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Banque : l’art de taxer un client dont le salaire arrive en retard

Employé par une entreprise défaillante, un Chaumontais s’est vu accablé, malgré ses assurances, de rejets de chèques et de pénalités énormes. La banque nous promet aujourd’hui d’arranger ça.



Petit extrait d’un courrier envoyé par la Banque Populaire Lorraine Champagne (agence de Bar-le-Duc) à M. Jean-Michel Evseevitch : «Vous avez émis un chèque sans provision. En effet la situation de votre compte N°... dont le solde s’élevait à 52,40 euros, n’a pas permis le paiement du chèque N°... pour un montant de 99,00 euros et rejeté le 28/05/2009...
«Nous vous informons qu’au titre du paiement de ce rejet de chèque et de ses suites, nous débitons ce jour votre compte de la somme forfaitaire de 50,00 euros».
Du coup, sur le relevé, la situation du compte et de son solde créditeur devient : 2,40 euros.
Avouez que ça peut légèrement agacer. Surtout quand ça se produit plusieurs fois dans le mois et que les rentrées d’argent existent bien en quantité suffisante. Le seul problème étant qu’elles n’arrivent plus de façon régulière.
Le pire, c’est que le banquier est parfaitement informé de la situation. Il sait que l’argent rentrera et qu’il ne risque rien. Pourquoi préfère-t-il donc utiliser les méthodes extrêmes et traumatisantes plutôt que d’autoriser un petit découvert qui arrangerait tout le monde ?
On n’ose répondre à cette question.
Mais voyons le cas particulier...

Victime d’abord d’un dépôt de bilan

Jean-Michel Evseevitch était employé par le journal de petites annonces gratuit «Top Est» à Chaumont. La société a déposé le bilan en début d’année et elle a été mise en liquidation le 15 avril. Entre temps, le paiement des salaires a été chaotique.
Ce genre de situation n’est drôle pour personne. Mais pour le banquier ça n’est pas un vrai problème. Il sait que les sommes dues par l’entreprise seront payées un jour ou l’autre par l’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés). La mise en œuvre de cette assurance nécessite bien sûr quelques délais. Mais ceux-ci ne sont tout de même pas très longs.
Toujours est-il que le banquier ne risque rien à avancer un peu d’argent à son client - quitte même à prendre quelques intérêts - en attendant la rentrée des sommes versées par l’AGS.
S’il a pu se permettre de le refuser pour le cas présent, malgré les demandes réitérées de M. Evseevitch, c’est parce que ce dernier est mal noté.
Comme de plus en plus de monde aujourd’hui, il n’a pas suivi un parcours professionnel rectiligne. Il a connu des hauts et des bas. Mais la banque, qui ne se souvient que des bas, ne lui autorise plus le moindre découvert.
Qu’à cela ne tienne : depuis son entrée à Top Est, sa situation à la banque était redevenue très largement positive. Venant de la Meuse, il avait d’ailleurs voulu transférer son compte à Chaumont. Mais le responsable de l’agence de Bar-le-Duc, qui tenait visiblement à le conserver, l’a convaincu que ça ne changerait rien...

1 000 euros de pénalités en deux mois et demi

Les ennuis arrivant, cette «interdiction» de découvert a été bien pratique. Chaque chèque et chaque prélèvement rejetés donnaient lieu à pénalités. M. Evseevitch a calculé qu’en deux mois et demi près de 1 000 euros ont ainsi été prélevés de son compte.
Il a d’abord bouché les trous en soldant son LEP, puis le PEL de son fils. Puis sont arrivés les morceaux de salaires. Si bien qu’aujourd’hui on débouche sur une situation parfaitement révoltante : si la banque avait honoré tous les chèques, tout le monde serait payé, et le compte serait à peu près à zéro.
Au lieu de cela, les 1 000 euros que la banque a prélevés en pénalités se retrouvent en chèques en bois chez les commerçants locaux.
Et on touche au comble quand on sait que M. Evseevitch doit encore toucher 3 700 euros. Le calcul a été effectué par le liquidateur. Il les recevra prochainement en solde de tout compte.

L’appel du journaliste... et la bonne volonté de la banque

Confronté à des difficultés pour remplir son frigo, obligé de jongler avec ses loyers... et puis bloqué dans ses recherches d’emploi aussi bien pour téléphoner que pour se déplacer, Jean-Michel Evseevitch n’en peut plus.
Son interlocutrice à l’agence de Bar-le-Duc n’entend pas ses arguments et le chef d’agence ne répond pas à ses courriers. Il a fait appel au médiateur de la banque. Mais celui-ci vient de lui répondre qu’il n’est pas compétent sur ce genre de problème.
C’est ainsi qu’il a eu l’idée de se confier à L’affranchi.
Nous n’avons pas eu plus de chance que lui lorsque nous nous sommes adressés à Bar-le-Duc. Mais un coup de fil au service de presse parisien de la Banque populaire, nous a permis d’obtenir une réaction de la Banque populaire Lorraine-Champagne.
Notre interlocutrice nous a affirmé que la banque n’avait aucun intérêt à enfoncer un de ses clients et que tout serait fait pour arranger la situation. Même les clients qui n’ont théoriquement pas droit à un découvert peuvent forcément en obtenir un dès qu’ils apportent la preuve qu’une rentrée d’argent suivra, avons nous alors appris.
On nous dit donc que si M. Evseevitch avait fourni une attestation venant du liquidateur, les chèques n’auraient pas pu être rejetés. Mais, justement, le liquidateur avait fait savoir qu’il ne pouvait matériellement répondre à ce genre de demande. En revanche, il avait donné les coordonnées du bureau où la banque pouvait obtenir tous les renseignements nécessaires.
M. Evseevitch a bien sûr transmis ces coordonnées à l’agence. Mais celle-ci n’a pas donné suite.
Aujourd’hui toutefois, la banque nous apparaît remplie de bonne volonté et soucieuse de réparer les dégâts. A l’heure du bouclage, M. Evseevitch nous a fait savoir qu’il venait juste de recevoir un coup de téléphone du chef de l’agence de Bar-le-Duc.
Nous ne manquerons pas d’informer nos lecteurs des suites de cette affaire.

Lionel Thomassin
Vendredi 5 Juin 2009
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