En septembre 2006, le maire de Colombey-les-Deux-Eglises Pascal Babouot avait fait part de ses soucis de latrines en plein conseil municipal. Alors que les réunions de chantier se succédaient à la mairie pour les travaux du Mémorial, l’édile s’était dit honteux des commodités du lieu : un vieux WC et un lavabo dans un petit réduit. «Ce n’est vraiment pas à la hauteur du Général», avait-il déclaré, désolé.
Deux ans plus tard, rien n’avait vraiment bougé. Sinon que des travaux étaient plus ou moins prévus pour 2009. Mais fin juillet, Pascal Babouot a saisi une belle opportunité. On lui a dit que le jour de l’inauguration officielle du Mémorial, le 10 octobre, il était possible que le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel débarquent à la mairie de Colombey.
Grâce à l’éventualité d’une visite en mairie de Sarkozy et Merkel...
Aujourd’hui, il se raconte même qu’une partie du prochain sommet franco-allemand pourrait carrément se dérouler dans le petit village haut-marnais où, il y a très précisément 50 ans, De Gaulle et Adenauer avaient scellé la réconciliation entre les deux pays. L’inauguration du Mémorial pourrait donc être agrémentée d’une signature de charte en mairie et d’une visite de la Boisserie.
Reste que Pascal Babouot a aussitôt fait savoir au préfet et au président du Conseil général qu’il était indispensable de réaliser au préalable quelques travaux dans sa mairie.
... 50 000 euros de travaux financés à 60% par l’Etat et 20% par le Département
Entre le hall d’entrée, la cage d’escalier «qui était immonde», les huisseries et donc les sanitaires, bref les communs, il y en avait pour 50 000 euros. Mais, comme il fallait faire très vite, l’Etat a accepté d’en financer exceptionnellement 60% et le Département 20%.
A trois semaines du 10 octobre, on ne sait toujours pas comment va se dérouler cette fameuse inauguration. Jusqu’au dernier moment, l’agenda de Nicolas Sarkozy comme celui d’Angela Merkel peut être modifié. Et il n’est pas du tout sûr qu’il y ait finalement une visite en mairie.
Pascal Babouot en est d’ailleurs bien conscient. «Il fallait trouver l’opportunité, j’ai profité de l’événement», reconnaît-il. «Si demain Sarko ne vient pas à la mairie, ce n’est pas grave : les travaux sont faits. Je n’aurai pas à attendre l’an prochain. Cette histoire aura permis de donner un coup d’accélérateur au projet et d’avoir des subventions plus facilement.»
Ainsi, chaque fois qu’ils iront aux toilettes, les élus de Colombey pourront avoir une petite pensée pour le président de la République...