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Mardi 29 Juillet 2014
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Visite en avant-première du Mémorial Charles-de-Gaulle

Avec ses grands volumes, sa technologie moderne et ses trouvailles scénographiques, le Mémorial de Colombey –qui se veut «le nouveau vaisseau amiral de la Haute- Marne»- a de quoi séduire le visiteur. Guidé par le jeune directeur, Alexandre Mora (notre photo), L’affranchi a pu le découvrir en avant-première, deux mois avant l’inauguration par Nicolas Sarkozy et l’ouverture générale au public.



«Rien n’a été occulté, tous les pans de la vie du Général de Gaulle sont abordés», se félicite le directeur du Mémorial Alexandre Mora, en fonction depuis le 1er juillet. 
«Rien n’a été occulté, tous les pans de la vie du Général de Gaulle sont abordés», se félicite le directeur du Mémorial Alexandre Mora, en fonction depuis le 1er juillet. 
A Colombey-les-deux-Eglises, cet été est consacré à la finition des travaux du Mémorial Charles-de-Gaulle. Le bâtiment de 4600 mètres carrés doit être officiellement réceptionné le 21 août. Aussitôt après, le personnel (il est prévu 17 postes fixes + 6 emplois saisonniers) pourra investir les locaux et préparer les premières visites de presse qui démarreront le 4 septembre, en attendant l’inauguration officielle par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel le 10 octobre, puis, dans la foulée, l’ouverture générale au public (il est question du 11 octobre, mais la date n’est pas encore définitive).

Un hall d’entrée pour «se sentir écrasé par le poids de l’histoire»

En attendant, guidé par son jeune directeur en fonction depuis le 1er juillet, L’affranchi a pu visiter l’équipement cette semaine en avant-première. A la demande des scénographes, qui ne souhaitent pas que des images circulent avant que tout soit terminé, nous n’avons pas pris de photo à l’intérieur du musée. Mais nous avons pu voir l’essentiel, même si tout n’est pas encore mis en place, notamment la diffusion des films (le Mémorial compte très précisément 52 écrans LCD…).
Avec ses grands volumes, sa technologie moderne (beaucoup de sons, d’images et d’interactivité) et ses trouvailles scénographiques, le Mémorial a de quoi séduire le visiteur. Même si ses concepteurs ont peut-être un peu trop insisté sur les symboles. Ainsi, la visite démarre par un petit cheminement piétonnier au pied de la Croix de Lorraine qui invite à s’imprégner des paysages haut-marnais chers au Général. On entre ensuite dans le bâtiment –conçu pour se confondre avec la colline- par un grand hall de 800 mètres carrés (!) dont l’architecture est censée conduire le visiteur à «se sentir écrasé par le poids de l’histoire».
A droite, il y a un amphithéâtre de 200 places et des salles qui doivent servir à organiser des débats et des conférences, mais qui pourront aussi être utilisés par des entreprises, des associations et des administrations pour toutes sortes de manifestations. 


Un ascenseur en forme de V de la victoire, «irisé de lumières tricolores»

A gauche, il y a l’espace réservé aux expositions permanentes (la première, mise en place pour l’inauguration, sera consacrée au 50e anniversaire de la rencontre entre De Gaulle et Adenauer), la boutique (produits du terroir, carterie, librairie et autres produits dérivés du Mémorial), un stand du Comité départemental du tourisme et du thermalisme, une cafétéria (avec boissons, barres chocolatées, glaces, peut-être des sandwiches mais pas de restauration chaude), des salles pédagogiques, des locaux techniques, une pièce pour changer les bébés, une autre pour le repos des conducteurs de cars, et même une infirmerie équipée en défibrillateurs. 
Mais en entrant dans ce hall imposant, le visiteur doit surtout être attiré par “le Totem”. Traduisez : un gros ascenseur panoramique pouvant accueillir jusqu’à 25 personnes en même temps.
La forme conique de cet appareil symbolise le V de la victoire et les bras grands ouverts du Général... Placé devant un mûr de diodes électroluminescentes, il est «irisé de lumières tricolores» et conduit au deuxième étage, c’est-à-dire au début de l’exposition permanente. Laquelle démarre par des images de paysages de la Haute-Marne aux quatre saisons et des citations liées à ces paysages de l’ancien occupant de La Boisserie.

«Rien n’a été occulté»

Le sens de la visite respectant la chronologie, cela se prolonge par la naissance de Charles de Gaulle en 1890 et cela se finit par sa mort en 1970. Avec, entre ces deux dates, une bonne partie de l’histoire du XXe siècle. «De la première guerre mondiale à mai 68, en passant par la résistance, le retour au pouvoir en 1958 et la guerre d’Algérie, tous les pans de la vie du Général de Gaulle sont abordés», se félicite le directeur du Mémorial, Alexandre Mora. «Rien n’a été occulté, pas même les caricatures des années 60 et les affiches de mai 68». 
Une tranchée reconstituée (dans laquelle le visiteur pénètre) rappelle les combats de la première guerre mondiale au cours desquels de Gaulle a été fait prisonnier. Une chambre d’enfants des années 20 (celle de Philippe et Elisabeth, à la Boisserie) permet d’aborder le grand homme en tant que père de famille. 
Il serait fastidieux d’énumérer tout ce qu’il est possible de voir, de lire et d’écouter dans ce musée qualifié par Alexandre Mora de «nouveau vaisseau amiral de la Haute-Marne». On insistera donc sur quelques inventions scénographiques. Comme une installation vidéo reliée à une carte de France où circule une petite DS noire qui s’arrête sur les images de l’ancien président inaugurant des infrastructures, ou bien un globe terrestre entouré d’écrans proposant d’écouter les discours qu’il a prononcés en huit langues différentes.

