage en maçonnerie, mais qui avaient été refusés au CFA de Chaumont au motif qu’il n’y avait plus de place.
Toutes les sections ne sont pas saturées à ce point. Mais l’établissement, qui fait valoir aussi des formations sur des techniques de pointe - en matière de chauffage par exemple - n’a aucun problème de recrutement. Il faut dire également qu’il enregistre des taux de réussite (de l’ordre de 93 %) très satisfaisants.
Et pourtant, il est en proie à des difficultés financières qui, si elles ne s’arrangeaient pas, risqueraient de remettre en cause son existence.
Le problème, dont une partie au moins est aisément solutionnable, a été expliqué lundi devant les journalistes par une partie du conseil d’administration que préside aujourd’hui Jean-Louis Mouton. C’était à l’issue d’une réunion du CA et en prélude à une rencontre avec le personnel.

Des subventions dont l’utilisation est mal justifiée

Le déficit annoncé pour l’année 2007 s’élève à 480 000 euros. Ce qui est considérable, puisque ça représente près du tiers du chiffre d’affaires.
La plus grande part de ce déficit provient de financements attendus qui font défaut ; pour l’instant au moins...
L’essentiel vient en fait de la Région et de l’Europe (1). L’établissement avait tendance à globaliser tout ce qu’il recevait sans vraiment tenir compte de l’affectation des aides accordées. Or aujourd’hui il faut être en capacité de justifier chaque dépense.
Ainsi, par exemple, le CFA est incapable de faire apparaître clairement des actions ciblées auprès de certains élèves et pour lesquelles il a reçu des aides très précises. De même, il lui est impossible de montrer à quoi ont servi des sommes reçues pour des travaux d’entretien...
Faute de justificatifs et étant comptables de l’argent public, les financeurs ont suspendu les aides concernées.
Du côté de l’Europe, c’est forcément perdu. Mais, au nom de la Région, Sylvie Cotillot est venue constater un changement de méthode par la nouvelle équipe dirigeante. Et, tenant compte du fait qu’il n’y avait pas eu de malversation, elle s’est déclarée prête à faire un effort (de près de 200 000 euros) pour sauver un établissement très utile dans son secteur. Ce geste (2) devrait être suivi par les financeurs privés (l’organisme qui gère les cotisations des entreprises du bâtiment destinées à la formation).

170 000 euros pour les employés, s’ils gagnent aux prud’hommes

Aujourd’hui, les responsables du CFA annoncent que le budget 2008 est équilibré. Et on peut penser que beaucoup de choses vont rapidement rentrer dans l’ordre.
Mais il reste le problème du personnel, qui est probablement le plus délicat.
Au fil des ans et des présidences, les employés ont obtenu divers avantages. Or, une partie de ceux-ci sont contestés par la nouvelle équipe dirigeante et certaines pratiques ont été remises en cause.
Les employés ont porté l’affaire devant les prud’hommes. Elle sera traitée à l’audience de mardi prochain. S’ils gagnent, il en coûtera 170 000 euros au CFA. L’établissement a donc dû provisionner cette somme. C’est la troisième partie du déficit. Peut-être la récupérera-t-il ? Cependant, s’il perd le procès, il lui faudra non seulement la payer, mais prévoir aussi la poursuite chaque année des dépenses qui avaient été rognées.
Voilà pourquoi le conseil d’administration (et Sylvie Cotillot avec lui) déclare que le personnel tient l’avenir de l’établissement entre ses mains

(1) On parle souvent d’établissement privé, mais il faut savoir que l’essentiel des recettes du CFA du bâtiment vient des financements publics. 55 % du budget de l’établissement est payé par la Région. Mais c’est plutôt un bon point pour la profession puisque la région finance le CFAID (situé tout à côté) à hauteur de 80 %.
(2) La vice-présidente de la Région rappelle que ça représente quand même un point d’impôts.

Lionel Thomassin
Vendredi 19 Septembre 2008
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