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Bâtiment : Rien ne va plus...

Coup de gueule d’un enseignant qui s’étonne des difficultés de certains élèves pour entrer dans les métiers du bâtiment où il y a pourtant un besoin de main d’oeuvre.



Un enseignant que nous connaissons bien, mais qui a souhaité s’exprimer sous le couvert de l’anonymat, nous fait part ici des difficultés de certains élèves pour entrer dans les métiers du bâtiment. Ce qui est proprement incompréhensible alors qu’on ne cesse de dire que le secteur manque singulièrement de personnel.
On nous explique régulièrement que les élèves ne sont pas motivés par des tâches qu’ils imaginent difficiles et mal payées. Et on ajoute qu’ils ne sont pas vraiment encouragés par l’Education nationale. Il est vrai que pour passer un CAP de maçon ou de carreleur en Haute-Marne, elle ne propose que l’IREA de Wassy.
Travaillant en SEGPA (classes réservées aux élèves en difficultés scolaire), notre enseignant précise être un fervent défenseur des métiers du bâtiment. Et il se dit très surpris par ce qu’il vient de découvrir.
«Nos élèves n’ont pas de moyens de transport, écrit-il. Il ne peuvent pas non plus payer une pension dans un lycée professionnel en Haute-Marne ou ailleurs. Alors nous leur proposons de passer un CAP ou un BEP par le biais de l’apprentissage. Les envoyer au Centre de Formation des Apprentis est assez contraire à nos convictions. Mais avons-nous le choix ? Non, l’avenir de nos jeunes est plus important que nos convictions.
«Et puis chacun y est incité par une pub abondante en provenance du CFA de Chaumont.
«En cours d’année scolaire, nos élèves de 3e SEGPA participent à trois fois deux semaines de stage en entreprise. Ce qui leur permet de découvrir la réalité du monde du travail, ses avantages, ses obligations et aussi les contraintes qui entre en ligne de compte dans le bilan de fin de stage.
«L’élève, comme l’employeur, peuvent y trouver satisfaction et, pourquoi pas, vouloir signer ensuite un contrat d’apprentissage. C’est ce qui vient de se passer pour trois élèves motivés et capable de réussir un examen. Or ils se voient refuser l’entrée du CFA pour cause de saturation. Il n’y a déjà plus aucune place disponible alors que les signatures se font en principe en septembre.
«Les entreprises ne comprennent pas. Les parents sont déconcertés. Et nos jeunes, qui ont eu tort de croire les adultes, sont complètement démoralisés de ne pouvoir suivre la voie qu’ils ont choisie.
«Quel avenir pour eux ? Ils n’ont pas d’école à proximité, pas de place au CFA et des patrons qui souhaitent les conserver à condition qu’ils aient un minimum de formation...
«Finalement, l’Education nationale a peut-être raison de ne pas conseiller les métiers du bâtiment...».

L' affranchi
Vendredi 4 Juillet 2008
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