Interroger le Général comme lors d’une conférence de presse

Autre trouvaille : lorsque l’on s’approche au-dessus du bureau de De Gaulle, une plume automatique reproduisant très fidèlement son écriture se met en action. Comme si le Général écrivait ses mémoires spécialement pour le visiteur...
Grâce à un hologramme, le public va même pouvoir interroger le Grand Charles directement, comme lors d’une conférence de presse, et écouter sa réponse en le regardant les yeux dans les yeux !
On imagine déjà la scène avec Nicolas Sarkozy dans la peau de l’interviewer le jour de l’inauguration…




Mémorial : entre 17 et 23 employés

Ayant pris ses fonctions le 1er juillet, le directeur du Mémorial de Colombey a déjà recruté un responsable de la scénographie et de la technique, une chargée de communication et une autre personne pour s’occuper de la boutique et du café. 
Au total, ce sont 17 postes de personnel qui ont été prévus pour faire tourner le musée, auquel il convient d’ajouter 6 saisonniers (guides et hôtesses d’accueil) pour la période d’été. 

Deux enseignants mis à disposition

A noter que deux enseignants ont été mis à disposition par l’Education nationale pour s’occuper du contenu pédagogique et s’impliquer dans les visites des scolaires. 
Le Mémorial s’attend à recevoir d’autant plus de scolaires que le Général de Gaulle revient au programme de l’école primaire. 
Outre les deux salles pédagogiques, les écoliers, coillégiens et lycéens -tout comme n’importe quel autre visiteur- vont aussi pouvoir bénéficier d’une salle de documentation réunissant quelque 4000 ouvrages. 






LES COUDEES FRANCHES

Auto-censure
Le Mémorial de Colombey n’a évidemment pas vocation à faire de l’anti-gaullisme. Mais, à en croire son directeur, il ne donne pas non plus dans l’hagiographie. 
On verra bien lorsque tout sera mis en place. Mais on sait déjà que, pour ménager les susceptibilités de la famille, certains documents ont dû être écartés de la muséographie. Comme la fameuse «une» de «Hara-Kiri», après la mort du Général, où l’on pouvait lire : «Bal tragique à Colombey : 1 mort». 
Trente-huit ans après, ça ne passe toujours pas. 

Un jeune qui s’intéresse à De Gaulle
Alexandre Mora, le directeur du Mémorial Charles-de-Gaulle, n’a que 28 ans. Ce qui prouve que le Général intéresse encore les jeunes. 
«C’était mon sujet d’oral à Sciences-Po», souligne celui qui était auparavant directeur de cabinet de l’ancien député-maire UMP de Bourg-en-Bresse Jean-Michel Bertrand. 
Tout en voulant ne pas mélanger les genres, Alexandre Mora ne cache pas ses convictions politiques. Ayant adhéré au RPR dès l’âge de 16 ans, il se revendique comme jeune gaulliste. 
Ce n’était sans doute pas indispensable pour diriger le Mémorial. Mais il valait mieux le dire. 

Le prix du billet d’entrée
Il est des villes, comme celle de Nice, où l’entrée dans les musées, même les plus récents, est désormais gratuite. Avec un plein tarif fixé à 12,50 euros par personne (10 euros pour les groupes et 6 euros pour les enfants), le Mémorial Charles-de-Gaulle n’a pas l’intention de suivre cette politique. 
Ses tarifs sont plus élévés que ceux de la plupart des musées parisiens (9 euros au Louvre et 7,50 euros aux Invalides ou à Orsay). Mais ils restent tout de même inférieurs à ceux pratiqués par d’autres établissements (par exemple, 16 euros au Mémorial de la Paix à Caen). 
Il faut dire que le Mémorial Charles-de-Gaulle, qui aura finalement coûté 22 millions d’euros en investissement, est censé ne pas perdre (trop) d’argent en matière de fonctionnement. Du moins à terme... C’est en tout cas l’une des exigences fixées par le président du Conseil général Bruno Sido. Bref, le prix que paiera le visiteur pour entrer au Mémorial, c’est autant d’argent qui ne sera pas pris ultérieurement dans les poches du contribuable local. A moins que les chiffres de fréquentation soient vraiment trop bas... Mais ne parlons pas de malheur !
Pour équilibrer ses comptes, le Mémorial doit attirer au moins 125 000 visiteurs par an. Ce qui revient à tripler la fréquentation actuelle de Colombey. 
En été, il sera ouvert 7 jours sur 7. Mais en hiver, il sera fermé le mardi. Quant à la fermeture annuelle, elle interviendra en janvier. 

Question d’environnement
Vu d’en dessous, le Mémorial peut faire penser (pour le moment) à un blockhaus. Mais quand on le regarde depuis la Croix de Lorraine (notre photo), on se rend compte qu’il a été conçu pour se fondre dans la nature grâce à ses toits végétalisés et la couleur de ses matériaux. 
Ses concepteurs ont aussi voulu respecter l’environnement en prévoyant un système de climatisation partout où cela était nécessaire, mais pas dans les bureaux du personnel...
Visite en avant-première du Mémorial Charles-de-Gaulle

L' affranchi
Vendredi 8 Août 2008
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