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Affaire Barrand : le JHM répond

L’affranchi fête cette semaine ses 15 ans d’existence. Il est intéressant de constater que le Journal de la Haute- Marne a attendu cet anniversaire pour répondre, pour la première fois, à un article le concernant dans nos colonnes. Il nous prie ainsi de publier un droit de réponse concernant ce qu’il appelle «l’affaire Barrand». Suivi tout de même de nos commentaires...



L'article paru dans l'Affranchi du 03 avril 2009 met directement en cause le JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE en l'accusant d'avoir procédé au licenciement de Monsieur Pascal BARRAND de manière brutale, irréfléchie et illégitime.
L'article indique que Monsieur Pascal BARRAND aurait été blanchi par la justice pénale.
Ces affirmations sont fallacieuses.
Tout d'abord, les procédures pénales à l'encontre de Monsieur Pascal BARRAND sont toujours en cours ; Un premier signalement réalisé auprès des services de police a donné lieu à une enquête et à un classement sans suite mais la SAS JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE a souhaité exercer son droit de porter plainte avec constitution de partie civile.
Pour qu'une telle plainte avec constitution de partie civile soit recevable, il est, depuis une loi récente, nécessaire qu'elle soit précédée d'une plainte simple.
L'affaire ayant initialement donné lieu à un simple «signalement», la SAS JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE a, par l'intermédiaire de son conseil, porté plainte auprès de Monsieur le Procureur de la République, le 13 mars dernier, plainte qui a été réceptionnée le 18 mars et qui est actuellement en cours d'examen par les services du parquet de CHAUMONT.
Monsieur BARRAND est bien évidemment présumé innocent des faits qui lui sont reprochés mais il est faux d'avoir affirmé qu'il a été « blanchi ».
Il est également faux d'avoir écrit que le JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE se serait séparé de ce journaliste « sans autre forme de procès » et d'insinuer qu'un tiers aurait « trifouillé » dans l'ordinateur portable réservé à Pascal BARRAND.
Précisons au contraire qu'au vu de la gravité des faits reprochés au journaliste (portant atteinte aux bonnes mœurs et réprimés par la loi pénale de plus sur le lieu et pendant le temps de travail), le recours aux services d'un informaticien assisté d'un huissier a été nécessaire pour conserver la preuve des fichiers existants sur le poste de l'intéressé.
La SAS JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE poursuit toutes diligences en justice pour que la vérité soit faite dans le cadre de cette affaire.


L’analyse de L’affranchi

Pascal Barrand a bel et bien été blanchi d’accusations très graves qui pesaient sur lui. Rappelons qu’il a fait l’objet d’enquêtes particulièrement approfondies diligentées par le procureur de la République. Le SRPJ de Reims a été mandaté pour s’occuper de son cas. La police scientifique a décortiqué non seulement l’ordinateur en question, mais aussi celui de son domicile. Son appartement a fait l’objet d’une perquisition en règle. Trois experts, enfin, ont analysé ses données informatiques.
Bref, son affaire a bénéficié d’un traitement hors du commun.
S’il était allé une seule fois sur un site internet interdit, ou s’il avait été en possession de la moindre image illicite, on en aurait retrouvé la trace.
Ce que veut dire aujourd’hui le classement sans suite par le procureur, c’est qu’aucun crime (parce qu’on est bien sûr allé jusque là), ni même aucun délit ne peuvent lui être reproché.

Ce que personne n’aurait du voir

Ceci étant, certains peuvent toujours être choqués par des images sur lesquelles la justice n’a rien à dire. C’est en tout cas, ce qu’on croit comprendre de l’intention du JHM lorsqu’il fait état d’«atteintes aux bonnes mœurs». Jean Bletner, le directeur du journal, ne parle certainement pas pour lui. Il en a vu d’autres ! Mais peut-être veut-il protéger de chastes yeux qui auraient pu tomber sur des photos indésirables sur leur lieu de travail.
Ces images, que la justice a vues et pour lesquelles elle n’a pas trouvé matière à poursuites, Pascal Barrand ne les reconnaît même pas. Il affirme ne pas les avoir entrées dans l’ordinateur.
Quoi qu’il en soit, par cette plainte, le journal reconnaît que Pascal Barrand n’était pas le seul à avoir accès au contenu de son ordinateur. Ce qu’on avait déjà compris. Mais du coup, ça pose un drôle de problème :
Un journaliste reçoit nombre d’informations confidentielles de la part de gens qui lui font personnellement confiance. Il s’est engagé, auprès d’eux, à protéger ses sources quoi qu’il arrive. Comment peut-il le faire si plusieurs autres personnes s’octroient le droit d’aller chercher (ou mettre) n’importe quoi dans son ordinateur ?

Du pénal encore, avant les prud’hommes

Ayant été blanchi par la justice, Pascal Barrand, qui avait été licencié par le JHM, a naturellement fait appel au conseil des prud’hommes. Une audience de conciliation a déjà eu lieu. Et comme les deux parties ne se sont pas mises d’accord, l’affaire devait être appelée en audience début mai. Mais auparavant, le Journal de la Haute-Marne devait déposer ses conclusions pour le 16 mars. Or il a porté plainte le 13 mars. Du coup, il va pouvoir demander aux prud’hommes d’attendre la décision de la justice pénale avant d’étudier le dossier.
Reste à savoir ce que va faire Pascal Barrand. Il y a un an et demi qu’il a été licencié. Doit-il attendre que la justice se prononce une deuxième fois et demander éventuellement des comptes après ? Ou bien faut-il, profitant de l’avantage du classement sans suite, qu’il porte d’ores et déjà plainte pour dénonciation calomnieuse ?
On ne sait pas. Mais, avant d’encombrer encore la justice pénale, celle des prud’hommes présentait au moins l’avantage de permettre à tout moment un accord amiable entre les deux parties.



Les Coudées Franches

Les temps changent

Autrefois, mais il n’y a pas si longtemps puisque nous l’avons connu, le quotidien local publiait régulièrement la photo d’une femme dévêtue. Les images arrivaient par paquet en provenance d’une agence de presse. Celles qui n’étaient pas publiées, parce qu’un peu trop osées, étaient parfois récupérées par des employés qui les épinglaient près de leurs postes de travail.
Personne n’y trouvait à redire... Pas même le directeur qui était déjà le même qu’aujourd’hui.
Désormais, on s’offusque de choses qui sont dans les ordinateurs et que personne n’est censé aller voir.
C’est fou ce que les choses peuvent changer !...

Procès renvoyé

Cette semaine (mardi après-midi exactement) devait être évoqué au tribunal de grande instance le procès pour injures publiques intenté par Philippe Debref contre le Journal de la Haute-Marne. Mais le plaignant a demandé un renvoi à une date ultérieure. Son avocate venant de recevoir les conclusions de la partie adverse, elle a estimé le délai trop court pour pouvoir les étudier correctement.
Le tribunal a donc renvoyé l’affaire au mardi 16 juin prochain.

Lionel Thomassin
Vendredi 17 Avril 2009
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