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20 - 20 = 10 ! Les subtilités du chèque-sport

Avec la formule du «chèque sport», la ville fait le pari de mettre en place un système qui ne lui coûtera rien de plus, tout en donnant aux sportifs et aux clubs le sentiment d’être financièrement gagnants.



Au départ, l’idée du «chèque sport» était assez simple. Il s’agissait de faire en sorte que la commune de Chaumont ne soit pas la seule à participer au financement des clubs sportifs de la ville. On sait en effet qu’une part importante des sportifs évoluant à Chaumont vient des villages environnants. Il ne paraît donc pas illogique que les communes concernées s’impliquent dans des structures qui bénéficient à leurs habitants. Mais, posé comme cela, le problème n’a aucune chance d’être résolu. On n’imagine pas voir en effet le conseil municipal d’une petite commune proposer spontanément de l’argent à la ville voisine.
Pourtant la ville, dont les impôts sont très élevés, se dépeuple au profit des campagnes où l’on est beaucoup moins taxé. On comprend bien que des Chaumontais de moins en moins nombreux ont de plus en plus de mal à maintenir des services utilisés par des voisins toujours plus abondants.

Un principe simple

La solution trouvée par la nouvelle municipalité a consisté finalement à donner un avantage aux Chaumontais. Les responsables locaux ont décidé qu’une partie des subventions versées aux clubs serait donnée directement aux pratiquants chaumontais.
Voilà comment peut fonctionner le principe du Chèque sport :
La ville donne un chèque de 20 euros à chaque adhérent ; la somme étant prélevée sur la subvention habituellement versée à l’association. Il suffit alors que le club augmente ses cotisations de 20 euros pour que tout le monde s’y retrouve. Le sport local est même finalement gagnant puisque tous les sportifs venant de l’extérieur apporteront chacun 20 euros de plus qu’avant (à condition bien sûr que les nouveaux tarifs n’en découragent pas quelques uns). Et l’objectif est complètement atteint si les communes environnantes admettent qu’il est juste de donner 20 euros à leurs ressortissants, de sorte qu’ils ne se sentent pas lésés par rapport aux Chaumontais.
Le principe est assez astucieux, quoique très éloigné encore des réalités. Ce que coûte réellement le sport à la ville pour chaque participant est évidemment sans commune mesure avec les 20 euros réclamés. Mais il paraissait difficile de faire plus...
Cependant, alors que les représentants de la ville viennent présenter la formule dans les assemblées générales, nous nous apercevons que jamais ils ne proposent aux clubs d’augmenter leurs cotisations de 20 euros. Ils indiquent simplement qu’en moyenne le manque à gagner sera de moins de 10 euros par adhérent. Aux clubs de savoir ce qu’ils souhaitent répercuter...
Voilà qui est surprenant.

Ce que permet la globalisation

La mise en place du chèque sport a été étudiée par Isabelle Groslambert en collaboration avec l’Office municipal des sports. C’est une mission que lui a confiée Luc Chatel.
Elle nous explique que la différence vient essentiellement de ce qu’il n’a pas été décidé de retirer directement le coût des chèques dans les subventions de chaque association. Les prélèvements nécessaires ont, au contraire, été globalisés.
Sachant que les clubs déclarent au total 3550 adhérents chaumontais, une somme globale de 71 000 euros a été prélevée sur le budget global des subventions aux associations. Puis on a cherché à savoir ce que le partage du reste allait donner pour chaque association. Mais il a fallu entre temps modifier certaines règles. Et puis surtout, certaines subventions étant plafonnées (pas plus de 33 % du budget de l’association, par exemple), la réduction ne se voit pas.
Auparavant, tout ce qui sortait des limites était utilisé pour subventionner des opérations ponctuelles. Aujourd’hui, tout revient dans le pot commun et est redistribué en fonction des critères
Résultat : au lieu de perdre 20 euros par adhérent chaumontais, comme on pouvait s’y attendre, les clubs n’enregistrent qu’une diminution de 9 euros en moyenne. Pour certains, la perte atteint 15 à 17 euros, mais pour d’autres, elle est très minime.

Un coup politique

Pour leurs assemblées générales, les associations sont précisément informées de ce qu’elles vont perdre. Elles peuvent toujours augmenter leurs cotisations de 20 euros puisque leurs adhérents chaumontais n’y perdront rien. Mais on leur explique aussi qu’elles risquent assez peu de perdre des adhérents de l’extérieur. Les représentants de la ville ont rencontré les élus des villages voisins et l’accueil a été plutôt favorable un peu partout.
Beaucoup de municipalités accepteront probablement de verser 20 euros à leurs ressortissants, s’ils pratiquent un sport n’existant pas dans leurs communes.
Finalement, le risque étant très limité, les clubs peuvent se contenter d’augmentations de cotisations raisonnables. Ainsi, le porteur du chèque de 20 euros va réaliser une économie par rapport à l’année passée.
Voilà comment, sans avoir à dépenser un centime de plus qu’avant, la nouvelle municipalité va donner quelques euros à quelques milliers de Chaumontais. Ça s’appelle un joli coup politique.
Avec un bémol cependant : les chèques seront limités à deux par personne. Or on sait que certains jeunes peuvent pratiquer jusqu’à 4 sports différents. Ceux-là vont se sentir perdants. De même, les associations qui savaient pouvoir solliciter une aide pour des dépenses imprévues doivent prendre en compte le fait que la petite cagnotte d’autrefois n’existe plus.



Stade des Lavières : le retour

Le 18 octobre dernier, au Conseil municipal, Patrick Lefèvre s’était inquiété d’un projet de construction d’un stade de football aux Lavières. L’élu d’opposition, qui prétend que la ville ne pourra pas financer tous les projets déjà annoncés, jugeait celui-là d’autant plus irréalisable qu’il ne faisait même pas partie du programme de la nouvelle municipalité.
Luc Chatel lui avait alors répondu qu’aucun nouveau stade n’était effectivement programmé à Chaumont.
Pourtant, vendredi dernier, lors de l’assemblée générale du Chaumont-Football-Club, Gérard Groslambert, le premier adjoint, chargé des sports, a bel et bien annoncé la construction d’un stade aux Lavières.
C’était pour répondre à l’inquiétude du club concernant l’homologation du Georges-Dodin en catégorie 3. Depuis 2001, celui-là n’est plus considéré comme étant aux normes. Il a cependant bénéficié de deux dérogations. Mais le couperet tombera inévitablement en 2010.
Selon Gérard Groslambert, la ville ayant l’intention de construire un nouveau stade aux Lavières, il suffira de présenter un projet suffisamment avancé en 2010 pour qu’une dérogation soit accordée en attendant la fin des travaux.
On peut quand même se demander si le projet verra bien le jour. Un nouveau stade coûterait quelques millions d’euros alors que la mise aux normes du Georges-Dodin, quoi qu’en disent ceux qui le trouvent trop vieux, serait certainement dix fois moins onéreuse..

Lionel Thomassin
Vendredi 21 Novembre 2008
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