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Bayrou ou l’anti-Fillon

Arrivé par le train à Chaumont, le leader du Modem a fait un arrêt mercredi au Buffet de la Gare avant d’aller à Chalindrey dans le cadre de la campagne des Européennes. Contrairement à François Fillon, il a pris le temps de rencontrer des Haut-Marnais.



Sur le port sec de Chalindrey, devant des conteneurs de roues de poubelles importées de Chine par Plastic Omnium, les responsables du MoDem reçoivent les explications d’Alain Marcerou, responsable de la société Eurocadres à Montigny le Roi et géra
Sur le port sec de Chalindrey, devant des conteneurs de roues de poubelles importées de Chine par Plastic Omnium, les responsables du MoDem reçoivent les explications d’Alain Marcerou, responsable de la société Eurocadres à Montigny le Roi et géra
«Bonjour ! Comment vous appelez-vous ?... Et vous faites quoi ?... Ah oui ! Et ça se passe comment ?...».
François Bayrou, c’est vraiment l’anti-François Fillon. Sur le quai de la gare de Chaumont, devant un comptoir de café, ou dans la rue, il veut tout savoir de ceux qu’il rencontre, même (et surtout) si c’est par hasard. Ça prend un temps fou et les organisateurs du déplacement s’arrachent les cheveux. Mais, au moins, il repart avec une vision un peu plus nette du territoire visité.
Se souvenant être venu dans une ferme à Pont-la-Ville en 2005 (il était à l’époque invité par Christine Guillemy), il a montré mercredi à Chalindrey qu’il avait encore une petite idée de l’agriculture locale et de la taille des exploitations.
Cette fois-ci, il aura mieux compris les particularités ferroviaires et géopolitiques du sud du département. Et puis, élément que François Fillon n’a pas pu voir, François Bayrou a constaté qu’ici certains élus de tous bords savaient travailler la main dans la main au développement de leur secteur.

Les vrais problèmes locaux

Mercredi à Chalindrey, le président du MoDem et les candidats de la liste centriste pour les européennes (Jean-François Kahn et Céline Gromek-Parker) ont été reçus par un maire de gauche et un conseiller général de droite. Ceux-ci ne se souciaient pas de politique. Il venaient exposer, à un responsable national, les atouts et les faiblesses de leur territoire. Alors, ont été évoqués les vrais problèmes du département. C’est là par exemple qu’il a été question de la quasi absence de formations post-bac. Ce qui fait que, année après année, la Haute-Marne est affaiblie par une hémorragie de jeunes partant à Dijon, Troyes ou Nancy.
Encore un domaine crucial qui n’a pas été soumis à la réflexion du Premier ministre...
Il a été question enfin du port sec de Chalindrey. Un aménagement économique destiné à compenser en partie au moins le retrait des emplois de la SNCF. Il s’agit de faire la jonction par le rail entre les ports maritimes et un réseau routier de proximité.
Là encore des questions intéressantes ont été posées. Pourquoi, par exemple, est-il plus facile de travailler avec le port d’Anvers qu’avec celui du Havre ? Pourquoi la SNCF ne s’intéresse-t-elle pas vraiment à l’initiative ? Pourquoi, dans le calcul de rentabilité d’une ligne ferroviaire, l’Etat ne prend-il pas en compte l’économie réalisée sur trafic routier ?
Bref, toutes ces choses qui peuvent alimenter la réflexion des hommes et femmes politiques.



Avec ou sans «notables poussiéreux» ?

Arrivant en gare de Chaumont, François Bayrou a été accueilli par les élus locaux. Après une petite halte au Buffet de la gare, il s’est ensuite rapidement rendu à Chalindrey, d’où, quelques heures plus tard avec Jean-François Kahn, il est dir
Arrivant en gare de Chaumont, François Bayrou a été accueilli par les élus locaux. Après une petite halte au Buffet de la gare, il s’est ensuite rapidement rendu à Chalindrey, d’où, quelques heures plus tard avec Jean-François Kahn, il est dir
François Bayrou rappelle que le MoDem est la troisième force politique du pays. Il n’exclut pas des discussions avec d’autres (on pense à François Hollande, mais il cite aussi Dominique de Villepin). Toutefois, ça ne peut se faire selon lui qu’après les élections. Car il s’agit d’abord d’imposer le pluralisme.
Il explique encore qu’il est toujours possible, surtout dans les petites collectivités, de s’allier avec un côté ou l’autre en fonction des projets. «Dans votre famille il y a bien des personnes de droite et de gauche, lance-t-il à titre de comparaison. Ça ne vous empêche pourtant pas de faire des choses ensemble...».
Oui, mais on lui répond qu’à ce petit jeu, il a déjà perdu beaucoup d’amis ayant carrément épousé la cause d’un autre camp.
Il répond qu’il voit finalement partir beaucoup moins d’adhérents qu’il n’en arrive. Et puis, il déclare qu’il a conservé des amis chez les transfuges et que, le temps aidant, il ne désespère pas de les voir revenir au bercail.
Mais c’est une vision que ne partage pas forcément Jean-François Kahn.
Pour lui, la plupart de ceux qui ont rejoint un autre camp étaient de la race de ces notables poussiéreux qui plombent un parti. Leur départ est finalement une chance pour le MoDem qui ne cesse de rajeunir et de se dynamiser.
François Bayrou approuve alors d’un petit signe de tête, mais on sent bien qu’il le fait à regret




Plus que jamais européen

François Bayrou raconte qu’une étude réalisée sur la crise et les Français révèle des choses très intéressantes. On y apprend ainsi qu’à la question «Sur qui comptez-vous le plus pour vous en sortir ?», ils répondent d’abord «Nous», au sens de la famille, puis «l’Europe».
Ça fait plaisir à l’européen convaincu qu’est François Bayrou. Et il rappelle qu’il milite pour un grand emprunt européen permettant de mettre en place un plan de relance commun. Pour lui, et il est persuadé que les Français sont du même avis, il n’est pas forcément efficace que la France ait plus que doublé son endettement pour mener son propre plan.
Par ailleurs, il estime que les Français sont prêts à s’intéresser à la politique européenne. Il suffit simplement qu’on leur présente les projets avant décisions et qu’on leur montre comment votent leurs représentants.




Jean-François Kahn persiste

Lorsque, démarrant sa campagne pour les européennes, Jean-François Kahn a rôdé son discours à Chaumont le 20 février dernier, il a parlé au passé des pratiques néo-libérales. Pour lui, la crise allait forcément balayer tout ce qui l’avait engendrée. Pourtant, on voit bien aujourd’hui que chacun se prépare à repartir comme avant. François Fillon à Chaumont fait savoir d’ailleurs qu’il voyait déjà des signes de reprise.
Ce qui n’a pas empêché Jean-François Kahn de récidiver cette semaine à Chalindrey. Approuvé par François Bayrou, il a affirmé que la crise n’en était encore qu’à ses débuts et qu’on ne ferait pas l’économie d’un changement de système pour la résoudre.


Lionel Thomassin
Vendredi 24 Avril 2009
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